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Par Pihla Hintikka et Elisa Rigoulet

L’égalité des genres commence par l’éducation de nos filles et de nos garçons 

Photo extraite de la publicité Super U de Noël 2015
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Qui fait à manger ce midi? Qui lance une machine? Qui range, passe l’aspirateur ou fait la liste des courses? Et par-dessus tout, à l’heure du télétravail généralisé, qui s’occupe des enfants? Le confinement a été notre grand tête-à-tête avec les inégalités de genre. En pleine crise, on nous a demandé de faire notre part et de faire de notre mieux pour le bien de tou·te·s. Et souvent, sans même nous demander pourquoi, nous l’avons fait, car nous croyons être à notre place dans ces performances de rôles: une femme, un homme, une mère, un père. Tout porte à croire pourtant au moment où nous avons été confiné·e·s pendant deux mois et plus, que dans l’espace du foyer et dans le cadre d’une union hétérosexuelle, père et mère ne sont pas logés à la même enseigne.

“Nous devons nous interroger sur les modèles que nous incarnons.”

Est-il normal que la mère se soit arrêté de travailler à midi pour penser à ce qu’elle allait préparer à manger pour sa famille? Est-il normal, s’ils tombaient au même moment, que le call du père ait été plus important et plus difficile à décaler que celui de la mère? Est-il normal que l’employeu·r·se de la mère ait mieux compris pourquoi elle n’arrivait pas à se consacrer à 100% à son travail car elle devait s’occuper de ses enfants? Est-il normal que l’employeu·r·se ait attendu du père qu’il se donne comme d’habitude à 100% dans le sien parce que bien sûr il avait quelqu’un pour s’occuper de ses enfants? Et si ce n’était pas le cas ou pas ce dont il avait envie? Est-il normal que souvent la mère ait pris sur elle, sur son temps, sur son énergie, sur sa fatigue, qu’elle ait inventé un espace dans sa tête qui n’existait pas car en plus de travailler et de faire à manger, d’occuper ses enfants quand ils ne dormaient pas, il a fallu qu’elle leur fasse la classe? Est-ce que c’est normal? Ou est-ce que c’est ce qu’on a attendu, ce qu’on attend d’elle, de lui?

Bien sûr, les lignes de ces répartitions doivent bouger dans la loi pour par exemple allonger et rendre obligatoire le congé paternité ou agir plus efficacement contre les violences faites aux femmes. Mais elles doivent aussi bouger chez nous, en nous, à l’intérieur de nos maisons. Et à l’heure où le tête-à-tête était aussi avec nos enfants, nous devons nous interroger sur les modèles que nous incarnons, sur ce que nous leur montrons de ce qu’est un homme et de ce qu’est une femme, de ce qu’est un père et de ce qu’est une mère, ce qu’il y a à garder et ce que nous pouvons changer. Avancer dans un monde plus égalitaire, c’est interroger l’éducation que nous donnons à nos filles et nos garçons, leur souhaiter de se sentir libre d’être ce qu’elles et ils veulent au-delà des attentes et des projections et pour ce qui nous importe ici, au-delà de leur sexe.

“En valorisant l’empathie et le dialogue chez les filles et la force et la performance chez les garçons, nous leur montrons que leurs rôles dans la vie ne sont pas les mêmes et donc ne sont pas égaux.”

Notre société veut que les garçons soient des garçons, que les filles soient des filles, que les mères soient des mères et que les pères soient des pères, selon un ordre binaire préétabli qui est à l’origine de l’une des plus grandes inégalités au monde, la plus invisible et la plus inconsciemment reproduite: celle qui veut que les femmes gagnent à poste équivalent toujours moins que les hommes, qu’elles consacrent toujours plus de temps en moyenne à la gestion du foyer, ou que toujours plus de mères que de pères déclarent que leur activité professionnelle a été modifiée par l’arrivée de leur enfant. Ces faits ne sont pas irrévocables, mais ils ne sont pas sans conséquences non plus. Ils sont le fruit d’une éducation inégalitaire entre les filles et les garçons qui commence, pourrait-on dire, à l’aube de la vie.

“Les garçons ne pleurent pas”. “Le rose c’est pour les filles”. “Les garçons sont courageux”. “Les filles sont sages”. “Les garçons ne portent pas de barrettes”. “Les filles ont les cheveux longs”. “Les garçons ne jouent pas à la poupée”. “Les filles ne jouent qu’à la poupée”. Nous l’avons tou·te·s dit, entendu ou pensé car c’est ce que nous avons appris. Ce que nous ne savons pas toujours, c’est que ces préjugés ont des conséquences profondes sur l’épanouissement futur de nos enfants, dans la sphère affective, sociale et professionnelle. Car en valorisant l’empathie et le dialogue chez les filles et la force et la performance chez les garçons, nous leur montrons que leurs rôles dans la vie ne sont pas les mêmes et donc ne sont pas égaux. Par ces réflexes de langage et ces gestes anodins, on encourage sans le savoir les inégalités de genre dans le monde de demain: les inégalités de salaires, les inégalités de congés parentaux, les inégalités dans la vie domestique, les inégalités dans les relations affectives

“Dénonçons ce qui est injuste, inégalitaire et sexiste.”

Lutter contre les injustices de genre est à la fois individuel et politique. Ça se passe chez nous, dans nos couples, dans notre travail, dans l’éducation que nous menons auprès de nos enfants, dans notre langage, dans nos habitudes, mais pas que. C’est ancré dans les moindres sphères sociales et dans les moindres institutions. Ce combat n’est pas seulement la responsabilité de celles et ceux qui subissent le plus ces inégalités. Elle est également la responsabilité de celles et ceux qui occupent des positions de privilèges. Elle est nôtre et passe d’abord par une prise de conscience de nos propres rôles. Être mère, père, femme, homme, fille ou garçon sont des constructions sociales qu’on reproduit tous les jours sans s’en rendre compte. C’est pourquoi nous avons envie de les comprendre, car comprendre, c’est nourrir un peu d’espoir, et l’espoir, pensons-nous, est contagieux.

Alors, disons oui à nos fils s’ils veulent faire de la danse et oui à nos filles si elles veulent faire du foot. Mais bien plus encore! Laissons nos garçons pleurer et porter du rose, apprenons-leur que l’empathie et l’expression de la tendresse sont une qualité humaine dont ils doivent être fiers, félicitons le courage, la force et l’ambition de nos filles au lieu de complimenter systématiquement leur physique et leur sagesse. Encourageons nos enfants à défaire ces codes, à choisir pour eux et elles-mêmes, dénonçons ce qui est injuste, inégalitaire et sexiste, car il faut leur dire, le dire. Créons activement de nouveaux modèles, montrons leur avec nos propres rôles qu’on n’est pas obligé·e·s d’être dans les normes. C’est difficile, ça paraît parfois insurmontable, mais il faut essayer et se répéter, leur répéter qu’on a le droit d’être autre chose, qu’on a le droit d’être ce qu’on veut.


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