société

Téléréalité

“Trop vite”: ce que j’ai appris sur Nabilla Benattia en lisant son livre

Julia Tissier a lu Trop vite, le livre de Nabilla Benattia, sorti en librairies aujourd’hui, et en a retenu ça. 
Instagram/Nabillanew
Instagram/Nabillanew

Instagram/Nabillanew


De Nabilla Benattia, je ne connaissais pas grand chose si ce n’est la réplique de 22 secondes –c’est elle qui en précise la durée dans le livre- qui a fait de cette jeune femme de 22 ans à l’époque une célébrité nationale dans une émission intitulée Les Anges de la téléréalité sur NRJ12 en 2013: “Apparemment, c’était Aurélie et Capucine qui n’avaient pas de shampooing… Hein… Allô, non mais allô quoi? T’es une fille, t’as pas de shampooing, allô, allô?… Je ne sais pas, vous me recevez? T’es une fille, t’as pas de shampooing. C’est comme si je te dis, t’es une fille, t’as pas de cheveux.” À ce sujet, Nabilla Benattia écrit: “10 millions de vues en un mois. 14 millions, en comptant les parodies -c’est Wikipédia qui le dit. Si vous y comprenez quelque chose, dites-le moi, moi, je n’ai toujours pas vraiment imprimé.” Rassure-toi Nabilla, moi non plus.

 

La fameuse réplique de Nabilla Benattia

Ensuite, j’ai suivi, comme tout le monde, comment l’histoire d’amour de Nabilla Benattia et Thomas Vergara est devenue un fait divers dans un appart-hôtel de Boulogne. Une dispute, un coup de couteau, l’hôpital pour lui et la prison pour elle. Libérée après 50 jours passés au quartier des femmes de la maison d’arrêt de Versailles, Nabilla Benattia est aujourd’hui en attente de son procès.

“Trop vite”: j'ai lu le livre de Nabilla Benattia et voici ce que j'en ai retenu

Thomas Vergara et Nabilla Benattia – Instagram/Nabillanew

Je ne m’attarderai pas ici sur les qualités littéraires –inexistantes- de l’ouvrage écrit en collaboration avec Jean-François Kervéan. Dans Trop vite, la jeune femme, née d’une mère française chrétienne et d’un père algérien musulman, raconte son enfance, le divorce de ses parents, son adolescence mouvementée -elle a fait un passage en centre de détention pour mineurs à 16 ans pour escroquerie-, son expérience assez brève dans le mannequinat, ses participations à des émissions de téléréalité, sa rencontre avec Thomas Vergara, son “grand amour” comme elle le répète tout au long de l’ouvrage, le buzz, sa célébrité soudaine, le coup de couteau et l’emballement médiatique qui s’en est suivi. Pour moi, il y a 5 choses à retenir dans le bouquin de Nabilla Benattia.

 

Elle est drôle (parfois malgré elle)

Ce n’est sans doute pas une surprise pour ceux qui la connaissent ou qui l’ont vue régulièrement dans les différentes émissions auxquelles elle a participé mais Nabilla Benattia est drôle. Et si la réplique du shampooing est désormais mythique -oserais-je dire historique-, il y en a eu d’autres car Nabilla Benattia est une habituée de ce genre de petites phrases. Dans le livre, elle en rappelle d’ailleurs une: “Reste dans ta jalousie, moi je suis dans mon jacuzzi.” Un bon potentiel aussi. La jeune femme aime faire marrer les gens: “Au fond, je suis une gameuse. Être drôle, être suivie, faire rire et sourire me donne du plaisir. Ça fait du bien. J’aime être un personnage, me mettre en scène.” On ne peut que la croire quand on a lu Trop vite et il est difficile de réprimer un sourire quand on tombe sur cette punchline: “Mieux vaut ne pas avoir trop de principes quand tu tournes dans une téléréalité –sinon, inscris-toi à Des chiffres et des lettres.” Sur sa famille, elle peut balancer ça: “Mon père voudrait que je vive au fond d’une grotte préhistorique, désolée, je ne trouve pas la Préhistoire particulièrement cool.” Et de manier, toujours au sujet de son paternel, l’ironie avec un certain talent: “J’aurais bien voulu qu’on m’explique comment un homme pouvait être capable de régler les conflits de l’ONU mieux que ceux de son foyer.” Enfin, il y a la naïveté déconcertante et attachante -qui donne parfois, il est vrai, le sentiment très fort de frôler la bêtise- de Nabilla Benattia qui s’exprime par exemple ainsi: “En France, tu ne peux pas t’offrir une montgolfière, franchement c’est triste.

