culture

Cinéma

Dans “Bang Gang”, Eva Husson filme la sexualité extrême d'un groupe d'ados

Avec Bang Gang (une histoire d’amour moderne), la réalisatrice Eva Husson signe un film choc qui met en scène la sexualité d’un groupe d’ados. Rencontre. 
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam

Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam


Bang Gang (une histoire d’amour moderne) est le premier film d’Eva Husson. Après avoir grandi au Havre, Eva Husson fait des études littéraires en France avant de s’envoler à Los Angeles pour étudier le cinéma à l’American Film Institute (AFI). En mettant en scène cinq adolescents dans les rôles principaux, la réalisatrice interroge leur rapport au corps et au cœur à travers l’exploration de leur sexualité lors de sex parties.

Comment as-tu réussi à convaincre les acteurs de participer à un film avec autant de scènes de sexe?

C’était compliqué. La seule vraie référence en la matière c’est Kids de Larry Clark, qui est très frontal. Je les ai rencontrés, je leur ai beaucoup parlé. La lecture du scénario a été en fait la dernière étape. J’ai proposé les 5 rôles principaux aux 5 acteurs que j’avais choisis et aucun n’a refusé.

 

Bang Gang Eva Husson Marilyn Lima © Ad Vitam

© Ad Vitam 

En ce qui concerne les actrices, le fait que tu sois une femme derrière la caméra a-t-il pesé dans la balance?

Je pense effectivement que Marilyn Lima et Daisy Broom n’auraient pas fait cette histoire avec un homme, ou avec une réalisatrice qui aurait eu une vision plus dure, comme Catherine Breillat.

“La sexualité que j’ai filmée est assumée.”

Les scènes de sexes entre tous ces adolescents sont assez solaires, que représentaient ces corps nus?

La nudité pour moi n’était pas un enjeu de voyeurisme ni d’excitation sexuelle. Il s’agissait de raconter la sexualité de jeunes gens avec un ressenti qui aurait pu être le mien, avec une simplicité par rapport au sexe. La sexualité que j’ai filmée est assumée. Il  n’y a pas de vérité absolue sur la sexualité, elle reflète nos états émotionnels. 

Pourquoi le mot “moderne” figure-t-il dans le sous-titre du film (Ndlr: “Une histoire d’amour moderne”)?

On est dans une ère de la modernité parce qu’on essaye de donner du sens à un monde chaotique, c’était la tentative désespérée des modernistes après la guerre. Dans mon film, je parle d’une génération qui est unique dans l’histoire de l’humanité.

 

Bang Gang Eva Husson Lorenzo Lefebvre, Marilyn Lima © Ad Vitam  

© Ad Vitam

Quelle est sa particularité?

Elle a vécu la révolution numérique. Tout à coup, les gens de cette génération doivent gérer la surexposition de leur image, ils doivent construire leur intimité de l’intérieur et de l’extérieur. 

Le fait de parler d’une histoire d’amour dans le sous-titre adoucit-il le film?

Le mot “bang gang” est super violent, et en même temps il y a la polysémie de ce mot, le “big bang” et cette énergie que les personnages ont en eux. Le titre reste dur à porter, mais il est honnête par rapport à une partie du film. Mais Bang Gang, ce n’est pas que ça, d’où la nécessité de l’adoucir avec le sous-titre. Le mot “amour” désamorce cette violence. La notion d’amour n’est jamais moderne, elle traverse tous les âges. Mais elle se confronte toujours nécessairement à des circonstances extérieures qui sont plus ou moins contraignantes.

Propos recueillis par Iris Brey


1. Quand “Downton Abbey” racontait l'émancipation des femmes

Si l’adaptation cinéma de Downton Abbey, qui sort au cinéma ce 25 septembre, est plutôt décevante et passe à côté de tout commentaire sur l’époque, elle donne envie de se replonger dans la série. Laquelle n’est pas un gentil soap sur l’aristocratie anglaise en costumes d’époque, mais le récit de l’émancipation des femmes au début du XXème siècle. Paroles d’historiennes.
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam - Cheek Magazine
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam

2. Unbelievable, la série criminelle qui s’intéresse enfin aux victimes

Ce nouveau programme Netflix haletant ne ressemble à aucune autre série criminelle, pour une raison simple: il est entièrement centré sur la parole des femmes et des victimes.
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam - Cheek Magazine
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam

7. “Filles de Blédards”, le collectif qui met l'immigration au centre de l'art

À l’occasion de sa première exposition à Marseille, Nouveaux Sacrés, le collectif Filles de Blédards est revenu sur la genèse de son projet, tout en réaffirmant sa volonté de questionner “les identités de l’immigration”. Portrait d’un collectif féminin qui se réapproprie le discours colonial.  
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam - Cheek Magazine
Lorenzo Lefebvre et Marilyn Lima © Ad Vitam