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Qu’attendre du retour de Taylor Swift en France?

Après plusieurs indices et un passage éclair au mois de mai, la chanteuse revient à Paris donner son premier concert au monde avec son nouvel album. Un événement très attendu, puisque sa dernière date française ouverte au public remonte à 2011.
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C’est un retour prudent. Taylor Swift a beau être une star mondiale qui multiplie les records, remplit des stades et a un impact politique conséquent -elle a encouragé des milliers de jeunes à s’inscrire pour voter aux élections de novembre dernier aux États-Unis-, l’autrice-compositrice de 29 ans a toujours eu du mal à trouver le succès en France, un pays qu’elle affectionne pourtant. En 2011, alors qu’elle fait encore de la country (un genre musical qui ne séduit pas dans l’Hexagone), l’artiste tente sa chance avec une date au Zénith de Paris pour son Speak Now World Tour, mais elle y réalise son deuxième chiffre le plus bas de la tournée. Huit ans plus tard, Taylor Swift est l’une des plus grandes icônes pop. Après avoir mis la France de côté (zéro promo pour son précédent album), la voici de retour chez nous: elle a choisi the city of love”, comme les Anglo-saxon·ne·s surnomment Paris, pour donner son premier concert au monde depuis la sortie de son nouvel album Lover, le 23 août.

 

Un concert événement 

Au fil des années, Taylor Swift et ses fans (surnommés “swifties”) se sont découvert une passion pour les messages secrets: elle aime semer des indices, eux les déchiffrer. Lorsque la chanteuse a choisi de parler en français dans l’intro du clip de son premier single, en avril 2019, ils y ont donc naturellement lu plus qu’une simple coïncidence. De passage sur NRJ un mois plus tard, la jeune femme a lancé de façon assez cryptique, comme elle sait si bien le faire: “Je voulais cacher beaucoup d’indices dans le dialogue, mais je trouve aussi que le français est une belle langue. Et ce sont des indices pour d’autres choses…” Des mots qui sonnaient comme une promesse future, lointaine.

 

 

Et puis, en août, c’est devenu officiel: l’interprète de Shake it Off allait signer son grand retour officiel en France. En janvier 2013, elle avait déjà fait le choix d’un concert privé, en très petit comité, à bord d’un bateau-mouche, sur la Seine. Mais pour son City of Lover ce 9 septembre 2019, Taylor Swift a choisi l’Olympia, une salle qui peut accueillir près de 3000 personnes, et a donné plusieurs chances à ses fans de gagner des places pour un concert sur invitation uniquement. Si ses shows dans les stades donnent autant d’importance à la musique qu’à la mise en scène (tableaux chorégraphiques élaborés, changements de costumes, feux d’artifices), l’ambiance intimiste promet un spectacle plus posé, voire même acoustique. 

 

Un album plus politique que jamais 

Lover, le septième album de Taylor Swift, est arrivé dans les bacs le 23 août. Fidèle à sa marque de fabrique, l’autrice-compositrice y répond à ses haters, comme dans I Forgot That You Existed, qui ouvre le disque. Elle parle aussi d’amitié et d’amour (son single Lover s’impose d’ailleurs comme l’une des plus belles réussites du disque), mais ce qui ressort surtout, c’est une parole politique plus libérée que jamais. Un titre en particulier encapsule le message féministe que défend l’artiste depuis des années: The Man. Si elle y enfonce un peu des portes ouvertes -critique d’une société et d’une industrie musicale où règne le deux poids deux mesures-, cette chanson est importante. Pour Taylor Swift, mais surtout, pour son jeune public à majorité féminin. Il y a deux ans, la chanteuse avait en effet poursuivi un DJ d’une radio du Colorado pour agression sexuelle, les faits remontant à 2013. “Quand tout le monde te croit… Je me demande ce que ça fait”, lâche-t-elle dans The Man. La justice avait tout de même fini par lui donner raison en août 2017. Un gain de cause que de nombreuses victimes ne parviennent pas à obtenir.

 

 

Un business qui ne connaît pas la crise  

On a beau être à l’ère du streaming, Taylor Swift fait partie des rares artistes qui arrivent à vendre massivement des disques. Lover s’est écoulé mondialement à plus de 3 millions de copies en une semaine, à en croire le label de l’Américaine, comme le raconte le média spécialisé Music Business Worldwide. Il s’agit du meilleur démarrage de l’année outre-Atlantique. Pas surprenant puisque la chanteuse sait mêler créativité et business. D’album en album, elle donne davantage d’importance aux “bonus” qui donnent aux fans envie de débourser. Lover se décline par exemple en quatre éditions spéciales deluxe différentes avec notamment des extraits des journaux intimes de la chanteuse, remontant jusqu’à son plus jeune âge, où elle rêvait encore de pouvoir un jour faire de la musique sa vie. Des booklets où elle se révèle de façon contrôlée, puisqu’elle a sélectionné elle-même le contenu, mais candide à la fois. Une dichotomie typique de Taylor Swift.

 

 
 
 
 
 
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Un sens du business assumé par cette artiste qui défend depuis des années le droit des femmes à vouloir réussir. “Mon espoir pour le futur, et pas juste celui de l’industrie musicale, mais aussi chez toutes les jeunes filles que je rencontre… c’est que toutes réalisent ce qu’elles valent et le revendiquent”, confie-t-elle au Wall Street Journal en 2014. Après avoir fait plier les géants du streaming pour obtenir des rémunérations qu’elle estime plus justes, Taylor Swift continue, à 29 ans, de se battre pour son art. Au mois d’août, elle a annoncé qu’elle allait réenregistrer ses cinq premiers albums, dont les bandes, qui appartenaient à son ancien label, avaient été vendues pour un montant juteux sans son accord. Dès lors, elle possèdera enfin les pleins droits sur sa musique

Ahlem Khattab


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