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Les gens toujours maqués

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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En amour, j’ai longtemps cru que tout était affaire de chance. La bonne rencontre au bon moment, le feeling indéfinissable, l’évidence des sentiments… Pour moi, tout ça n’était que le fruit d’un heureux hasard et nous ne naissions pas tous sous une bonne étoile dans le parcours du combattant du couple. J’étais persuadée qu’une partie d’entre nous avaient été touchés par la grâce, un peu comme ceux qui gagnent systématiquement en grattant un Millionnaire “pour rigoler”, ou encore ceux qui retrouvent leur téléphone dans le bar où ils l’ont oublié. 

En terminale déjà, elle faisait partie des personnes “casées” du lycée, celles qui pouvaient fièrement dire qu’elles étaient en couple depuis quatre mois et demi.

À la grande loterie de l’amour, certains avaient la baraka, et à mes yeux personne n’incarnait mieux ces “gens toujours maqués” que Clémentine, la cousine de Sonia. C’est simple, je n’ai pas un seul souvenir d’elle non accompagnée. En terminale déjà, elle faisait partie des personnes “casées” du lycée, celles qui pouvaient fièrement dire qu’elles étaient en couple depuis quatre mois et demi. Ensuite, elle ne s’est jamais arrêtée. Pendant que Sonia et moi nous lancions à l’aveugle dans les montagnes russes amoureuses (l’attraction étant assez proche du sentiment amoureux dans le sens où l’excitation et l’envie de vomir cohabitent très étroitement), la vie sentimentale de Clémentine était digne des meilleures saisons de Dawson. Un petit ami chassait l’autre, et le casting était toujours parfait.

C’est pourquoi je me suis étranglée quand, pas plus tard qu’il y a trois jours, elle nous a parlé avec nostalgie de son “époque célib”. Nous dînions avec Sonia, qui venait de se faire larguer après trois mois de plan cul intense avec son voisin, et qui pleurnichait sur sa raclette -l’envie de raclette, sachez-le, peut être l’un des signaux d’alerte de la dépression. Entre deux tranches de bresaola et une rasade de pommes de terre, Clémentine nous a balancé cette phrase déjà culte, que dis-je, cette réplique tout droit sortie d’un one-woman-show:

Je comprends, Sonia, moi aussi j’en ai chié après ma rupture avec Tom.

Sonia m’a lancé un regard interrogateur, pensant que pour une fois, Clémentine, faisait preuve de cynisme. Je lui ai rendu ce regard circonspect et nous avons marqué un temps de pause, avant de comprendre que cette saillie était du premier degré.

“Quand Tim m’a quittée, j’ai vraiment été célibataire. J’ai rencontré Sam au moins deux mois plus tard.”

Mais qu’est-ce que tu racontes? Déjà, c’était en 2005, on était encore en culottes courtes, et en plus, tu étais folle amoureuse de Tim quand tu as quitté Tom.

Oui, c’est vrai, mais je ne sortais pas vraiment avec Tim quand j’ai quitté Tom, j’ai dû me chercher un appart et j’ai vachement souffert de me retrouver seule, tu vois.

Enfin, je te rappelle qu’après un mois de sous-loc, tu as emménagé chez lui, donc on a vu pire comme période de célibat.

Ok, tu as raison, mais quand Tim m’a quittée, j’ai vraiment été célibataire. J’ai rencontré Sam au moins deux mois plus tard. Et j’ai détesté cette période, j’ai fait n’importe quoi et je ne me suis jamais sentie aussi abandonnée.

J’étais donc à la table d’une meuf qui pensait sérieusement qu’avoir été sans mec pendant deux mois dans sa vie faisait d’elle une personne ayant expérimenté l’ultra-moderne solitude du célibat. Alors qu’elle embrayait en cinq secondes sur les préparatifs de son mariage avec le fameux Sam, son mec depuis cinq ans, je me suis remémoré toutes mes targets inaccessibles, tous mes sex-friends jamais devenus mes mecs, tous mes rencards Tinder jamais revus et tous mes amants disparus au petit matin. Sans oublier mon ex historique, lui aussi envolé dans la nature, ou ce mec timide, à qui je suis incapable d’envoyer un simple texto de drague.

Clémentine a toujours su qu’elle n’était pas faite pour affronter la vie seule et a pris ses dispositions dès son plus jeune âge.

C’est là que j’ai compris que, si la chance était nécessaire en amour, elle n’était pas forcément suffisante. Certes, Clémentine est une veinarde mais elle est avant tout pragmatique: elle a toujours su qu’elle n’était pas faite pour affronter la vie seule et a pris ses dispositions dès son plus jeune âge. À l’image de ces gens qui souscrivent à une assurance vie à 18 ans. Dix ans plus tard, ils ont la meilleure mutuelle pendant que moi, je ne sais même pas si je suis encore inscrite à la sécu, et ils ont un PEL plein à craquer tandis que moi, je paye des agios tous les mois.

Ils savent miser sur le cheval de la stabilité, et laissent les autres foncer tête baissée sur tout ce qui ressemble à un obstacle. Évidemment, je n’ai aucun doute sur la catégorie à laquelle j’appartiens, mais en voyant Clémentine, je me dis qu’une petite balade pépère sans loopings ne me ferait pas de mal pour une fois. J’ai soudainement très envie de relancer le mec timide.

Romy Idol

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


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