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Documentaires

6 documentaires féministes à voir en ligne pendant le confinement

Nous avons sélectionné pour vous six documentaires féministes, disponibles gratuitement ou sur les plateformes de streaming, pour continuer à s’informer et à s’éduquer.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.


La question s’est beaucoup posée depuis le début du confinement: qu’en est-il de son effet sur le féminisme? Alors que les violences conjugales grimpent, certaines associations craignent qu’il creuse les inégalités au sein des foyers. Cette période s’annonce, plus que jamais, propice pour réfléchir à l’après. Quelle société voulons-nous? Quels stéréotypes voulons-nous combattre? Pour continuer à attiser les braises de la lutte, nous avons sélectionné six documentaires qui parlent de combats féministes et de représentation, des années 70 à nos jours. 

 

Daria Marx, ma vie en gros

De quoi ça parle: Dans ce documentaire d’un peu plus d’une heure, la militante féministe et autrice Daria Marx raconte son parcours, de son enfance à la création avec Eva Perez-Bello du collectif Gras Politique. Accompagnée de ses ami·e·s, elle définit les contours de la grossophobie dans ce qu’elle a à la fois de quotidien et de systémique. 

Pourquoi on regarde: Daria Marx est une figure bien connue d’Internet, qui s’est illustrée en écrivant des textes percutants sur son blog mais aussi en portant le combat contre la grossophobie en France. Dans ce documentaire, elle mêle habilement l’intime (sa relation avec sa mère, le récit de son enfance…) et le politique. On suit à la fois son parcours de vie, par son humour et son franc-parler, et son itinéraire de militante. Comment lutter au quotidien? Comment supporter les remarques quotidiennes sur son poids mais aussi les attaques systémiques comme la grossophobie médicale ou les injonctions au régime? Le militantisme est montré dans tout ce qu’il peut avoir de joyeux et collectif. En interviewant sa mère ou ses ami·e·s, Daria Marx invite la personne qui regarde son documentaire à se questionner sur son regard, sur ses propres biais et stéréotypes. Une perspective essentielle.

Réalisé par Marie-Christine Gambart pour Infrarouge. Visible sur le replay de France 2 jusqu’au 26 avril. 

 

Delphine et Carole, insoumuses

De quoi ça parle: En 1974, l’actrice Delphine Seyrig, déjà célèbre pour ses rôles dans les films de Jacques Demy, Luis Buñuel ou François Truffaut, s’inscrit à un atelier vidéo. Ce dernier est animé par la vidéaste Carole Roussopoulos, qui ignore tout de l’actrice. Les deux femmes vont se lier d’amitié, unies par un engagement féministe commun. Ensemble, elles vont militer, filmer la révolte qui gronde, raconter en images le sexisme au cinéma et critiquer les discours misogynes qui pullulent dans la rue et dans les médias.

Pourquoi on regarde: Si vous aimez le cinéma, il est fort probable que vous ayez vu Delphine Seyrig dans l’un des nombreux films qui ont jalonné sa carrière. Et il est pourtant fort probable que vous ignoriez son engagement féministe sur lequel, comme le prouve ce documentaire, elle revenait pourtant régulièrement dans les médias. Ce documentaire joyeux, drôle et profond raconte la force d’une amitié sur fond des grandes manifestations emblématiques des années 70. Il réfléchit sur la force des images en montrant comment les deux femmes se sont emparées de la vidéo pour redonner la parole à celles que l’on entendait trop peu. Les nombreuses images d’archives font revivre les grandes actions politiques féministes de l’époque, de la gerbe de fleur pour la femme du soldat inconnu au Manifeste des 343 en passant par l’occupation de l’Église Saint-Nizier de Lyon par des prostituées qui dénonçaient la répression policière. L’occasion de se réapproprier une histoire cinéphile et politique marquée par des figures comme Chantal Akerman ou Jane Fonda. Et par Delphine Seyrig, qui a été de tous les combats et a accepté de mettre en danger sa carrière pour offrir une visibilité à ses sœurs de lutte. 