“Trop vite”: j'ai lu le livre de Nabilla Benattia et voici ce que j'en ai retenu

Un collage photos issu du livre 

 

Elle se dit féministe

Nabilla Benattia l’affirme, elle est féministe. Et ce, depuis que son père a tenté de brider sa féminité: “Grâce à lui, je suis devenue féministe. À fond. Le rapport à la féminité de certains musulmans est inadmissible, je pourrais signer des pétitions contre cette condition révoltante, qui m’en a fait voir de toutes les couleurs. Mais personne ne m’a jamais demandé de m’engager pour une si noble cause car Nabilla est une conne de la téléréalité, avec de gros nichons et le quotient intellectuel d’un pois chiche.” Et bim, en plus d’être drôle et féministe, Nabilla Benattia est piquante. Quelques pages plus loin, elle réaffirme son indépendance: “Principe numéro un: je suis libre. […] Personne ne peut faire de moi sa prisonnière, pas plus Thomas Vergara aujourd’hui que Kouthir Benattia jadis.” Un doute surgit toutefois lorsque je lis la phrase suivante: “J’aime bien cette profession, princesse. Tu ne sais rien faire, mais personne ne te le reproche. Tu arrives, tu repars… Et tout le monde t’aime, te respecte. Je veux être une princesse moderne.” Mais bon, une princesse moderne peut bien être féministe, non?

 

Elle est déterminée

Si la téléréalité s’est servie de Nabilla Benattia, cette dernière s’en est servie également, poursuivant un objectif clair et ambitieux: “Je voulais devenir la Kim Kardashian française.” Sauf que nous ne sommes pas aux États-Unis, qu’Allô Nabilla n’est pas Keeping Up with the Kardashians et que Thomas Vergara n’a pas grand chose en commun avec Kanye West. Quoi qu’il en soit, Nabilla Benattia n’a pas l’intention de se laisser broyer par la machine médiatique: “Je suis tout ce que l’on voudra mais je ne serai jamais une pauvre fille malheureuse dont on commentera les souffrances à vie. Je ne serai pas une victime. Je ne serai pas Loana.

 

L’épisode 1 de la saison 1 d’Allô Nabilla

 

Elle n’est pas une séductrice

Alors là, je vous l’accorde, c’est un peu difficile à croire. Pourtant, Nabilla Benattia assure que “susciter le désir des hommes [la] dégoûte: “Je me suis payé mes seins pour me plaire à moi, et éventuellement à mon mec. Et pour exister, oui. Sans la séduction, j’ai peur de ne pas exister, de n’être rien. Mais que des hommes soient dingues de moi sexuellement m’horrifie. Je suis pas Clara Morgane.” Lucide, la jeune femme conçoit que ce discours puisse interpeller: “Peut-être est-ce incompréhensible, ce que je raconte. Je comprends que ce dégoût puisse paraître étrange, vu mon look. J’aime plaire, j’ai aimé séduire quand j’étais plus jeune -moins maintenant. L’excitation des hommes me donne la nausée. Je veux bien qu’on me trouve mignonne, pas ‘bonne’.

 

Être chroniqueur chez D8 ne rapporte pas

Voici l’info bonus pour ceux qui chercheraient à devenir millionnaires en allant travailler chez D8. Sachez que chroniquer dans l’une des émissions de la chaîne ne fera pas de vous un homme ou une femme riche, c’est Nabilla Benattia qui le dit: “Question finances, chroniquer à Touche pas à mon poste ne rend même pas riche. Moins de 400 euros net par tournage, à peine le prix d’une paire de Louboutin.

Julia Tissier


3. Les hommes trans sont-ils l'avenir de la masculinité non toxique?

Et si les hommes trans, par leur expérience du sexisme et du patriarcat, étaient les personnes les plus à même de déconstruire les codes de masculinité toxique? On a échangé avec plusieurs d’entre eux sur la façon dont ils ont construit leurs masculinités féministes.
Instagram/Nabillanew - Cheek Magazine
Instagram/Nabillanew

5. Pourquoi être une femme arbitre de football reste un combat

Si les femmes arbitres investissent de plus en plus le football, les avancées restent lentes, entre plafond de verre, invisibilisation et sexisme sur le terrain. Enquête.
Instagram/Nabillanew - Cheek Magazine
Instagram/Nabillanew

6. Cheek Magazine existe désormais en Argentine

On peut maintenant lire Cheek Magazine dans une version argentine, signe que le féminisme latino est toujours en pleine effervescence.
Instagram/Nabillanew - Cheek Magazine
Instagram/Nabillanew

7. La pole dance est-elle une pratique féministe?

Hier exclusivement associée aux strip-teaseuses, la pole dance est aujourd’hui en voie de démocratisation. Plus qu’une pratique mainstream, elle fédère les esprits militants.
Instagram/Nabillanew - Cheek Magazine
Instagram/Nabillanew