culture

“Good Trouble”, la série féministe, LGBT-friendly et engagée qui fait du bien

Good Trouble est une série rare: une série sur l’entrée dans le monde du travail de deux femmes. L’occasion de parler d’amitié à l’âge adulte, d’amour à la sauce millennial et d’engagement politique et professionnel.
© Freeform/Vu Ong
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Callie et Mariana sont deux sœurs adoptives qui emménagent à Los Angeles après leurs études. Faute d’argent -merci le salaire des premiers boulots-, elles partagent une chambre dans une coloc’ géante installée dans un immeuble rétro avec piscine -je doute que votre coloc’ soit aussi sexy. S’ensuivent de nouvelles amitiés et des histoires de cœur. Cette série, diffusée sur Freeform aux États-Unis, est bien plus qu’un drama bien ficelé: c’est un portrait de la génération millennial dans toute sa diversité. On y voit un artiste bisexuel latino, une militante afro, une instit’ grosse, une lesbienne chino-américaine qui se cherche, une “fille de” carriériste, un ingénieur indo-américain et même un beau-gosse blanc quadragénaire cis et hétéro, pour ne citer que quelques-uns des très nombreux personnages. Tout cela pourrait donner un goût de check-list à cocher, d’opportunisme social, mais non. Good Trouble ne fait pas dans le sensationnalisme, elle ne fait que décrire la vie de jeunes d’aujourd’hui: des parcours variés mais des expériences et émotions universelles.

 

 

Une histoire de famille

Le réalisme et l’inclusivité de la série ne sont pas vraiment des surprises. Good Trouble est le spin-off de The Fosters, une série inédite en France qui racontait la vie d’une famille nombreuse homoparentale et multiraciale (qui avait révélé l’acteur Noah Centineo). Good Trouble conserve l’esprit familial qui avait fait le succès de The Fosters. Les personnages, que ce soit Callie, Mariana ou leurs colocs, ont beau voler de leurs propres ailes, ils continuent à se démener pour soutenir leur famille et à compter sur elle pour se remonter le moral. Difficile de ne pas s’y reconnaître.

 

Surprise! Le monde du travail est sexiste

La série s’illustre aussi en mettant en avant une période souvent oubliée des séries: la découverte du monde du travail et les désillusions que cela entraîne. En plus des longues journées, les deux sœurs doivent faire face au sexisme. Dans sa start-up, Mariana, l’ingénieure, est sommée de prendre moins de place: une femme, surtout latina, doit respecter l’ordre établi. On lui recommande de changer son look pour avoir l’air moins féminine et de ne pas faire preuve d’initiative. On lui assigne des tâches de maintenance, bien en deçà de ses compétences. Elle devient l’objet de moqueries, ambiance “boys’ club”. Good Trouble explique avec précision les mécanismes de mise à l’écart des femmes en entreprise. Quant à Callie, elle découvre qu’un juge a pour habitude de harceler sexuellement ses greffières et que personne n’ose rien dire.

 

Good Trouble © Freeform/James Clark

© Freeform / James Clark

Des conseils pour faire tomber les boys’ clubs

Pas du genre à déprimer, Callie et Mariana passent à l’action et nous apprennent comment reprendre le contrôle. Sous l’impulsion de Mariana, les ingénieures de l’entreprise créent un “Fight Club”. Elles décident de plusieurs règles pour s’imposer: ne plus s’excuser, s’imposer de façon non-verbale (se tenir droite ou se lever pour garder la parole par exemple) et amplifier la parole des autres femmes. Finis les “him-itators” et les “man-terruptions”. Et pour mettre fin à l’inégalité salariale, elle décide de publier les salaires des hommes et des femmes pour prouver qu’il y a discrimination. Efficace. Callie, elle, va soutenir l’une des victimes du juge harceleur et mettre sa carrière en danger en le dénonçant. Spoiler: la sororité, ça fonctionne.

 

Une série engagée

Les deux soeurs ne sont pas les seules à s’engager. Leur colocataire afro-américaine Malika milite contre le racisme du système policier et judiciaire aux États-Unis. On la voit aussi bien manifester devant un tribunal que faire des tâches moins sexy comme distribuer des tracts ou se questionner sur le sens de son engagement. Une jolie façon de mettre en avant le dur travail des militant·es. Pour autant, n’allez pas croire que Good Trouble est une série sérieuse. Le show a son compte de triangles amoureux, d’hommes qui trompent leur femme, de rencontres Tinder et de romances de bureau, mais on ne vous en dira pas plus: #NoSpoiler. La première saison vient de se conclure et une deuxième prendra la relève dès le 18 juin.

Aline Mayard 


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