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y comme romy

La première (vraie) nuit de sexe avec lui

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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J’ai bientôt 30 ans et je sais que la première nuit passée chez un mec avec lequel on envisage une relation à moyen/long terme équivaut à une nuit blanche. Mais pas une nuit blanche à la cool. Pas celle, par exemple, où l’on danse jusqu’au bout de la nuit en buvant des Mojitos. Rien à voir non plus avec une soirée nanas à discuter tranquillou sodomie ou à débattre très sérieusement de l’éjac’ faciale jusqu’à six heures du matin: “Non, je ne suis pas d’accord, ce n’est pas nécessairement une démonstration de la domination masculine.” Non, je parle ici d’une nuit blanche particulièrement stressante. L’angoisse monte d’un cran quand il s’agit en fait de la deuxième nuit passée ensemble et que la première a constitué un fâcheux échec sexuel. C’est précisément mon cas avec le mec timide, je m’apprête donc à passer une autre nuit avec Jules. 

Au bout d’une heure, Jules, son pénis et moi sommes parfaitement décontractés.

Je me ramène avec une bouteille de vin achetée chez le caviste en bas de chez moi, persuadée que cet objet va se révéler être le meilleur allié du pénis de Jules, qui est manifestement sujet au stress. Cette fois-ci, il n’est pas question de le laisser flipper, il faut, si j’ose dire, le détendre d’emblée. Ce Chassagne-Montrachet fait bien son boulot et, au bout d’une heure, Jules, son pénis et moi sommes parfaitement décontractés. Deux heures de plus et les assiettes sont vides, les verres aussi et sur le canapé de Jules, la séance d’effeuillage commence bien, si l’on met de côté ma difficulté à déboutonner son jean Levi’s et la dentelle déchirée de mon soutien-gorge. Note pour plus tard: penser à ne pas mettre de lingerie neuve le premier soir de sexe. Direction la chambre. J’enfile le préservatif et jusque-là, le sexe de Jules n’a pas l’air de vouloir se faire la malle. J’ai presque envie de lui parler pour le rassurer mais ça pourrait potentiellement avoir l’effet inverse de celui escompté donc je me tais.

Vingt minutes plus tard, je regarde le plafond, ça y est, pensons mon vagin et moi-même, soulagés et heureux. Et en plus, c’était prometteur. Je le savais, j’ai bien fait de ne pas lâcher l’affaire. Rapidement, je descends de mon nuage orgasmique car je sais à quoi va ressembler le restant de la nuit. Il est seulement une heure du matin et, il n’y a aucun doute à avoir, le meilleur moment est passé. Ne vont suivre que malaises et emmerdes en tous genres.

Où est cette putain de culotte? Et, pourquoi avoir tamisé cette putain de lumière?

À commencer par le moment où je vais avoir envie d’aller faire pipi dans ces toilettes séparées de la chambre par une très fine cloison. À quel moment vais-je remettre ma culotte? Ou dois-je y aller nue? J’élimine d’emblée la seconde hypothèse pour tenter de me concentrer sur l’essentiel: où est cette putain de culotte? Et, pourquoi avoir tamisé cette putain de lumière? L’air de rien, je tapote le sol et jette discrètement de furtifs coups d’œil au parquet. Jules ne se rend compte de rien et se lève soudainement sans rien dire, direction les toilettes. Lui a apparemment choisi la seconde solution. Après avoir regardé ses fesses s’éloigner, je retourne la chambre, ça y est, je viens de la trouver, accrochée à une basket qui traînait par là. J’en profite pour récupérer aussi mon débardeur et j’ai à peine le temps de reprendre un air ultra détendu que Jules est déjà de retour. Je prends sa suite pour aller faire pipi. J’en profite pour lui emprunter discrètement sa brosse à dents,  je déteste m’endormir sans être passée par cette étape.

Il faut en passer par cette période particulièrement contraignante pendant laquelle trouver un sujet de conversation post-coïtal est d’une importance décisive.

De retour dans le lit, Jules m’enveloppe de son bras et m’attire vers lui. Je me laisse faire mais je sais pertinemment que cette position n’est pas tenable plus de dix minutes. J’ai déjà mal à la nuque et ce n’est que le début. Je n’ai évidemment pas emporté ma trousse de toilette –impensable la première nuit, pareil d’ailleurs pour la 2ème, la 3ème, etc. Bref, un mauvais moment à passer, quoi- et je sens déjà que mes yeux, pas débarrassés de leurs lentilles, me picotent sérieusement. Cette nuit va être atroce. Et le pire dans tout ça, c’est ce silence dans la chambre et les gargouillements de mon ventre qui se font de plus en plus forts. Il faut que je lance un sujet de conversation. Perso, je déteste parler après le sexe. Si, dans une relation longue durée, on perd (heureusement) rapidement cette habitude, il faut en passer par cette période particulièrement contraignante pendant laquelle trouver un sujet de conversation post-coïtal est d’une importance décisive. Là, je suis clairement en plein dedans, je n’ai pas le choix. De toute façon, Jules ronfle, je n’ai pas mes boules Quiès, je vais devoir dormir avec mes lentilles et je n’ai même pas pu me démaquiller, alors franchement entre mal dormir ou ne pas dormir du tout, j’ai choisi mon camp: 

Jules?

Oui?

Toi, tu la vois bleue et noire ou blanche et dorée?

Romy Idol

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


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Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy Idol, c’est nous en pire.
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