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Littérature

Cinq ateliers pour se lancer dans l’écriture pendant le confinement

De nombreux ateliers d’écriture éphémères se sont montés un peu partout sur Internet depuis le début du confinement. Un bon moyen d’exprimer ses émotions pendant cette période compliquée.
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR

Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR


Vous avez toujours rêvé d’écrire mais vous ne savez pas par où commencer? Plusieurs autrices ont décidé de profiter de ce moment particulièrement anxiogène de nos vies pour lancer des ateliers d’écriture sur Instagram, Twitch, Skype ou Zoom. En dehors de toutes injonctions à la productivité, elles se sont rendu compte que ces espaces de liberté permettaient à beaucoup de se débarrasser de leurs insécurités et d’utiliser les mots pour exprimer leurs sentiments confus. Une manière aussi de se rassembler, de se concentrer sur une tâche et de faire des rencontres. Si vous avez envie de vous lancer à votre tour, nous vous présentons cinq initiatives lancées par des femmes qui pourraient vous aider à dépasser le syndrome de l’imposteur.

 

Le défi de Kiyémis sur Instagram

Lorsque le confinement a été annoncé, l’autrice et poétesse Kiyémis a tiré un trait sur l’atelier d’écriture qu’elle devait organiser à Paris autour du body positive. Après avoir échangé quelques DM à ce sujet avec un de ses followers sur Instagram, elle a décidé de lancer un atelier virtuel, Le Défi de Kiyémis. Après l’annonce d’un thème le lundi, elle organise un live Instagram le jeudi à 15h pendant plus d’une heure et poste régulièrement des story-conseils pour vaincre la page blanche ou le syndrome de l’imposteur. Chacun·e peut ensuite poster son texte le jeudi à 17h30 en utilisant le hashtag #LeDefideK. “La période est vraiment stressante donc j’ai voulu revenir à mes premières amours: l’écriture comme catharsis, explique Kiyémis. J’ai pensé à des copines à moi qui veulent écrire depuis longtemps mais qui ont du mal à s’y mettre. Je voulais vraiment instaurer une bienveillance autour de l’écriture, on veut se faire du bien en écrivant. Les textes proposés par ses followers ne tournent d’ailleurs pas forcément autour de la situation sanitaire ou sur le fait d’être confiné·e·s. “J’ai eu des textes politiques ou afroféministes mais pas seulement, explique-t-elle. Chacun·e s’est emparé·e de la situation à sa manière. Kiyémis insiste sur le fait qu’il n’y a aucune “pressiondans la démarche, seulement de la “bienveillance et une envie de valoriser chaque plume. Et de démocratiser toujours plus l’écriture.

Comment y participer? En suivant Kiyémis sur Instagram et en postant vos textes avec le hashtag #LeDefideK 

 

 
 
 
 
 
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J’étais déjà à ma troisième crise d’angoisse en pensant à cette histoire de confinement total quand soudain @scrounchie m’a réconfortée sur l’annulation de mon atelier d’écriture (y’a bien pire évidemment mais bon)et m’a soufflé cette idée. C’est comme ça que #LeDefideK est né ! C’est une forme d’atelier virtuel d’écriture où pendant une heure particulière, on pourra tous et toutes écrire ! La forme reste encore évolutive mais il y a plein de choses à réfléchir et j’ai hâte de commencer ! Toutes les infos sont dans ma story, où vous pourrez notamment voter entre deux thèmes en particulier ! Tout le monde est le/la bienvenu.e, pas de niveau requis, on est là pour s’amuser et essayer d’oublier que c’est la crise dehors ! #defiecriture #ecriturecreative #ledefidek

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Les ateliers d’Amélie Charcosset sur Zoom 

