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Valérie Trierweiler: neuf mois, un livre et un come-back sans pitié

© Mathieu Delmestre / Solfé Communications
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C’est le livre qu’on n’attendait pas dans cette rentrée littéraire. Dans le plus grand secret, Valérie Trierweiler a écrit Merci pour ce moment, publié aux Arènes et tiré à 200 000 exemplaires. Elle y raconte pour la première fois son histoire intime avec François Hollande, de leur coup de foudre à leur séparation chaotique. Un brûlot qui paraît jeudi et dont Paris Match publie des extraits exclusifs. La journaliste y donne d’elle l’image d’une femme entière et consciente de ses faiblesses, lessivée par le monde politique. Et dresse un portrait accablant du chef de l’État.

Valérie Trierweiler Merci pour ce moment Les Arènes Paris Match

La couverture de Paris Match, DR

 

Sur son coup de foudre pour François Hollande

Tu ne vois pas qu’il est fou de toi?”, affirme une proche de François Hollande à la journaliste, en 2005, alors que tous les deux se “tournent autour” depuis des années. “Un champ électromagnétique s’active entre nous deux lorsque nous sommes en présence l’un de l’autre. Mais je suis aveugle”, écrit Valérie Trierweiler. Jusqu’au “baiser de Limoges”, “notre légende à nous”, le 14 avril 2005, se rappelle-t-elle. Pour lui, elle quitte son époux, Denis, père de ses trois enfants. “Nos années enchantées”, se souvient-elle.

 

Le spectre de Ségolène Royal

Valérie Trierweiler “déteste et redoute” celle qu’elle appelle “l’autre”, l’ex-compagne de François Hollande, peut-on lire dans Paris Match. La journaliste a le sentiment de “ne pas faire le poids” face à celle qui l’a précédée. Dans son livre, elle rapporte un face-à-face difficile: “Lui (Ndlr: François Hollande) et moi parlons de tout, nous rions. Soudain, je vois arriver Ségolène Royal, fonçant vers nous. Je préviens François qui tourne le dos à l’entrée du restaurant. Il croit à une plaisanterie, jusqu’à ce qu’elle s’installe à notre table. Elle est glaciale. ‘Je vous y prends. J’espère que je ne vous dérange pas.’ François est incapable d’émettre le moindre mot. C’est moi qui lui réponds. ‘Nous parlions du Tour de France.’ ‘Arrêtez de vous foutre de moi!’”

Je touche le fond, anéantie. François et moi, nous ne formerons jamais un couple reconnu.

L’ex-première dame revient sur le congrès de Rennes, en avril 2012, évoquant sa propre “hystérie”. Pour la première fois, Ségolène Royal monte sur scène pour soutenir le candidat socialiste à la présidentielle. Valérie Trierweiler ne supporte pas cette image. “Je ressens au sens littéral du terme, cet excès émotionnel incontrôlable: il m’est physiquement impossible de les voir tous les deux main dans la main sur scène… Et je suis impuissante devant ce désir collectif de les voir côte à côte”, écrit-elle. Dans la loge, elle fond en larmes. “Je touche le fond, anéantie. François et moi, nous ne formerons jamais un couple reconnu.

 

“Ce monde n’était pas pour moi”

Les premiers extraits du livre de Valérie Trierweiler et son portrait dans Paris Match montrent une femme très peu sûre d’elle. Elle répète qu’elle se sent “illégitime”. Pas mariée à François Hollande, succédant à la mère de ses enfants, ne venant pas du sérail politique, écartée par les conseillers de François Hollande, Valérie Trierweiler ne trouve pas sa place. Le fossé s’agrandit quand le patron du Parti socialiste (PS) entre en campagne pour la présidentielle de 2012. Leur histoire d’amour passe alors au second plan, derrière les ambitions politiques du candidat. Il perd peu à peu “cette passion insouciante, ces heures où tout semblait facile, où l’air était léger…”, regrette Valérie Trierweiler. Peu à peu, Hollande “se déshumanise”.

“Même notre salle de bains est devenue un lieu de réunion. Un jour, en fin de journée, j’ai vu Claude Sérillon y suivre le président, après avoir traversé notre chambre.”

