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Les enfants (des autres)

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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J’ai toujours eu un faible pour tout ce qui se rapproche d’une poussette ou d’une tétine, et tout ce qui, plus généralement, est mignon (Jean-Paul Sartre, mon chat, ceci est une dédicace pour toi). Je fais partie de ces filles qui se retournent sur n’importe quel bébé en fantasmant sur le jour où elles seront elles-mêmes mamans. En tout cas j’en faisais partie jusqu’au printemps 2014. Depuis que j’ai passé une partie de mes vacances avec mon grand frère, sa femme et leurs potes, à savoir dans une maison remplie d’enfants, je suis en plein changement de clan: je rejoins lentement mais sûrement la team de ceux qui ne peuvent pas saquer les gamins des autres. Ceux qui soufflent très fort dans le train quand Choupi met son DVD à fond, ou ceux qui sont excédés par la table des petits en train de retourner le resto. Car, pour la première fois, cet été, j’ai vu clair dans le jeu de ces mini-êtres: ils sont venus au monde pour tyranniser les adultes et les réduire en esclavage.

Le programme culturel se résume à leurs deux histoires préférées du moment, qu’on est obligés de leur raconter sept fois par jour.

En bons despotes, leur prise de pouvoir commence par un lavage de cerveau doublé d’une propagande intellectuelle. Aux orties, le Prix Goncourt qu’on espérait savourer sur la plage: en vacances, le programme culturel se résume à leurs deux histoires préférées du moment, qu’on est obligés de leur raconter sept fois par jour. Quand on a de la chance, on tombe sur Madame Chipie. Sinon, on se cogne cet imbécile de Petit Ours Brun. Musicalement, le niveau n’est pas meilleur. Combien de parents se sont plaint -mais discrètement, en l’absence de cette progéniture qui les terrifie- de la BO de La Reine des Neiges qui a pourri un certain nombre de trajets estivaux en voiture. Drôle, quand on sait que j’ai moi-même entendu Libérée, délivrée pendant les vacances, lorsque je me suis retrouvée un matin en after gay (OK, le DJ avait pris beaucoup de drogue).

Les enfants ont ce don de faire aimer n’importe quoi à leurs parents, même les trucs les plus moches.

D’une façon générale, les enfants ont ce don de faire aimer n’importe quoi à leurs parents, même les trucs les plus moches: en témoignent les dessins affreux qui ornent les murs de certains appartements, ou encore cette horde de gens arborant depuis des mois des bracelets en élastiques multicolores. Oui, j’ai bien dit en élastiques multicolores. Toute personne non embrigadée remarque du premier coup d’œil que ces bijoux sont une aberration vestimentaire, mais les principaux intéressés préfèrent essayer de convaincre les nullipares d’adopter cette pseudo-tendance sortie de la cour de récré. Leur argumentaire me fait le même effet que celui d’un végétarien accro au tofu qui voudrait me persuader de passer aux steaks de soja.

Je n’ai toujours pas intégré qu’en présence d’un enfant, mieux valait porter son jogging dégueulasse que son dernier achat. Et surtout ne pas espérer raconter une histoire en moins de 35 minutes.

Autre preuve irréfutable de l’assujettissement organisé par les enfants: le culte de la personnalité dont ils sont l’objet. Pas un rendez-vous avec leurs parents sans qu’on échappe aux 42 photos prises dans la semaine. Si, par bonheur, le bambin est là, il n’arrête pas d’interrompre la conversation, et le plus souvent, ses géniteurs trouvent extraordinaire tout ce qu’il dit ou fait. Même quand il se met à cracher sa compote sur ma robe toute neuve. Je l’avoue, je n’ai toujours pas intégré qu’en présence d’un enfant, mieux valait porter son jogging dégueulasse que son dernier achat. Et surtout ne pas espérer raconter une histoire en moins de 35 minutes. Ce qui est particulièrement frustrant les jours où j’ai envie de débriefer mon rencard de la veille. Mais de toute façon, il est très délicat d’aborder ce genre de sujet quand les “bouts de chou” sont là, puisque je n’ai pas le droit de prononcer les mots “cul”, “bite” ou “bourrer la gueule” devant eux, ce qui, je le reconnais, rétrécit considérablement mon champ lexical.

