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Non, le festival afroféministe Nyansapo n'est pas “interdit aux blancs”

Non, le festival afroféministe Nyansapo n'est pas “interdit aux blancs”

Le festival afroféministe Nyansapo, organisé par le collectif Mwasi, s’est retrouvé au centre d’une tornade de tweets rageurs ce week-end. La maire de Paris Anne Hidalgo elle-même a relayé les idées fausses véhiculées d’abord par des militants d’extrême-droite, puis par le Front National, avant d’être reprises, sans vérification, par des associations comme la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (la LICRA). Sur twitter, les militant.e.s afroféministes ont tout fait pour défendre leur droit à s’organiser et réfléchir à leur situation, entre concerné.e.s.

L’histoire commence le 25 mai: sur les forums de jeuxvideo.com, des sujets sont lancés à propos du festival Nyansapo, qui doit se tenir du 28 au 30 juillet 2017 à Paris. En cause? L’annonce de son organisation: si le festival est ouvert à tou.te.s, certains espaces de débat sont réservés aux racisé.e.s, voire aux femmes noires (80% du festival). Une idée qui déplaît fortement à la droite de la droite, et notamment au site fdesouche. Le contenu de certaines conversations remonte jusqu’aux oreilles de l’association organisatrice, qui prévient ses followers :

 

Côté Front National, on se saisit rapidement du sujet. Wallerand de Saint-Just publie le premier un communiqué dans lequel il parle d’un festival “interdit aux blancs”. L’expression est reprise dans quelques articles, puis par des associations censées luttées contre le racisme:

 

C’est ce tweet de la LICRA qui, deux jours plus tard, fera réagir Anne Hidalgo. La Maire de Paris, n’ayant manifestement pas vérifié plus avant les allégations des uns et des autres, demande l’interdiction du festival.

 

Comme l’explique Libération, Anne Hidalgo s’est fourvoyée -comme beaucoup-, croyant que l’intégralité du festival serait organisée à La Générale, une “coopérative artistique, politique et sociale” du 11ème arrondissement. Or, seuls les évènements ouverts à tous s’y tiendront.

Un procès contre le “racisme anti-blanc” est lancé, repris par des personnalités médiatiques.

 

Mais devant l’énervement général, le hashtag #JesoutiensMwasi commence à circuler. Les twittos y reprennent les termes exacts de l’organisation du festival…

 

attaquent ses détracteurs

 

rappellent la raison d’exister de ces espaces réservés à certains types de population

 

 

 

Ou bien sont simplement effarés : 

 

Mon dieu, je suis sensée parler à ce festival cet été. La France peut être tellement violente envers les femmes de couleur. Tellement violente.

Dimanche soir, La Générale publie un communiqué de soutien au festival et à ses organisatrices. Le collectif Mwasi, lui, rappelle que ses membres organisent le festival bénévolement, et en appelle donc à la générosité des intéressé.e.s.

Mathilde Saliou