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La friendzone

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire. 
© Louison / Cheek Magazine
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À l’épineuse question “l’amitié fille-garçon existe-t-elle?” (qui mériterait un jour de tomber au bac), j’ai longtemps répondu “oui, bien sûr” en pensant à mon super copain Léo. J’étais souvent la seule à défendre ce point de vue, mes copines ayant généralement fini par coucher avec tous leurs acolytes masculins, les excluant de fait d’une relation purement amicale et désintéressée. Les seuls rescapés de ce carnage étaient toujours le pote gay, le pote d’enfance et le mec de la meilleure amie. En somme, les quelques catégories à pouvoir exclure d’office une relation sexuelle, mais qui ne sont pas légion, soyons honnêtes. De longues années j’ai donc cru être l’exception qui confirmait la règle: la fille ni lesbienne ni hyper complexée qui réussissait à entretenir des rapports sans ambiguïté avec la gent masculine. La fille à qui l’on raconte ses histoires de cœur, celle qu’on invite pour des soirées Star Wars, ou encore celle qu’on emmène en vacances en famille.

J’ai réalisé que, sans le savoir, j’avais obtenu un laisser-passer permanent pour la friendzone depuis très longtemps.

Ça, c’était avant que Sonia ne me fasse comprendre que j’étais piégée dans  la “friendzone”, un territoire où il est très facile d’entrer mais dont il est très compliqué de sortir. Le pire, c’est que, dès qu’elle m’en a parlé, j’ai réalisé que, sans le savoir, j’avais obtenu un laisser-passer permanent pour la friendzone depuis très longtemps. Je vous vois venir, vous vous demandez ce que signifie ce terme quasi militaire? Pour les civils, être dans la friendzone, ça veut tout simplement dire que l’on est retenu contre sa volonté dans un rapport amical. En clair, que l’on aimerait passer à l’acte, mais que l’on est enfermé dans un rôle de pote.

À la première confrontation avec Sonia, j’ai nié en bloc. Mais au bout de quelques heures d’interrogatoire (= un débrief interminable du dimanche sur mon incapacité chronique à choper Léo depuis des années), j’ai tout avoué. J’étais bel et bien dans la friendzone. Mais pour ma défense, j’ai trouvé de bonnes raisons de ne jamais avoir voulu en sortir. Et pour cause: il n’y a pas plus confortable comme endroit.

Contrairement à un rencard, où je suis incapable d’avaler ma salade sans sauce pour cause de stress nauséeux pré-chope, avec mon poto, je m’envoie sans problème une entrecôte.

Déjà, quand je suis dans la friendzone, le resto redevient un plaisir. Contrairement à un rencard, où je suis incapable d’avaler ma salade sans sauce pour cause de stress nauséeux pré-chope, avec mon poto, je m’envoie sans problème une entrecôte et pourquoi pas un menu maxi best of Big Mac. Par ailleurs, à table, aucun sujet n’est tabou, puisqu’on connaît tous nos dossiers respectifs. Je lui fais bénéficier de ma sensibilité féminine si raffinée, et lui me prodigue tous les conseils soi-disant typiquement masculins (qui ne m’ont tout de même pas empêché d’en passer par  ou par ).

Autre avantage significatif de la friendzone: on ne passe pas trois heures à écrire ni à attendre un texto. Les échanges sont assez directs, et je pourrais même essayer de les résumer ici.

T’es où?

Chez moi, tu viens?

OK.

Un dialogue inenvisageable avec un mec qui nous plaît. Alors qu’on rêverait d’envoyer ce même “Tu viens?” au type qu’on a croisé à une soirée, on hésite pendant deux jours entre un ou trois petits points, et on finit par envoyer un “Hello, ça va?” Et quand parfois, l’interlocuteur de la friendzone ne répond pas, la solution est elle aussi très simple. Il suffit de balancer un “Putain, tu fais chier, tu pourrais répondre”, et tout se dénoue. Qui n’a pas rêvé d’en faire autant avec sa target? Avantage: friendzone.

Une fois, son père m’a fait un petit clin d’œil quand on montait se coucher, car lui, il n’y croyait pas une seconde à notre “belle amitié”.

Dans ce territoire si particulier, la présentation aux amis n’est pas un enjeu, puisqu’en général on les connaît depuis belle lurette et qu’ils nous adorent. Aucun stress de passer pour la relou de service ou de n’avoir rien à leur dire: avec le temps, ils sont aussi devenus nos amis. Même combat avec les parents. Je sais de quoi je parle, j’ai ma chambre réservée quand je pars avec Léo dans sa maison de famille. Une fois, son père m’a fait un petit clin d’œil quand on montait se coucher, car lui, il n’y croyait pas une seconde à notre “belle amitié”. J’avoue, je me suis un peu offusquée devant Léo, mais ça me confortait dans l’idée qu’avec moi, c’était bien plus fort qu’avec ses pétasses de passage.

Car j’en viens à la caractéristique inégalable de la friendzone: c’est un espace où l’on ne se fait jamais larguer. Quand on y pense, c’est vertigineux. Contrairement à toutes les autres relations, l’amitié peut durer toute la vie. Bien sûr, on peut s’engueuler, mais jamais aussi violemment qu’un couple. Et surtout, il n’y a pas cette épée de Damoclès nommée rupture suspendue en permanence au-dessus de nos têtes. Je crois que c’est précisément ça qui m’empêche de quitter la friendzone avec Léo. Quand il me raconte les scènes de jalousie de Natalia ou les manies insupportables de Veronica, j’éprouve toujours un certain soulagement à savoir que jamais je ne sortirai de sa vie comme elles le font les unes après les autres. Jusqu’au jour où l’une d’entre elles restera. La voilà, mon épée de Damoclès à moi.

Romy Idol


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