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La sortie d'hibernation

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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Je sais, vous vous êtes demandé où j’étais passée ces derniers temps, et certains d’entre vous se sont peut-être même risqué à des hypothèses sur ma disparition virtuelle. Alors pour ceux qui me voyaient déjà tombée dans la faille spatio-temporelle de la love story (vous savez, celle qui retire toute vie sociale le temps de se rendre compte qu’on vient de se maquer avec quelqu’un qui dort en pyjama à carreaux) ou pour ceux qui m’imaginaient propriétaire d’un chiringuito aux Caraïbes, sachez que la vérité est beaucoup moins glamour. Je n’ai ni rencontré le grand amour ni changé radicalement de vie: j’ai tout simplement été happée dans la spirale de l’hibernation.

Ma couette constituant toute l’année mon refuge préféré, je l’ai naturellement élue pour m’en faire un terrier.

Eh oui, quand les journées ont commencé à sérieusement raccourcir à l’arrivée de l’hiver, je crois que j’ai été peu à peu rattrapée par mon instinct mammifère, celui qui, après trois semaines consécutives de grisaille et de pluie en novembre, me souffle d’aller me creuser un trou bien confortable, loin de toute activité, pour passer les cinq-six prochains mois et attendre tranquillement l’arrivée du printemps.

Bah voilà, à l’image du loir, je suis allée me mettre à l’abri en attendant des jours meilleurs. Ma couette constituant toute l’année mon refuge préféré, je l’ai naturellement élue pour m’en faire un terrier, que j’ai aménagé d’un ordi et d’un plateau-repas -ressemblant davantage au craquage d’un enfant de 7 ans qu’à une quelconque recette de Cyril Lignac. C’est d’ailleurs la différence notable avec les autres mammifères: si, eux, stockent des calories avant la période d’hibernation pour pouvoir passer la saison sans jamais aller chercher de nourriture, moi, j’ai choisi de poursuivre la phase alimentation voire de l’intensifier à mesure que mes autres activités déclinaient. Ce qui se traduit inévitablement par l’impossibilité d’enfiler mon jean ces derniers temps.

Je me voyais mal expliquer à mon boss qu’il devait m’oublier pendant l’hiver parce que je m’étais réconciliée avec ma dimension mammifère.

Quand je dis que mes autres activités ont décliné (j’entends autres que The Voice et Pizza Hut), je fais référence à ce qui constitue fréquemment la vie d’une célibataire de presque 30 ans. À savoir aller au boulot, me traîner à la salle de sport, sortir chez des amis, prendre des verres avec des mecs, partir en week-end de temps à autres. Hibernation oblige, j’ai progressivement espacé le temps entre chaque activité, à l’exception de celle qui permet de payer mon loyer. J’ai bien songé, un matin où il faisait tellement gris que j’ai cru m’être réveillée en pleine nuit, à négocier un arrêt de travail de quatre mois avec mon généraliste, mais après une rapide consultation imaginaire dans ma tête, je me suis rendu compte que cette option n’était pas raisonnable. Je me voyais mal expliquer à mon boss qu’il devait m’oublier pendant l’hiver parce que je m’étais réconciliée avec ma dimension mammifère.

J’ai observé que nous étions assez nombreux à être rattrapés par notre identité de mammifère six mois par an.

J’ai donc décidé de concentrer tous mes efforts physiques sur les trajets me menant au boulot, et d’improviser pour le reste en fonction de mon humeur. Sans surprise, en dix jours, j’avais arrêté la gym, supprimé Tinder et inventé trois week-ends de suite une méchante grippe qui m’a permis de sécher diverses soirées de 30 ans, où de toute façon, je n’aurais fait que manger assise sur un canapé… À quoi bon quitter ma tanière pour ça?  Pour rencontrer quelqu’un, éventuellement. Malheureusement, j’ai observé que nous étions assez nombreux à être rattrapés par notre identité de mammifère six mois par an, et que, mathématiquement, si tous les célibataires restent chez eux, la probabilité de faire une rencontre chute drastiquement. Seuls les plus en galère se risquent à quitter leur trou, et à moins d’être également au plus bas, mieux vaut ne pas tomber sur eux.

Voilà à peu près où j’en étais de ma non vie sociale quand Laurent Delahousse m’a rappelé le week-end dernier qu’il fallait que j’avance ma montre d’une heure. Après avoir, comme chaque année, râlé sur le raccourcissement de ma nuit que le changement d’heure impliquait, j’ai réalisé que cette étape rituelle était peut-être une chance à saisir pour sortir de l’hibernation. Après tout, maintenant que les apéros vont de nouveau avoir lieu en plein jour, que les citronnades fraîches vont succéder aux tartiflettes et les lunettes de soleil à la doudoune, je ressens comme une envie de me reconnecter au monde extérieur, de parler à mon prochain,  qui sait, je vais peut-être même pécho bientôt. On est passés à l’heure d’été et la vie peut recommencer.

Romy Idol

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1. J’ai couché en anglais

Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy Idol, c’est nous en pire.
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2. L'Euro 2016 et moi

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3. J’ai couché avec mon voisin

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4. Le bad hair day

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5. Le mec collant

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6. Ma peur incontrôlable de l'avion

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7. Le (délicat) moment de faire sa valise

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
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