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7 rappeuses musulmanes qui défient les clichés sur l'islam

Si hip-hop et islam semblent antithétiques, certaines artistes concilient parfaitement les deux et ont fait de ce paradoxe une vraie force. Voici 7 rappeuses musulmanes qui défient les clichés sur l’islam.
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Mona Haydar (États-Unis/Syrie)

Cheek vous en parlait il y a quelques semaines. Début avril, Mona Haydar échaudait la toile avec son clip Hijabi (Wrap My Hijab). La MC syro-américaine, enceinte de huit mois et voilée, y appelle les femmes musulmanes à s’unir, tout en dénonçant les discriminations qu’elles subissent tous les jours. Le titre fustige notamment la connotation “exotique” que l’occident associe au hijab, réduisant les femmes qui le portent à des êtres dangereux ou opprimés. La rappeuse promeut ainsi un féminisme pluriel, sans frontières et sans hiérarchisation des luttes.

 

Sonita Alizadeh (Afghanistan)

Paradoxalement, c’est à un endroit où les femmes n’ont pas le droit de chanter -Téhéran-, que Sonita Alizadeh a découvert le hip-hop. Désormais installée à Salt Lake City aux États-Unis, la jeune Afghane, héroïne d’un documentaire germano-helvético-iranien réalisé par Rokhsareh Ghaem Maghami et sorti en octobre 2016, se bat contre le mariage forcé, auquel elle a elle-même échappé. Dans son clip Dokhtar Forooshi (Mariées à vendre), la rappeuse apparaît en robe blanche, le visage recouvert de faux sang, et scande: “Dans ma ville, les femmes sont muselées. Moi je crie au lieu de la fermer.

 

Alia Sharrief (États-Unis)

Originaire de Sacramento en Californie et basée à Bay Area, Alia Sharrief est la fondatrice de The Hijabi Chronicles, collectif de femmes artistes de spoken word et de rap. Son but? Mettre en lumière les femmes musulmanes dans le hip-hop et rappeler qu’elles ont contribué au mouvement depuis sa création. Son single Who Ready, sorti en février 2015 et inspiré par Malcolm X, succède à son premier opus Mental Cycles and Mood Swings, où l’islam occupe une place centrale. La MC s’est aussi exprimée lors de la Women’s March pour dénoncer les positions sexistes et islamophobes de Donald Trump.

 

Poetic Pilgrimage (Royaume-Uni)

C’est à Bristol que Muneera Rashida et Sukina Abdul Noor se sont d’abord rencontrées avant de déménager dans la capitale britannique pour développer leur projet hip-hop Poetic Pilgrimage. Converties à l’islam en juillet 2005, quelques semaines après les attentats de Londres, les deux MCs d’origine jamaïcaine perçoivent la religion comme un facteur d’empowerment et font du rap un outil pour construire des ponts entre différentes communautés. “C’est important que les féministes soient solidaires des femmes musulmanes et ne les méprisent pas. On n’a pas besoin que les gens aient pitié de nous et nous aident à nous libérer. Vous n’irez pas en enfer si vous ne portez pas le foulard, c’est juste notre choix en tant que femmes occidentales.

 

Akilah Nehanda (États-Unis)

Akilah Nehanda ne twerke pas, mais a pourtant bien l’intention de se frayer un chemin sur la scène rap mainstream. Cette artiste musulmane de Houston promeut le respect de soi, la pudeur, et rejette les représentations de femmes-objets dont un certain hip-hop raffole tant. Diplômée de l’Université de Howard (surnommée “Black Harvard”), elle anime des ateliers visant à expliquer aux jeunes femmes qu’elles ont le choix d’être qui elles veulent et ne sont pas obligées de se conformer à ces codes.

 

Paradise Sorouri (Afghanistan)

Première MC en Afghanistan, Paradise Sorouri a fondé 143Band avec le rappeur Diverse, également son compagnon, avant de s’expatrier à Berlin. Depuis leur titre Nalestan, le duo n’a jamais cessé de défendre l’égalité femmes-hommes et la liberté d’expression. “Nos morceaux parlent principalement de la lutte contre les violences faites aux femmes et les mariages précoces, du droit à l’éducation, des droits des enfants, et surtout de répandre l’amour à travers le monde.

 

Salma Slims (États-Unis)

Beaucoup de gens pensent que je ne devrais même pas être rappeuse parce que je prie cinq fois par jour”, raconte Salma Slims. “C’est pour ça que ma famille a mis longtemps à accepter le fait que je fasse de la musique, parce que la pudeur et le rap n’ont a priori rien à voir.” Née à Atlanta de parents musulmans immigrés, la MC a très vite découvert que son seul nom de famille (Conteh) déclenchait des réactions racistes. Aujourd’hui, elle déplore dans ses textes l’amalgame que font les médias entre musulmans et terroristes et rappelle que “le vrai islam prône la paix”. 

Madame Rap 


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