Si tu veux une soirée avec François, il faut que tu passes par moi”, lui aurait assené Stéphane Le Foll pendant la campagne. Une fois le président élu, ses proches s’immiscent jusque dans leur intimité. “Même notre salle de bains est devenue un lieu de réunion. Un jour, en fin de journée, j’ai vu Claude Sérillon y suivre le président, après avoir traversé notre chambre. Je l’ai mis dehors, outrée par tant d’indécence”, se souvient Valérie Trierweiler. Peu à peu, “je sens que François ne veut plus de moi dans sa vie politique. Je suis éprise d’un homme que je vois s’éloigner avec le succès. Tout s’inverse”. Neuf mois après leur séparation, elle analyse: “J’aurais dû comprendre que ce nouveau monde n’était pas fait pour moi. Je suis entière et spontanée, j’ai grandi dans un milieu où l’on ne dissimule rien.

 

François Hollande “n’aime pas les pauvres”

Le livre dresse un portrait au vitriol du président, dépeint comme un homme froid et méprisant, voire macho, bien loin de son image de “Flamby”. Valérie Trierweiler révèle que le chef de l’Etat “n’aime pas les pauvres”, qu’il appelle les “sans dents”. Et de se remémorer un dîner de Noël dans sa famille à elle, d’origine modeste. “Elle n’est quand même pas jojo, la famille Massonneau!”, aurait-il ricané lors de la soirée. Une autre fois, alors qu’elle se prépare avant un dîner d’Etat, il lui demande: “Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle?” “Oui, un peu”, répond-elle. “En même temps, on ne te demande rien d’autre”, réplique-t-il. Et ce n’est pas une plaisanterie. “Il est froid, ne sourit pas, précise Valérie Trierweiler. Je suis son faire-valoir, mais je ne dois rien valoir.

Il ne faut pas épouser Valérie, nous on l’aime pas!” Il ne répond rien et sourit.

L’ex-occupante de l’Élysée, mal aimée de l’opinion publique et attaquée par les journalistes, confie qu’elle ne peut pas compter sur le soutien de celui qui partage sa vie. Elle se souvient, “meurtrie”, de ce déplacement en province filmé par les chaînes d’information, au cours duquel une électrice interpelle François Hollande: “Il ne faut pas épouser Valérie, nous on l’aime pas!” Il ne répond rien et sourit. “Ses silences et ses remarques acerbes me font insensiblement perdre confiance en moi”, confie-t-elle.

 

Sur l’affaire Julie Gayet

Valérie Trierweiler apprend la liaison du chef de l’État avec la comédienne l’après-midi du 9 janvier 2014, alors qu’ils se trouvent dans leur chambre à l’Élysée. François Hollande lui avoue d’abord que sa liaison dure depuis un mois. Puis, “nous passons à trois mois, puis six, puis neuf, et enfin un an”.

“J’avale ce que je peux. Je veux dormir. Je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver. Je veux fuir. Je perds connaissance.

Le lendemain paraît Closer, qui publie les photos du Président et de la comédienne. “L’information Julie Gayet est le premier titre des matinales, écrit Valérie Trierweiler. Je craque, je ne peux pas entendre ça, je me précipite dans la salle de bains. Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères (…) François m’a suivie. Il tente de m’arracher le sac. Je cours dans la chambre. Il attrape le sac qui se déchire. Des pilules s’éparpillent sur le lit et le sol. Je parviens à en récupérer. J’avale ce que je peux. Je veux dormir. Je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver. Je sens la bourrasque qui va s’abattre sur moi et je n’ai pas la force d’y résister. Je veux fuir. Je perds connaissance.” Elle sera ensuite hospitalisée.

 

“Il m’écrit que je suis toute sa vie”

Par amour ou par fierté, François Hollande tenterait de reconquérir Valérie Trierweiler. “Depuis qu’il est retombé à 3% dans les sondages, comme du temps où nous étions le plus heureux (…) il me dit qu’il a besoin de moi. Chaque soir, il me demande de dîner avec lui. Qu’il veut me retrouver, quel que soit le prix à payer…” “Ses messages me parlent d’amour. Il m’écrit que je suis toute sa vie, qu’il ne peut rien sans moi.” Le chef de l’État la “harcèle”. Jusqu’à 29 SMS par jour. “Croit-il en ce qu’il écrit?, s’interroge la journaliste. Ou suis-je le dernier caprice d’un homme qui ne supporte pas de perdre? Il me dit qu’il me regagnera comme si j’étais une élection.

Julie Coste


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