y comme romy

Le premier dîner avec les potes de Jules

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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Presque un mois que Jules et moi sortons ensemble. On a déjà passé pas mal de premières étapes: la request Facebook, le premier rencard, la première panne sexuelle et la première nuit de cul pour n’en citer que quelques unes. Le dîner avec ses amis est donc la prochaine sur la liste et pas franchement la plus agréable. Je me suis faite à l’idée le matin où il m’a balancé nonchalamment: “Ça te dit de bouffer avec mes potes ce soir?” Et moi de répondre à la cool: “Carrément, avec plaisir!” Dans ma tête, j’ai pensé “plutôt vomir”. 

On va être combien?

C’est juste avec mes meilleurs potes.

Ah, on sera en petit comité alors?

Ouais, six ou sept, quoi.

J’ai failli recracher mon jus d’orange et à partir de ce moment-là, j’ai été tentée de prendre un avion pour le Sri Lanka dans l’après-midi en me disant que, pour éviter ça, ça valait le coup de changer de vie. Sauf que, sur mon compte en banque, je n’ai pas de quoi payer un dixième du prix du billet et en plus, j’aime bien Jules. Alors j’ai répondu: “Cool, j’ai trop hâte.” En sachant pertinemment qu’il ne fallait pas que je me rate. Le premier dîner avec les proches de ton mec, c’est pire qu’un entretien d’embauche puisque, a priori, ça dure beaucoup plus longtemps: tu en prends pour au minimum trois heures. Ensuite, c’est comme le permis, tu ne sais pas tout de suite si tu as réussi l’épreuve ou pas. Je sais que je vais être scrutée de bout en bout du repas et que le lendemain, ils vont créer un chat de groupe sur Facebook pour débriefer le repas. Du coup, compliqué, à moins d’être totalement inconsciente, d’y aller détendue.

Je regarde le menu avec autant de perplexité que s’il s’agissait de ma déclaration de revenus.

Le soir venu, les trois-quarts de mon placard se sont échoués sur mon lit. J’ai tout essayé pour finir par mettre un jean, un t-shirt blanc et des baskets. J’aurais dû y penser avant mais je suis dans l’incapacité de réfléchir depuis 16 heures tellement l’angoisse est montée du fil de la journée. J’ai le ventre aussi noué qu’avant d’aller faire une prise de sang, sauf que là, je vais devoir avaler quelque chose.

Je demande à Jules si l’on peut se rejoindre avant pour ne pas arriver seule au restaurant. Ça ne m’évite pas ce moment particulièrement gênant: en poussant la porte de l’italien, je les vois, ils sont déjà tous là, et me scannent de haut en bas. Heureusement pour moi, ils ne sont que trois et la table est pour cinq donc c’est moins atroce que ce que j’avais imaginé. Je lance un “Bonjour” enjoué tout en rougissant jusqu’aux oreilles. Pas de chance, j’hérite de la chaise devant laquelle il n’y a personne -de l’inconvénient d’être en nombre impair en présence d’une table rectangulaire. Le dîner va être long.

Les private jokes s’enchaînent et à force de sourire, je frôle la crampe de mâchoire.

Jules commence à parler boulot avec ses amis et je suis vite larguée. Je regarde le menu avec autant de perplexité que s’il s’agissait de ma déclaration de revenus. J’ai l’impression de revivre ma rentrée en CP et ne pense qu’à une seule chose: comment vais-je intégrer cette conversation? Jules, gentil, réussit à diriger la discussion sur mon travail: “Romy bosse dans une agence de voyages, elle est community manager.” “Commu…Quoi?” À peine 40 secondes d’explications plus tard, j’ai le droit à “Ah oui, ces nouveaux boulots fictifs, haha!” J’ai envie de me terrer dans une grotte. “Et vous, vous vous êtes rencontrés comment?” “Dans une soirée”, répond Jules. “Ah, comme avec Léa.” Silence. Malaise. Je fais mine de ne pas entendre alors que le serveur vient prendre notre commande. J’évite consciencieusement tout plat contenant du persil sous peine de voir ma gencive se transformer en pelouse fraîchement tondue et j’opte pour une pizza reine.

Les voilà repartis dans leurs histoires de collège, de premières cuites. Les private jokes s’enchaînent et à force de sourire, je frôle la crampe de mâchoire. Je compte le nombre de mots que j’ai dits depuis que je suis arrivée: 9. La prochaine fois, je vise les 18. 

Romy Idol


1. J’ai couché en anglais

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2. L'Euro 2016 et moi

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3. J’ai couché avec mon voisin

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4. La sortie d'hibernation

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5. Le bad hair day

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6. Le mec collant

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7. Ma peur incontrôlable de l'avion

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