Peu importe leur nombre, un seul moins de dix ans suffit à bouleverser le rythme de toute une maisonnée.

Mais la plus grande découverte de mes vacances à proximité d’enfants, est la prise de conscience du pouvoir qu’ils exercent sur le planning collectif. Peu importe leur nombre, un seul moins de dix ans suffit à bouleverser le rythme de toute une maisonnée. Entre le biberon du matin, le déjeuner (à l’heure où je me lève), le bain, la sieste, le goûter du matin, le goûter du soir, les fenêtres de tir pour faire autre chose que changer les couches et se coltiner Petit Ours Brun sont étroites. Sans parler du pouvoir plus large qu’ils exercent sur le planning des entreprises françaises. Heureusement que la rentrée (scolaire) a eu lieu et qu’on va tous pouvoir reprendre une activité normale, parce que là, ça devenait compliqué de caler une réunion entre untel qui est en vacances depuis sept semaines et untel qui n’a pas de nounou. Comme j’ai dû boucler une dizaine de dossiers depuis que les vacances scolaires ont commencé, je suis soulagée que le reste de mon équipe quitte enfin l’espace-temps des enfants pour se remettre au boulot. Le problème, c’est que, depuis qu’ils sont revenus, j’ai eu le droit à toutes leurs photos de vacances en famille.

Romy Idol

Y comme Romy
Romy, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot. Ed. Robert Laffont


1. J’ai couché en anglais

Un mois que je suis rentrée de vacances et que je ne pense qu’à une chose: y retourner. Le réveil le matin, les embouteillages et les gens énervés, mes marques de bronzage qui s’effacent progressivement… je vois bien que l’été commence à être un lointain…
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2. L'Euro 2016 et moi

Vous faites quoi ce soir, vous? Moi, j’ai foot. Vous imaginez bien que ça ne m’arrive que rarement, mais comme à chaque événement footballistique majeur, j’ai été rattrapée par l’effervescence collective (= je n’ai aucune personnalité et je suis le mouvement), et me voilà à…
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3. J’ai couché avec mon voisin

Vous en avez rêvé, eh bien je l’ai fait. Je viens de me taper mon voisin de palier -enfin le palier du dessous. Je ne vais pas vous mentir, c’était une expérience fort sympathique, surtout que, comme tout le monde, j’ai souvent fantasmé sur ce…
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4. La sortie d'hibernation

Je sais, vous vous êtes demandé où j’étais passée ces derniers temps, et certains d’entre vous se sont peut-être même risqué à des hypothèses sur ma disparition virtuelle. Alors pour ceux qui me voyaient déjà tombée dans la faille spatio-temporelle de la love story (vous…
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5. Le bad hair day

Je ne sais pas comment vous vous entendez avec vos cheveux, mais moi, avec les années, j’ai développé un rapport amour/haine complètement névrotique à mes tifs, qui me pourrit la vie à chaque moment important où je dois envisager d’en faire quelque chose de soigné,…
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6. Le mec collant

La dernière fois que je vous ai parlé de mes histoires de cœur, j’étais fraîchement célibataire. Et comme je ne fais pas partie de ces personnes qui changent de mec comme de chemise, eh bien, je suis toujours célibataire. Soupir. Pourtant, tout avait bien commencé:…
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7. Ma peur incontrôlable de l'avion

Cet été, je suis partie à Barcelone. Si j’avais été seule, j’y serais allée en bus. Si j’avais été encore avec Jules, je l’aurais supplié de louer une voiture –qu’il aurait conduit puisque je n’ai toujours pas le permis. Sauf que j’y suis allée avec…
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