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Le mauvais coup universel

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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Parfois, j’ai de la chance, et sur un malentendu, je rencontre le bon coup universel. Mais d’autres soirées sont moins fastes et me ramènent à ma condition d’être sexué en manque de coïts. Et me rappellent que pour un bon coup universel, il y a environ dix mauvais coups universels en liberté dans la nature. Xavier fait partie de ceux-là, sauf qu’évidemment, je ne l’ai découvert que trop tard, une fois qu’il m’était impossible de m’évader de ses draps aussi insipides que lui.

Pourtant, quand je le rencontre à cette énième fête de 30 ans, je suis loin de soupçonner que Xavier fait partie des “5 minutes, douche et ennui compris”. On danse, on rit, je passe une heure à lui faire des blagues pourries sur l’initiale de son prénom qui augure de bonnes fins de soirées. Bref, je suis confiante et sous le charme. Xavier finit par me coincer dans la cuisine et commence à (très bien) m’embrasser, ce qui ne me laisse pas présager de la suite catastrophique qui m’attend.

Le mauvais coup universel, c’est l’employé médiocre du cul.

La différence entre nous, c’est que, pour moi, la partie ne fait que commencer, tandis que Xavier quitte la fête en ayant l’impression d’avoir déjà tout gagné. Il a chopé, donc plus besoin de bosser. Le mauvais coup universel, c’est l’employé médiocre du cul. C’est le salarié de base qui se pointe à 9h01, repart à 17h59 et prend deux heures de pause déjeuner. Il fait son job, ni plus ni moins, sans aucune motivation ni créativité.

Quand je débarque chez Xavier, donc, il n’est pas question pour lui de prolonger le before. Pas de dernier petit verre accompagné de pelotage adolescent sur son canapé, ce sera la chambre directement, et même le lit plus précisément. Je commence à comprendre que je me suis emballée, mais j’ai toujours le secret espoir qu’il va me surprendre. J’ai un côté bisounours -mon psy appelle ça le déni- qui me pousse à croire aux miracles dans les moments désespérés. Particulièrement quand un début d’ébats est aussi excitant qu’un discours de Jean-Marc Ayrault.

En parfait mauvais coup universel, Xavier est prêt à bâcler son dossier du samedi soir, sans préliminaires ni câlins, et ce dossier c’est moi.

Après m’avoir embrassée rapidement, Xavier arrête tout et commence à se déshabiller. Méticuleusement, il retire son t-shirt, sa ceinture, son pantalon, ses chaussettes et ses chaussures, mais il faut croire qu’il lui reste un semblant de pudeur puisqu’il garde son caleçon. Oscillant entre l’ahurissement et le fou rire (très peu aphrodisiaque, il faut bien le dire), je m’absente quelques instants de la scène qui est en train de se jouer, pour observer ce qui ressemble à un couple marié depuis vingt ans s’apprêtant à faire son devoir conjugal.

Mais je reviens à la réalité et réalise, que là, tout de suite, ce n’est pas ma voisine de 58 ans qui est sur le point de passer à la casserole, mais bien moi. En parfait mauvais coup universel, Xavier est prêt à bâcler son dossier du samedi soir, sans préliminaires ni câlins, et ce dossier c’est moi. Seul point positif: Xavier ne fait pas partie de la main d’œuvre récalcitrante de la capote. Contrairement à d’autres, lui ne fait pas de vagues sur le sujet et se protège, c’est déjà ça.

Xavier semble obsédé par un seul objectif, qui résume -en tout cas pour lui- le rapport sexuel: faire entrer son pénis dans mon vagin.

Pour le reste, il n’y a rien à sauver. J’ai beau essayer de ralentir la cadence et de reprendre la main, Xavier semble obsédé par un seul objectif, qui résume -en tout cas pour lui- le rapport sexuel: faire entrer son pénis dans mon vagin. Tout le reste n’est que fioriture et efforts inutiles alourdissant sa tâche d’employé médiocre du cul.

Lasse, je renonce à croire aux miracles, et à mon orgasme, et le laisse achever son missionnaire exactement comme il l’a commencé: mal. De toute façon, je suis complètement redescendue, alors autant en finir, et le plus rapidement possible. J’en viens à me demander pourquoi Xavier m’a invitée chez lui au lieu de se contenter de sa main droite, il m’aurait fait gagner du temps et de l’énergie, pour un résultat similaire. À ce moment-là et pour la première fois de la soirée, il comble mes attentes: en quelques minutes, c’est plié. Et comme Xavier ne fait jamais de zèle, ni en réu, ni au pieu, il s’endort immédiatement, limite en me tournant le dos. Je pourrais être vexée, mais j’y vois juste un indice supplémentaire du manque d’assiduité évident qui caractérise le travail de ce jeune homme. Et j’en profite pour me casser sans faire moi non plus le moindre effort.

Romy Idol

Y comme Romy 
Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot
Robert Laffont


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