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Le mec collant

Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
© Louison pour Cheek Magazine
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La dernière fois que je vous ai parlé de mes histoires de cœur, j’étais fraîchement célibataire. Et comme je ne fais pas partie de ces personnes qui changent de mec comme de chemise, eh bien, je suis toujours célibataire. Soupir. Pourtant, tout avait bien commencé: après un début d’été très Tinder, j’ai profité de mes vacances entre meufs à Barcelone pour approfondir mes connaissances en Espagnols. Les mecs, pas la langue. Et puis je suis rentrée, j’ai recommencé à bosser, à rencontrer des gars qui ne me plaisaient pas, à me dire que je finirais ma vie toute seule avec un pot de Nutella.

Mon ego a grand besoin d’être flatté et cette avalanche me redonne instantanément le modjo.

Jusqu’à ce que je tombe sur Baptiste à un concert. Ce soir-là, le groupe a une bonne heure de retard, ce qui nous laisse le temps de bien nous mater -je le trouve tout de suite charmant- puis d’engager la conversation. Il est plutôt bavard, il me fait rire, et surtout, il est entreprenant puisqu’il prend direct mon numéro de téléphone… j’ai l’espoir que la roue tourne à nouveau. Au fil de la soirée, nos groupes de potes s’éloignent petit à petit, mais nos regards se croisent régulièrement, et en rentrant chez moi, j’ai déjà un texto. Pour l’instant, impossible de me douter que j’entame une correspondance avec le prétendant le plus collant que j’aie croisé depuis que j’ai repoussé les avances incessantes de Lulu en grande section de maternelle.

Les trois textos qui m’attendent à mon réveil ne m’effraient pas davantage: mon ego a grand besoin d’être flatté et cette avalanche me redonne instantanément le modjo. Ma journée est rythmée par ses SMS, tant et si bien que je finis par accepter de le retrouver pour un apéro last minute. Et là, c’est le drame. Aveuglée par mon envie de pécho (je ne vois pas d’autre explication), je ne me suis pas rendu compte que Baptiste n’avait fait que parler de lui jusqu’à présent.

Dans le guide pratique universel de la drague, il est bien connu que le silence ne fait pas fuir, bien au contraire.

Ce verre improvisé me permet de mesurer l’étendue du désastre: au bout d’une heure, je sais tout de son ex et de sa mère, et il ne connaît toujours pas mon âge. Je prétexte une pote en pleine rupture pour fuir ce traquenard, mais il est bien trop tard pour échapper à l’offensive. Toute la soirée, je reçois des messages: je suis géniale, tellement sympa, tellement belle, tellement à l’écoute des autres. Il a raison sur ce point: avec lui, on ne peut pas dire que j’aie eu d’autre option que d’écouter, et me taire.

Concentrée sur mes épisodes d’Orange is the New Black, je fais la morte pendant des heures, misant sur la lâcheté en espérant ralentir le flux. Grossière erreur puisque dans le guide pratique universel de la drague, il est bien connu que le silence ne fait pas fuir, bien au contraire. De toute façon Baptiste ne fait pas partie de ceux qui tâtent le terrain mais de ceux qui le ravagent instantanément, sans se poser de questions.

Mon absence de réponse ne le freine pas, j’ai même le droit à: “Fidèle amie que tu es, tu ne regardes pas ton téléphone quand tu consoles tes proches, c’est tout à ton honneur, je pense à toi et t’embrasse très fort, bonne nuit ma belle”. À l’agacement succède une bouffée d’angoisse; moi qui souffre d’une peur chronique de l’engagement, je semble être bien mal tombée avec cette target qui se voit déjà faire ses cartons chez moi. Au moment de me coucher, je réalise que, parallèlement à la salve de textos, Baptiste m’a ajoutée sur Facebook et WhatsApp, m’a suivie sur Twitter, sur Instagram et même sur Linkedin.

Je contemple la succession de messages sans réponse qui s’affichent sur mon téléphone. Baptiste ne doit pas avoir de smartphone, sinon cette simple vue l’horrifierait.

Cet accès de stalking est plus que flippant et je passe la nuit à m’imaginer les pires scénarios de harcèlement. Je me félicite tout de même d’être passée sur liste rouge: normalement il ne va pas pouvoir m’attendre en bas de chez moi avec un bouquet de fleurs, ou pire avec une bague de fiançailles. Après une rapide consultation de Sonia, je décide de poursuivre la technique dite du “à force, il va bien finir par se lasser”, et contemple la succession de messages sans réponse qui s’affichent sur mon téléphone. Baptiste ne doit pas avoir de smartphone, sinon cette simple vue l’horrifierait. À moins qu’il n’ait tout simplement pas de dignité. Ni de bon sens. Entre deux textos enflammés, il m’envoie des hypothèses sur mon silence (trop occupée à m’occuper des autres, trop prise par ma carrière brillante, ou même tellement romantique que je prends mon temps, non mais allô quoi?).

Au bout d’une semaine de vibrations ininterrompues, je finis par tenter une réponse cash soufflée par ma collègue Valérie, grande experte en matière de boulets: “Si au bout de 38 SMS, une personne ne répond pas, 2 possibilités. 1) elle a perdu son téléphone 2) elle ne souhaite pas donner suite. Indice: je n’ai pas perdu mon téléphone.” Très fière de ce texte à tiroirs, je ne m’attends pas à recevoir, environ 15 secondes plus tard, cette réponse de Baptiste: “Trop content d’avoir de tes nouvelles, on se voit quand?

Romy Idol


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Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy Idol, c’est nous en pire.
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7. Le (délicat) moment de faire sa valise

Tous les vendredis, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.
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