Amélie Charcosset est une habituée des ateliers d’écriture IRL. Lorsqu’elle a appris les mesures de confinement, elle a décidé de remplacer ces derniers par des ateliers virtuels sur Zoom. Autour d’un thème comme “Le courage”, chaque groupe de huit personnes travaille avec elle pendant trois heures sur de courtes productions littéraires. “Je dis aux gens qu’on peut traiter de ce qui se passe maintenant mais que ce n’est pas une obligation, explique-t-elle. Certain·e·s décident d’écrire pour s’échapper de la situation actuelle. Pendant trois heures, ces ateliers servent à retrouver une forme de concentration difficile à atteindre en ce moment. “Même hors confinement j’ai souvent des personnes qui arrivent en atelier en me disant qu’elles ont envie d’écrire mais qu’elles n’arrivent pas à s’y mettre. Ces groupes pendant le confinement permettent de retrouver de la concentration, nous sommes dans une bulle, nous créons ensemble. C’est aussi une manière de rencontrer de nouvelles personnes, ce qui est plutôt rare en ce moment! Pour Amélie Charcosset, l’écriture est aussi une manière de mettre des mots sur une période inédite et angoissante. “Nous sommes tous et toutes traversé·e·s par des émotions qui sont parfois nouvelles. L’écriture pose ça.La distance et le fait d’être confortablement installé·e à la maison permettent à de nouvelles personnes, qui n’osaient pas ou n’avaient pas l’occasion de s’inscrire jusqu’ici, de tenter l’aventure. “Le fait d’être à distance rend de nouvelles choses possibles”, explique-t-elle. Une petite raison de se réjouir dans l’océan de mauvaises nouvelles actuelles.

Comment y participer? En s’inscrivant sur sa page dédiée à ces ateliers de confinement.  

 

Les écrits confinés sur Instagram 

Depuis le début du confinement, la journaliste Paloma Clément-Picos gère le compte Instagram “Écrits confinés”. Chaque jour, elle propose un thème (“partir”, “nos corps”, “ma fierté”…) autour duquel quiconque peut plancher. Les petits textes envoyés par mail par les participant·e·s sont ensuite postés sur la page et lus par les 2600 abonné·e·s. “Pour moi, écrire est thérapeutique, explique Paloma Clément-Picos. Dans une période où il y a moins de choses à faire, écrire un court texte me fait du bien, cela m’emmène dans des endroits où je ne vais pas. Ça a un côté très libérateur. Écrire quelque chose le fait exister. Son compte Instagram n’a aucune vocation à alimenter une course à la productivité, mais plutôt à inviter qui le veut à se lancer dans l’écriture. Et ça marche. “Je reçois des messages de personnes qui me disent qu’elles n’ont jamais osé montrer leurs textes ou qu’elles ne se sentent pas légitimes, raconte Paloma Clément-Picos. Tout le monde a quelque chose à dire. Elle a reçu des textes de sa famille, de ses ami·e·s et de parfait·e·s inconnu·e·s de tous les âges. “Je réponds à tout le monde et certaines personnes me demandent un retour, de leur dire ce que je pense de leur texte. On en discute par mail.” Une œuvre collective qui compte actuellement plus de 180 publications.

Comment y participer? En regardant le thème du jour sur Instagram puis en envoyant son texte à ecritsconfines@gmail.com

 

 
 
 
 
 
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Jour 38 • «victoire » • Un texte de Muriel❤️ . #ecritsconfines #confinement

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Le tutorat de Lou Sarabadzic pour les auteurs et autrices défavorisé·e·s

L’autrice Lou Sarabadzic, qui vit actuellement en Angleterre, a eu l’idée de proposer une heure gratuite de tutorat par Skype pour les auteurs et autrices défavorisé·e·s, et notamment pour celles et ceux qui souffriraient particulièrement de la situation économique actuelle. Pendant ce temps de conversation, vous pouvez demander à Lou Sarabadzic un retour sur une œuvre ou discuter avec elle des problématiques créatives que vous rencontrez actuellement. Sa volonté? Démocratiser l’accès à la littérature et encourager l’émergence de voix plurielles. “Si je peux au moins une fois faire prendre conscience à une personne que sa voix est légitime et a son importance, qu’elle a le droit d’écrire sans rendre de compte à personne, alors ce n’est pas vain, explique-t-elle. Elle veut notamment encourager les personnes qui souffrent de sexisme, de racisme, de validisme ou de classisme à se sentir légitimes à écrire et à sortir du mythe français du “talent inné” pour l’écriture. “Je veux donner, tant que je peux, du soutien à des personnes non privilégiées. Sans leur poser de questions. Si elles veulent en parler, pas de soucis, mais sinon nous pouvons ne parler que d’écriture. De la même façon qu’il n’y a pas qu’une seule manière de lire, il n’y a pas qu’une seule manière d’écrire. Si le confinement creuse les inégalités, il ne doit pas empêcher à tous et à toutes de s’exprimer.

