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Le job de rêve

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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Il n’y a rien qui m’énerve plus que ces gens qui t’expliquent qu’ils détestent leur métier, qu’ils rêveraient de tout plaquer, et dont je sais pertinemment qu’ils ne le feront jamais. Comment je le sais? Tout simplement parce que jusqu’à présent, les personnes qui ont changé de vie me l’ont annoncé une fois que c’était fait. Pas avant. Par exemple, un jour, j’ai croisé Karine, qui m’a sorti: “Tiens, je t’ai pas dit, j’ai quitté les assurances pour me consacrer à mon rêve de gamine: je suis devenue boulangère.” Une autre fois, c’est Benjamin qui m’a lâché au détour de la conversation: “J’en pouvais plus de la banque, je me suis enfin jeté à l’eau pour ouvrir un magasin de vin.” Depuis, je sais que c’est possible de faire un virage professionnel à 180°, mais comme pour les frites McCain, j’ai tendance à penser que ce sont ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus, autrement dit qui passent à l’action. Les autres se contentent de fantasmer une vie et des métiers, parmi lesquels reviennent très régulièrement les 5 suivants.

 

Rédiger des guides de voyages

Généralement, la personne qui rêve de faire ça a 5 semaines de congés payés à tout casser par an et a du mal à poser une demi-journée le reste du temps. Elle se souvient avec nostalgie de ses vacances sac au dos en Grèce l’été de ses 18 ans et rêve de remettre ça, alors que tous les mois d’août, elle part en all-inclusive à Punta Cana. Pour elle, guide touristique rime avec liberté et gratuité (des hôtels et des restaurants). Jusqu’au jour où elle prend conscience que partir six semaines tester tous les bouibouis du Cambodge peut s’avérer lassant, et qu’il vaut mieux laisser ça aux vrais passionnés de la civilisation Khmer.

Ce qui finit par arriver: cette personne s’offre une croisière de luxe pour son voyage de noces.

Les wannabe barmans/barmaids pensent tournées de bières, fêtes permanentes, filles et garçons à profusion, avant d’entendre parler licences, charges patronales et semaine de 60 heures.

Ouvrir un bar

Voilà un fantasme que possèdent beaucoup de piliers de bar n’ayant pas réalisé que, de l’autre côté du comptoir, la personne qui les sert le fait contre un salaire et se réjouit de quitter son lieu de travail à 2 heures du matin, pendant qu’eux cherchent un endroit où poursuivre la fête. Les wannabe barmans/barmaids pensent tournées de bières, fêtes permanentes, filles et garçons à profusion, avant d’entendre parler licences, charges patronales et semaine de 60 heures, ce qui a tendance à les calmer.

Ce qui finit par arriver: ils prennent des parts dans le bar en bas de chez eux et restent aux 35 heures.

        

Créatrice de bijoux

Ce genre de reconversion est le plus souvent envisagée par des filles “hyper manuelles” et “hyper créatives” qui s’ennuient ferme au boulot. Elles ont toujours su se looker mieux que les autres, fabriquent leurs propres bijoux le week-end et imaginent déjà leurs futures success stories d’entrepreneuses ayant tout plaqué. Jusqu’à ce que leur copine qui a sauté le pas leur avoue qu’elle a fait 234 € de chiffre d’affaires le mois dernier.

Ce qui finit par arriver: elles déchirent leur lettre de démission et s’inscrivent à un atelier joaillerie tous les jeudis soir.

 Le monde est rempli de stars de la littérature qui s’ignorent et que la littérature ignore.

Écrivain

Voilà le job de rêve le plus énervant à s’entendre décrire, car il concerne une personne sur deux. Entre celui qui est persuadé d’avoir un talent inexploité parce qu’il avait toujours 18 à ses rédactions, et celle qui tient son journal depuis l’adolescence en espérant secrètement qu’il sera un jour publié, le monde est rempli de stars de la littérature qui s’ignorent et que la littérature ignore. En général, ils ont un manuscrit inachevé qui moisit dans leur tiroir mais continuent inlassablement de se faire le film de leur premier rendez-vous avec un éditeur. Jusqu’à ce qu’ils rencontrent quelqu’un qui a travaillé six ans sur un roman vendu à 90 exemplaires.

Ce qui finit par arriver: ils entament un deuxième manuscrit qui moisit à côté du premier dans le plus grand secret.

 

Être à son compte

En réalité, c’est celui-ci le job de rêve le plus énervant à s’entendre décrire, car il ne veut strictement rien dire. À chaque fois que j’entends quelqu’un expliquer d’un air hyper pénétré “je ne sais pas ce que je pourrais faire d’autre, mais j’aimerais trop me mettre à mon compte”, je pense à cette réplique du Péril Jeune où le benêt sportif Chabert lâche: “Moi je rêve d’être champion du monde. Je ne sais pas de quoi, mais du monde.

Juste après, je me félicite intérieurement de n’avoir jamais eu l’ambition de changer de vie. Au moins, je ne soûle personne avec des pseudo-projets; et en plus, je sais que cette année, tous mes week-ends seront libres.

Romy Idol

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


1. J’ai couché en anglais

Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy Idol, c’est nous en pire.
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2. L'Euro 2016 et moi

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
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3. J’ai couché avec mon voisin

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4. La sortie d'hibernation

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5. Le bad hair day

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6. Le mec collant

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7. Ma peur incontrôlable de l'avion

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
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