Réalisé par Callisto McNulty. Visible sur Arte

 

Traquées

De quoi ça parle: Dans son documentaire, la journaliste féministe Marine Périn, aujourd’hui porte-parole de l’association Prenons la Une, décortique les cyberviolences conjugales. Elle interroge notamment plusieurs femmes qui en ont été les victimes et qui expliquent comment leurs conjoints se sont servis de leurs téléphones, de leurs mots de passe et de leurs réseaux sociaux pour exercer une emprise sur leurs vies et asseoir leur domination.

Pourquoi on regarde: Ce documentaire est un outil pédagogique puissant pour faire comprendre les mécanismes d’emprise et de contrôle qui se mettent en place dans des relations abusives. Ce que certaines personnes pourraient trouver anodin (demander à recevoir un texto toutes les trente minutes, surveiller quand la personne est connectée…) est montré comme la partie visible d’un harcèlement beaucoup plus profond qui se met souvent en place graduellement. Le documentaire a pour vocation d’aider les femmes à reconnaître les signaux d’alarme et à savoir comment réagir à ce que certains hommes présentent comme des preuves d’amour. Comment délimiter ces violences pernicieuses? Marine Périn interroge aussi des associations pour comprendre pourquoi si peu d’hommes coupables de cyberviolences sont condamnés et pourquoi il est encore difficile de porter plainte. D’utilité publique.

Réalisé par Marine Périn. Visible sur YouTube.

 

Crip Camp

De quoi ça parle: Produit par le couple Obama, ce documentaire a remporté le prix du public au festival Sundance. Il retrace l’histoire dans les années 70 du Camp Jened, un camp de vacances qui, en pleine vague hippie, accueillait chaque été des personnes handicapées de tous horizons. Décrit par ses participant·e·s comme une “utopie”, cet espace de liberté leur permettait de se retrouver, de vivre leurs premières histoires d’amour et de se réinventer en dehors d’une société validiste. La deuxième partie du documentaire se concentre sur le mouvement des droits civiques lancé par Judy Heumann, qui a notamment organisé un sit-in en 1977 pour obtenir des droits fondamentaux. 

Pourquoi on regarde:Ce camp de vacances a changé le monde, mais personne ne connaît cette histoire”, raconte James LeBrecht, coréalisateur du documentaire, dès les premières minutes. L’histoire que retrace Crip Camp est pourtant un panorama essentiel de la lutte pour les droits des personnes handicapées. Le documentaire lie sans cesse ce combat aux autres grandes luttes contre le racisme et le sexisme. Les femmes offrent notamment des témoignages édifiants sur la manière dont la société validiste les perçoit. L’autrice Denise Sherer Jacobson, qui était à Camp Jened, raconte notamment un mauvais diagnostic qui lui a coûté son appendice alors qu’elle avait une IST. La cause? Le sexisme et le validisme du chirurgien, incapable d’imaginer qu’elle pouvait avoir une vie sexuelle. Cette perspective féministe essentielle se mêle à celle de la militante Judy Heumann qui a porté cette lutte pendant des décennies. Crip Camp raconte toutes ces petites histoires sans jamais oublier de souligner les progrès qui restent à faire pour faire évoluer les mentalités et rendre notre société plus inclusive. 

Réalisé par James Lebrecht et Nicole Newnham. Disponible sur Netflix.

 

Les Sorcières à Hollywood

De quoi ça parle: Ce n’est plus à prouver, les sorcières sont à la mode. Si vous êtes en overdose, ne fuyez pas pour autant ce passionnant documentaire de Sophie Peyrard qui propose une analyse de la place de cette figure mythique à Hollywood. En présentant l’évolution de la sorcière, de l’effrayante Margaret Hamilton dans Le Magicien d’Oz à la sorcière femme au foyer de Ma Sorcière Bien Aimée, le documentaire montre à quel point elle a accompagné les tendances politiques et sociales de la société américaine.

