culture

L'interview de Safia Bahmed-Schwartz / Boris Postma

“Dans mon travail, je crée un nouveau monde”

Tout au long de l’année, l’artiste Safia Bahmed-Schwartz part à la rencontre de ses pairs pour tenter de définir ce qu’est l’art.
© Boris Postma
© Boris Postma

© Boris Postma


À l’occasion de l’exposition sur la culture gabber, qui avait lieu en mai à Paris, j’ai rencontré le photographe Boris Postma pour qu’il me parle de son travail et de ce mouvement né en Hollande au début des années 90.  

Salut Boris, peux-tu te présenter?

Je m’appelle Boris Postma, je suis un artiste de 30 ans, je vis et je travaille à Amsterdam. 

Qu’entends-tu par “artiste”?

Je fais des images, ça peut être de la photo, mais aussi du graphisme ou de la vidéo.

Comment en es-tu venu à produire ces images?

Ces images représentent un ensemble de super-héros gabbers. Quand j’étais adolescent, je baignais dans cette culture. J’avais la tête rasée, je portais un bomber et des survêtements, tout le package, et j’étais aussi super fan de comics. En fait, ces deux mondes sont hypers proches: les gabbers, avec leurs tenues brillantes, leurs uniformes, ont quelque chose du super-héros. J’ai donc décidé de créer ma propre team.

“J’ai commencé la photo quand j’avais 18 ans, j’avais toujours mon appareil photo avec moi pour faire des instantanés.”

Comment as-tu découvert la culture gabber?

Quand j’avais huit ans, en 1996, le mouvement gabber était hyper répandu en Hollande. Un mec dans ma classe écoutait cette musique avec son grand frère et a amené ça à l’école. C’était hard, nouveau et extrême, avec des mélodies un peu catchy. Le coté science-fiction de la musique se rapprochait de l’univers de mes BD. Et puis, il y a beaucoup de samples de musiques de films, c’est aussi pour ça que ça m’a plu.

Quand ton travail artistique a-t-il commencé?

J’ai commencé la photo quand j’avais 18 ans, j’avais toujours mon appareil photo avec moi pour faire des instantanés, et quand j’ai eu 23 ans je suis rentré à l’école d’art d’Utrecht. Là, j’ai commencé à bosser comme assistant photographe pour des gens comme Elza Jo, Isabella Rozendaal, Barrie Hullegie ou Jolijn Snijders

Super-héros Boris Postma

© Boris Postma

C’est quoi la photographie pour toi?

Une façon d’exprimer ce que j’ai dans la tête. C’est comme de la peinture, des images me viennent à l’esprit et je les reproduis au plus proche. Vu que je ne suis pas hyper bon en dessin, prendre des photos était la méthode la plus pratique que j’ai trouvée. 

C’est quoi l’art pour toi?

Ce qui est intéressant dans l’art, c’est de pouvoir s’échapper de la réalité. Dans mon travail, je crée un nouveau monde, complètement imaginaire, dans lequel je peux inventer les gens avec qui je vis, l’architecture, les immeubles, l’environnement, etc. 

Comment choisis-tu les gens que tu photographies?

Soit je les connais déjà, soit je les rencontre dans la rue. Quand j’ai décidé de créer cette team, il a fallu que je crée chaque personnage, avec son caractère de gabber. J’ai dû trouver des gens qui pouvaient ressembler à des super-héros, avec une sorte de perfection. J’ai aussi cherché sur Internet, dans le cercle de mes amis. Une fois, une fille m’a plue dans le métro à Amsterdam et un an après, je l’ai retrouvée sur Tinder et lui ai demandé de poser pour moi.

“Chacun est un super-héros à sa façon.”

Que penses-tu de Tinder?

J’adore Tinder, j’y ai rencontré ma copine -ce n’est pas la fille dont je parle plus haut. C’etait le premier rendez-vous que que je décrochais sur Tinder, et bim, ça a été la fille parfaite.

Penses-tu que le mouvement gabber va perdurer?

C’est une culture qui existe depuis 20 ans maintenant et qui se décline déjà en Italie et aux Etats-Unis. Ça existera toujours probablement, mais sous différentes formes.

Penses-tu que nous sommes tous des super-héros?

Oui, chacun en est un à sa façon, mais tout le monde ne ressemble pas à un super héros. Alors que les gabbers, oui!


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