Comment y participer? En s’inscrivant sur le site de Lou Sarabadzic

 

Les ateliers Muse Letters sur Twitch

Chaque jour à midi, la comédienne Elisa Ollier organise un “atelier d’histoires collectives” qui dure entre 1h30 et 2 heures sur la plateforme de streaming en direct Twitch. Pendant cette séance joyeuse, elle définit avec les personnes présentes les contraintes de l’histoire qu’ils ou elles vont raconter (lieux, personnages, époques…). Chacun·e propose des idées sur le chat. Puis elle écrit la petite histoire du jour en consultant toujours les participant·e·s qui interagissent, se renseignent et donnent leurs avis. Le résultat est ensuite lu à voix haute par la comédienne. Le jeudi, la situation est inversée et Elisa Ollier impose ses contraintes aux personnes présentes, qui lui envoient des textes par mail. “L’écriture sert à exorciser la situation. Quand les gens me proposaient des idées au début, elles tournaient beaucoup autour des pandémies, des catastrophes, des pénuries de PQ… Ils avaient besoin d’en parler et surtout de dédramatiser”, nous dit-elle. Pendant deux heures, tout le monde oublie la situation actuelle pour se plier aux contraintes farfelues fixées par le groupe. Et ce format à distance permet à des personnes de se lancer. “On est obligé·e·s de se lâcher pendant ces ateliers, analyse Elisa Ollier. L’interaction, le fait d’être complètement inclus dans le processus et la distance que met l’écran permettent à certaines personnes qui ne se seraient pas inscrites dans un atelier ‘IRL’ de se lancer.Et elle crée un véritable lien, le temps d’une pause déjeuner.

Comment y participer? Sur Twitch chaque jour à midi. Les histoires sont disponibles sur le blog d’Elisa Ollier

Pauline Le Gall 


1. Pourquoi les autrices noires sont les grandes oubliées de la littérature

On a essayé de comprendre pourquoi les autrices noires ont longtemps été invisibilisées dans une histoire littéraire française majoritairement dominée par les hommes blancs. Enquête. 
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR - Cheek Magazine
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR

2. A-t-on définitivement perdu Britney Spears?

Depuis le fameux épisode du crâne rasé de 2007, Britney Spears a été dépossédée de son destin. Plus de dix ans après cette image bouleversante, les fans du monde entier se réunissent autour du hashtag #freebritney pour tenter de mettre fin à une tutelle paternelle jugée abusive. Explications.  
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR - Cheek Magazine
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR

3. Covid-19: Le monde du spectacle va-t-il survivre au nouveau couvre-feu?

Entre le confinement, l’application des mesures sanitaires dans les salles de spectacles et la mise en place d’un couvre-feu en Ile-de-France et dans les grandes métropoles, le monde de la culture souffre. Enquête. 
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR - Cheek Magazine
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR

4. Les séries Cheek qui vont sauver notre automne 2020

Passage à l’heure d’hiver, couvre-feu, baisse des températures… voilà une poignée de séries à regarder sous la couette ces prochaines semaines. 
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR - Cheek Magazine
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR

7. Louise Bourgoin aimerait voir plus de mères complexes au cinéma

L’actrice Louise Bourgoin est à l’affiche de L’enfant rêvé, de Raphaël Jacoulot. Elle était enceinte sur le tournage et nous a parlé de ses attentes quant à la représentation des femmes, mères ou non, au cinéma. 
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR - Cheek Magazine
Photo extraite du film “La Couleur des sentiments”, DR