société

Twenty, le média qui donne la parole à la génération Z

Alors que les millennials n’en finissent pas d’intéresser les marques et d’intriguer les employeurs comme les politiques, un nouveau média leur donne la parole. Twenty est à la fois un magazine et un network par et pour les 16-25 ans. Une fois par mois, ils organisent des talks pour faire de cet espace digital un lieu de rencontres et d’échanges. On y était.
DR
DR

DR


Twenty est un outil online et offline pour vous exprimer et raconter votre vision des faits.” Si la personne qui débute la présentation au Palais de Tokyo s’adresse aux autres à la deuxième personne du pluriel, c’est qu’elle n’est pas elle-même une millennial. Elle, c’est Delphine de Canecaude, cofondatrice avec Nadège Winter de ce nouveau média communautaire, mis en ligne le 27 octobre dernier. Derrière ce nouvel outil, il y a donc deux pontes de la communication, dénicheuses de talents et entrepreneures. “Il n’y a que Nadège pour débloquer une si grande salle du Palais de Tokyo”, murmure d’ailleurs une jeune femme venue, comme nous, découvrir le projet.

Au-delà de la dimension éditoriale, il y a avant tout la volonté de créer un réseau. Tant pour les jeunes, que pour les marques ou les institutions. Dans une interview à Clique, Nadège Winter explique en parlant des jeunes: “C’est à la fois un magazine qui raconte le monde à travers leurs yeux et un réseau, une sorte de Facebook ou LinkedIn de cette génération, qui leur permet de se connecter entre eux pour lancer des projets, et qui permet aux marques, aux institutions ou autres de recruter des talents, d’avoir une vitrine où ils peuvent aller chercher de l’énergie de cet âge-là.”

 

Une communauté IRL

Côté contenus, la ligne à suivre se résume en une question scandée sur les affiches: “C’est quoi avoir 20 ans aujourd’hui?” Vaste question à laquelle chacun est libre de répondre comme il le souhaite. Après presque trois mois d’existence, on trouve sur le site des articles sexo, politique, littérature, sport, musique… Et ils prennent des formes aussi variées que la chronique à la première personne, l’interview ou le roman-fiction. Nul besoin d’être ou de prétendre devenir journaliste. Deux rédacteurs en chef, Vincent Cocquebert et Amelle Zaïd sont là pour aiguiller les “twentys”, comme on les appelle. Chaque semaine, une réunion de rédaction a lieu pour valider et discuter des sujets. Une machine bien huilée, mais dont les fondatrices ne voulaient pas se contenter, ayant à cœur de soigner le côté humain de l’aventure. En organisant les talks, Delphine de Canecaude souhaite que les jeunes “partagent des choses ensemble”, et si possible plus qu’une adresse e-mail.

On a des choses à transmettre, même à 20 ans, ainsi qu’une image à se créer. Autant que cette parole-là soit la nôtre.”

En ce samedi après-midi d’automne au Palais de Tokyo, des dizaines de jeunes se succèdent tout l’après-midi, par groupes, face au duo fondateur et aux rédacteurs en chef. L’alchimie fonctionne toujours, même si les écarts d’âge révèlent les différences de pensées et de réflexion entre ceux qui affichent 15 ans au compteur et les autres, qui s’amusent de leur prétendue vieillesse à 26 ans. Des étudiants, des lycéens, des entrepreneurs, des pigistes, des écrivains, des photographes, des comédiens qui partagent une énergie commune et une curiosité qui les a poussés à venir découvrir Twenty IRL. Mathilde, 25 ans, juge que les “médias traditionnels ne leur laissent pas la parole” quand Ryan, 19 ans, pointe le dénigrement de ces derniers: “Beaucoup de jeunes ont des projets mais ils ne sont pas pris au sérieux.”

 

Se faire entendre

La presse qui “manque d’âme” est un sujet qui revient dans la majorité des talks. Léa Frédeval, 26 ans, auteure du livre Les Affamés est la plus revendicatrice: “2% des choses dites sur les jeunes dans la presse sont positives, les médias n’ont pas intérêt à nous laisser la parole… Le mérite de Twenty est de casser les préjugés qu’on pose sur nous. On a des choses à transmettre, même à 20 ans, ainsi qu’une image à se créer. Autant que cette parole-là soit la nôtre.” Ce qui frappe immédiatement, c’est le pessimisme que les plus jeunes semblent porter sur l’avenir par acquit de conscience. Terrorisme, écologie, amour, chômage, le constat est “dramatique” pour Léa, 20 ans: “Je n’ai pas envie d’aller sur le marché quand je vois la tête qu’il a.”

Pourtant, tous les participants sont animés par l’intime conviction qu’ils seront les seuls à faire bouger les choses. Et le projet Twenty est un parfait tremplin pour que chacun puisse s’exprimer tout en étant accompagné. Aller lire Twenty, les histoires de drogue et de cul comme celles qui traitent des questions politiques, du FN ou du terrorisme, c’est évaluer l’étendue des idées, des envies, du talent des “twentys” en évitant de les catégoriser ou de les enfermer dans des appellations marketées. On est déjà des lectrices assidues.

Bérengère Perrocheau


1. “Inde: le pays qui n'aimait pas les femmes”, un reportage bouleversant d'Arte

Si vous ne devriez regarder qu’une seule vidéo aujourd’hui, ce serait la bande annonce du reportage intitulé Le pays qui n’aimait pas les femmes, produit par Arte. Quatre indiennes témoignent de la difficulté d’être une femme dans une société patriarcale. 
DR  - Cheek Magazine
DR

4. Aya Nakamura est-elle victime de misogynoir?

Depuis les NRJ Music Awards, qui ont eu lieu samedi 10 novembre, Aya Nakamura est au cœur d’une nouvelle polémique, et doit faire face à des propos violents de la part de présentateurs, comme Matthieu Delormeau. Des déclarations qualifiées de “misogynoir” par certains internautes.  
DR  - Cheek Magazine
DR

5. “Mansplaining”, le nouveau podcast de Slate, décortique les masculinités

Slate a lancé son nouveau podcast sur les masculinités, Mansplaining, animé par Thomas Messias, professeur de lycée et journaliste pour le magazine. Dans ce premier épisode, le trentenaire met en exergue les stéréotypes du genre véhiculés par les œuvres cinématographiques. 
DR  - Cheek Magazine
DR