y comme romy

La salle de sport

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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À la rentrée, je me suis mise au sport. Mes amis ont ri. La plupart d’entre eux ont sincèrement exprimé leur sentiment sur le sujet: j’allais abandonner au bout de deux mois. Et deux mois plus tard, je ne suis pas loin de le penser aussi. La dernière image de moi faisant du sport remonte à mon dernier trimestre de badminton en terminale. Quand je suis allée m’inscrire à la salle de sport à côté de chez moi, j’ai d’abord eu un sentiment de fierté qui se résumerait ainsi: “Je suis enfin adulte et maintenant, je prends soin de moi.” Ensuite, j’ai brièvement cédé à la panique: “Je vais payer 40 euros par mois pendant un an minimum, il faudrait y aller deux fois par semaine pour rentabiliser cet investissement.

Les dizaines de machines dispersées aux quatre coins de la pièce, malgré mon bac+9 (en comptant les stages), m’ont semblé aussi mystérieuses que la disparition du vol MH370.

J’ai découvert que la salle de sport est un monde à part. La première fois, je m’y suis sentie comme une étrangère. Pour commencer, il faut assimiler les codes. Le vestiaire reste l’étape la moins difficile -quoique… Mais j’y reviendrai à la fin: on s’y déshabille et le silence qui y règne en dit long sur l’état d’esprit morne des filles qui sont là. Du moins c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je lance à l’une des nanas en short un “Bon courage”. J’ai vu du mépris dans son regard. À la salle de sport, on ne se souhaite pas “Bon courage”, on est heureux d’être là.

Une fois sortie du vestiaire -dont les lumières froides et la multitude de miroirs sont autant d’arguments en faveur du sport-, j’ai été envahie par l’angoisse. Les dizaines de machines dispersées aux quatre coins de la pièce, malgré mon bac+9 (en comptant les stages), m’ont semblé aussi mystérieuses que la disparition du vol MH370. La seule pour laquelle j’étais à peu près sûre de mon coup, c’était le vélo d’appartement. Comme je suis joueuse (et aventurière), j’ai décidé de m’adresser à l’un des piliers -ce mot n’est pas choisi au hasard- de la salle, ceux qui sont là pour coacher les novices:

Qu’est-ce que vous me conseillez comme machine?

Vous voulez faire travailler quels muscles? Les obliques, les biceps, les triceps, les quadriceps, le grand pectoral, les trapèzes?

Euh… Les jambes.

J’ai senti que ce n’était pas une réponse acceptable, alors j’ai essayé de me rattraper:

Les cuisses, pour être plus précise.

Alors ce sera le vélo elliptique.

J’ai pensé à une figure de style littéraire et je l’ai suivi docilement pour qu’il me montre comment utiliser l’appareil.

Je vous mets une demi-heure?

Parce que je ne sais pas ce qu’une demi-heure de vélo elliptique signifie, j’ai répondu naïvement:

Oui, ça me semble bien, c’est pas trop long, hein, une demi-heure?

Pour ce que vous avez, c’est bien. 

Je ne lui ai pas demandé ce qu’il entendait par “ce que vous avez” et j’ai commencé. Au niveau 2 parce que j’aime la difficulté. Sept minutes se sont écoulées avant que je ne me rende compte qu’une demi-heure de vélo elliptique pour une personne normale/sportive -rayez la mention inutile- équivalait sans aucun doute à quatre heures pour moi, personne normale/pas sportive -rayez encore une fois la mention inutile.

Trois minutes plus tard, je suis descendue en douce de l’appareil en évitant soigneusement d’être vue par le mec qui m’avait recommandé 30 minutes. Transpirante, j’ai aperçu un brumisateur près d’une des machines. Je me suis aspergée le visage avec. En fait, c’était de l’Ajax. J’ai nettoyé mon vélo, l’air de rien.

La semaine dernière, j’ai traîné Sonia avec moi. Je l’ai laissée se vaporiser du produit nettoyant dans le cou. C’était méchant mais drôle. 

À ce stade-là, j’avais plutôt envie de m’enfuir que d’aller faire un tour à la muscu mais j’ai pris mon courage à deux mains avec mes yeux rougis. Là, c’est un master 2 en fitness qui m’aurait été utile. Sur la plupart des engins, impossible de savoir comment positionner son corps. Je n’ai donc utilisé que les machines sur lesquelles des gens venaient de terminer pour ne pas me ridiculiser davantage. Heureusement, sur chaque machine est collée une étiquette indiquant les parties du corps sollicitées. C’est déjà ça. 

La semaine dernière, j’ai traîné Sonia avec moi. Je l’ai laissée se vaporiser du produit nettoyant dans le cou. C’était méchant mais drôle. Je crois qu’elle ne reviendra pas. Avec nous, dans le vestiaire, il y avait une dame un brin âgée, elle devait frôler les 70 ans. Elle s’est déshabillée devant nous et là, Sonia m’a glissé à l’oreille: “Ah ouais, ça tourne comme ça? Même quand tu fais du sport? Ben, tu sais quoi, je préfère pas me faire chier alors.

Romy Idol


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