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La gueule de bois

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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Qui n’a jamais dit “plus jamais” un lendemain de cuite? Je ne parle pas d’un “plus jamais” sans conviction, motivé par une petite barre frontale matinale et oublié le soir-même. Je parle ici d’un véritable “plus jamais”, celui qui demeure valable une semaine, voire un mois plus tard. À l’image du mien ce matin. En me couchant hier soir, je savais déjà que le lendemain serait difficile. Dans mon lit, ma tête tournait au moins autant que devrait le faire la langue de Jean-Pierre Jouyet avant de parler. 

Pour m’assurer du diagnostic, je lis la définition de la gueule de bois sur Wikipédia: “une sensation inconfortable qui se manifeste à la suite d’une consommation excessive de boisson alcoolisée.” J’ai comme un sentiment d’injustice. Inconfort? Cette encyclopédie ne sait pas de quoi elle parle. “Elle  atteint un maximum lorsque l’alcoolémie redevient nulle.” Pas de doute, je suis au maximum. 

Là où mon Coca matinal suffisait avant, aujourd’hui mon thé drainant et mes Doliprane 1000 ne peuvent plus rien pour moi.

Seulement, il devrait y avoir une précision sur l’âge du concerné par la gueule de bois. Car, si à 20 ans, j’enchaînais les cuites et les cours à la fac sans problème, à la presque trentaine, la cuite s’apparente à un enfer. J’en prends conscience alors que je me réveille après l’anniversaire/soirée déguisée de Sonia qui, à défaut de m’avoir permis de choper, m’a permis de trinquer à la vodka et au champagne. Et maintenant de trinquer tout court. 

Là où mon Coca matinal suffisait avant, aujourd’hui mon thé drainant et mes Doliprane 1000 ne peuvent plus rien pour moi. J’ai envie d’écrire à Wikipédia: “Pour le trentenaire, la gueule de bois s’apparente à une volonté de mourir le plus rapidement possible. Elle est teintée d’un fort sentiment de culpabilité puis accompagnée d’une décision d’abstinence alcoolique quasi-définitive et d’une envie soudaine de manger des légumes bio et de consommer des boissons à base d’aloé véra. Cela dit, certains individus finissent par remettre ça, une fois le souvenir douloureux de la cuite évacué.” Ce matin, je maudis les vignes, l’inventeur de la vodka, Nadine Morano et l’instigatrice de la fête, Sonia.

Et dire qu’hier soir, mon cerveau n’a pas entendu cette conversation entre mon foie et mon estomac:

Eh merde, elle remet ça.

Réponse estomaquée:

Non, tu déconnes?

Nan, nan, je t’assure et en plus, elle ne te file rien du tout pour compenser.

Elle est gonflée, elle croit qu’elle a encore vingt ans ou quoi?

C’est fou d’être dans le déni à ce point-là.

J’en reviens pas moi non plus.

C’est pas faute de l’avoir prévenue l’autre fois en plus.

Et ma bile, un peu vénère:

Hé, ça va les gars, c’est moi qui vais ramasser le plus, alors arrêtez de vous plaindre. Qui va finir dans les toilettes? C’est pas vous, c’est moi!

Ces trois chips n’étaient manifestement pas suffisantes pour éponger. Je promets à tous mes organes de ne “plus jamais” recommencer et, sous ma douche, je prie pour que les nausées cessent. En arrivant au bureau, j’esquive mes collègues car ma transpiration me rappelle l’odeur de cette distillerie visitée quand j’étais en 3ème B durant un voyage scolaire en Allemagne. 

Je tombe sur Doctissimo et ses conseils foireux: “Le temps sera votre meilleur allié pour retrouver un peu de sérénité.

Face à mon ordinateur, je tape sur Google “remède rapide gueule de bois”. Je tombe sur Doctissimo et ses conseils foireux: “Le temps sera votre meilleur allié pour retrouver un peu de sérénité.” Merci Doctissimo. “Il suffit en effet de quelques secondes pour boire un verre, mais il faut une heure pour éliminer 0,15mg/l d’alcool. Soit un peu plus de trois heures si vous avez bu 0,5mg/litre d’alcool.” J’essaie de faire les calculs dans ma tête mais je n’ai jamais été bonne dans les tableaux de conversion, et vu la quantité que j’ai ingérée, j’ai l’impression que ma descente va durer toute la journée. Bref, ça relance mon mal de crâne. 

Je pense au fric que le mec ou la nana se ferait en inventant la piqûre magique qui éliminerait shots de vodka et mojitos en deux-deux. En continuant mes recherches sur Google, je me rends compte que “l’injection anti-gueule de bois” existe déjà aux États-Unis. Grâce au docteur Jason Burke, qui n’encourage pas du tout la conso d’alcool (“Venez chez moi quasi-inconscient et en moins d’une heure, vous serez prêts à conquérir le monde”) on peut se remettre de sa cuite avec un “IV treatment”, soit une bonne intraveineuse. Cara Delevingne est fan, paraît-il. Coût de l’opération: une heure et 200 dollars. Comme quoi, on paye toujours cher sa gueule de bois. 

Romy Idol

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


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