y comme romy

Le (délicat) moment de faire sa valise

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

© Louison pour Cheek Magazine


La valise, c’est mon cauchemar quand les vacances approchent. Je regrette l’inventaire qui, à l’époque de mes 8 ans, me simplifiait grandement la tâche quand je partais en colonie. Deux semaines avant mon départ, je commence déjà à y penser. La durée de mes congés étant proportionnelle à la difficulté de boucler cette fichue valise. Cette semaine, je pars 3 semaines, soit, sur l’échelle de la complexité de ladite chose, un bon 8/10. Et, si mes deux destinations estivales commencent toutes les deux par un B, c’est bien leur seul point commun: je vais d’abord à Barcelone et je finis par Brest. Autant vous dire que, cette année, mon sac va ressembler au pire casse-tête de la Terre et que je vais forcément passer par les trois étapes suivantes:

 À minuit, la veille du départ, je lance une machine car je me rends compte que la moitié de ce dont j’ai besoin se trouve dans le bac à linge sale.

 

1. La nuit blanche 

Avant de faire mon sac, mon plus gros problème, c’est toute l’énergie que j’emploie à procrastiner et à repousser le plus tard possible l’épreuve tant redoutée. Malgré ma joie de partir en vacances, je m’y prends systématiquement au dernier moment. Au lieu de commencer la veille de mon départ vers 19 heures, je m’y mets vers minuit et demi, c’est-à-dire à l’heure où je devrais aller me coucher car mon avion est à 8 heures le lendemain matin. C’est en général ce moment-là que je choisis pour lancer une machine car je me rends compte que la moitié de ce dont j’ai besoin se trouve dans le bac à linge sale. Heureusement, ma technique de séchage rapide est au point: à 2 heures du matin, je pousse les radiateurs au maximum et pends un max de fringues dessus. Écologie: 0 / Odeur de crâmé: 1. Vers 4 heures du mat’, épuisée, je commence à confondre les shorts avec les soutifs et je me jure de ne plus jamais faire ça à la dernière minute. Vers 5 heures, j’ai le temps de siester 20 minutes avant de prendre le RER pour l’aéroport.

C’est l’escalade: j’ai sorti 5 pantalons, 4 jupes, 6 robes, 11 maillots de bains, deux paires de palmes et j’envisage sérieusement que ça va passer.

 

2. Le déni 

Pour mon plus grand malheur, je ne connais pas la signification de l’expression “voyager léger” et j’admire les gens qui disent “un pantalon, c’est bien suffisant pour trois semaines” ou “en vacances, je n’ai besoin de rien si ce n’est un maillot de bain” et qui s’y tiennent vraiment. Quand je commence à mettre toutes mes fringues sur le lit pour avoir une vue d’ensemble, j’essaye d’abord de me raisonner: “Un short, ça suffit, OK. Un pull, OK. Une robe, OK, etc.” Sauf que, très vite, je me demande pourquoi j’ai choisi le short A et pas le short B, convaincue que je vais finir par le regretter. Du coup, je prends aussi le short B. Et le short B finit par ouvrir la porte au short C. Ensuite, c’est l’escalade: j’ai sorti 5 pantalons, 4 jupes, 6 robes, 11 maillots de bains –dont un que je n’ai pas porté depuis la 3ème-, deux paires de palmes et j’envisage sérieusement que ça va passer. Face aux trois quarts de mon placard bien disposés sur le pieu, je réfléchis à la façon dont je vais faire rentrer le tout dans mon sac de voyage 35 litres. Et, contre toute raison, j’ai le micro-espoir que ce soit possible.

De l’aspi-venin au Dafalgan en passant par le bracelet anti-moustique, j’emporte une trousse à pharmacie digne de celle du Docteur Quinn.

 

3. L’angoisse de l’oubli

Je suis du genre à vouloir parer à toute éventualité sur place et j’ai donc une sérieuse tendance à m’embarrasser de choses qui ne sortiront pas une seule fois de mon sac pendant le séjour. Quand je prépare ma valise, j’évalue mentalement toutes les situations dans lesquelles je pourrais me trouver. Mon hypocondrie joue alors un rôle-clé. De l’aspi-venin au Dafalgan en passant par le bracelet anti-moustique, j’emporte une trousse à pharmacie digne de celle du Docteur Quinn, occultant ainsi le fait que je ne vais pas passer mes vacances dans le désert mais à Brest.

Dans la même veine, je suis convaincue que, pendant ces vacances, je vais me mettre au footing -alors que je n’en ai jamais fait: je fourre mes baskets immaculées, car jamais utilisées, et mon jogging, neuf lui aussi, dans le sac, me voyant déjà courir à l’aube sur la place de La Barceloneta. Une fois là-bas, alors que je meurs d’envie d’acheter ce paréo multicolore fluo -que je ne remettrai jamais dans la vraie vie-, j’ai envie de les bazarder pour gagner de la place. Dans mon obsession des détails, j’oublie évidemment le principal. Au choix, ma brosse à dents ou la crème solaire. Bon, je vous laisse, je pars demain et je dois faire mon sac.

Romy Idol 

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


1. J’ai couché en anglais

Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy Idol, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

2. L'Euro 2016 et moi

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

3. J’ai couché avec mon voisin

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

4. La sortie d'hibernation

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

5. Le bad hair day

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

6. Le mec collant

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine

7. Ma peur incontrôlable de l'avion

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Louison pour Cheek Magazine