Pourquoi on regarde: En faisant intervenir plusieurs spécialistes de la question, Sophie Peyrard décortique la manière dont les sorcières du grand écran ont toujours fait écho à la vision que la société américaine avait des femmes. On a pu lire dans leurs apparitions la peur de les voir obtenir leur indépendance après la Seconde Guerre mondiale, le désir de les cantonner à la sphère domestique dans les années 60, la nécessité de contenir leurs désirs et leur plaisir dans les années 70… Jusqu’à ce qu’elles prennent leur indépendance dans le cinéma hollywoodien à partir des années 80 avec Les Sorcières d’Eastwick de George Miller. Les sorcières à Hollywood explore aussi l’émancipation féministe du genre, notamment avec l’apparition d’une sorcière noire adolescente dans The Craft d’Andrew Fleming, qui se venge du racisme qu’elle subit. 

Réalisé par Sophie Peyrard. Disponible sur OCS Géant.

 

Sex and the series

De quoi ça parle: Prolongement de son indispensable livre Sex and the series (Éditions de l’Olivier), la série d’Iris Brey dresse le portrait de cinq héroïnes du petit écran: Virginia Johnson (Masters of Sex), Marnie Michaels (Girls), Fleabag (Fleabag), Maura Pfefferman (Transparent) et Jenny Schecter (The L Word). 

Pourquoi on regarde: À travers des conversations avec les réalisateur·rice·s, les scénaristes et les actrices des séries traitées, Iris Brey retrace la manière dont la télévision évoque et a évoqué le plaisir féminin. Les approches choisies sont plurielles (Marnie dans Girls a par exemple une sexualité peu épanouissante) mais on vous conseille de regarder en priorité l’épisode avec la géniale Phoebe Waller-Bridge qui raconte la genèse de sa série Fleabag et lit quelques extraits de la pièce en face caméra. Son témoignage sur la réception de la série, sur le porno, le male gaze et sur sa manière d’envisager les scènes de sexe est particulièrement éclairant sur les progrès qui ont été faits et qui restent à faire. Idéal pour accompagner vos binge-watching de confinement! 

Réalisé par Iris Brey, Visible sur OCS.

Pauline Le Gall


1. Romcom de Noël: les couples homos sont désormais les bienvenus 

Aux Etats-unis, Hallmark Channel et Lifetime, deux chaînes spécialistes des films de Noël, ont enfin accédé aux demandes d’inclusivité des spectateur·rice·s. Et ainsi tombe le dernier bastion des conservateurs.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

2. Pourquoi la France déteste les “sensitivity readers”

Encore marginale en France, cette pratique vise à relire des manuscrits pour y détecter des représentations fausses ou offensantes. Mais que font vraiment les sensitivity readers?
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

3. Notre Cheek list de livres à offrir pour les fêtes

Si vous manquez d’inspiration pour les fêtes de fin d’année, voilà nos recommandations lecture pour faire plaisir à vos proches ou remplir votre wishlist.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

4. Après “10 pour cent”, Stéfi Celma nous fait découvrir ses talents de musicienne

Avec Maison de Terre, premier single chaloupé aux influences bossa nova, l’actrice Stéfi Celma, géniale dans la série 10 pour cent, renoue avec la musique, sa toute première passion. Interview.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

5. Cinéma: Les filles impopulaires du lycée prennent enfin leur revanche

Longtemps monolithiques et répondant à un cahier des charges des plus sexistes, le filles impopulaires des teen movies gagnent enfin en profondeur. Analyse.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

6. La traduction anglais-français permet-elle de se libérer des stéréotypes de genre?

De la recherche d’une équivalence au “they” non-binaire à l’utilisation de l’écriture inclusive, la traduction permet de réfléchir à l’évolution des usages et à l’avenir de la langue française.
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.

7. Pourquoi il faut voir et revoir “La Revanche d'une blonde”

La Revanche d’une blonde, film culte des années 2000, est moins chamallow qu’il n’y paraît et conserve aujourd’hui toute sa puissance féministe, emmené par la jeune Reese Witherspoon qui a depuis conquis Hollywood.  
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros. - Cheek Magazine
Le Magicien d'Oz, extrait du documentaire “Les Sorcières d'Hollywood” © Warner Bros.