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Sur Instagram, elles brisent les tabous autour du post-partum et ça fait du bien

Instagram/©illanaweizman
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En réaction à une publicité rejetée par ABCNews et l’Académie des Oscars qui dépeint honnêtement l’épisode douloureux du post-partum ainsi que la publication d’Ashley Graham qui pointe du doigt le silence autour de cette convalescence, me voici, portant une couche pour adulte, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l’utérus encore étendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l’impossibilité de s’asseoir sans douleurs, l’urine qui brûle, l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur”: sur son compte Instagram, Illana Weizman, doctorante en communication et sociologie à Tel Aviv et collaboratrice de Cheek Magazine, a posté deux photos d’elle prises après son accouchement pour que les femmes se sentent “moins isolées, moins démunies”.

 

 
 
 
 
 
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En réaction à une publicité rejetée par @abcnews et l’Académie des Oscars qui dépeint honnêtement l’épisode douloureux du post-partum ainsi que la publication d’@ashleygraham qui pointe du doigt le silence autour de cette convalescence, me voici, portant une couche pour adulte, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l’utérus encore étendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l’impossibilité de s’asseoir sans douleurs, l’urine qui brûle, l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Si on parlait davantage de ces sujets, si on ne les invisibilisait pas de façon systématique, les mères se sentiraient moins isolées, moins démunies. Préoccupez-vous des mères. Mettez en lumière leur vécu.

Une publication partagée par Illana Weizman (@illanaweizman) le

 

Dans la foulée, la blogueuse sexe Masha sexplique a elle aussi publié une photo d’elle enceinte (cf ci-dessous) en décrivant sans tabous la période qui a suivi la naissance de son enfant: “J’étais loin d’imaginer qu’après mon accouchement, j’allais devoir éponger mon sang, ne pas pouvoir m’asseoir sans pleurer et essuyer au moins 5 lymphangites dues à de mauvaises informations sur l’allaitement. Pour moi, ça a été une expérience terriblement douloureuse. Je ne voulais voir personne. J’ai laissé de nombreux amis et amies sans réponse pendant des mois. Je voulais juste me terrer dans un lieu où personne ne me trouverait, sans enfant pour malmener mes seins, sans corps pour me rappeler la souffrance, sans mémoire qui me répète mon histoire.

 

 
 
 
 
 
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Je n’ai pas de photo de ma période post partum la tête en vrac avec ma couche pour éponger tout ce sang qui coule, comme si mon corps ne s’était pas assez répandu, comme si je n’avais pas assez donné. Mais j’ai cette photo. Sans tête. Très ronde. Le sein tiré. Je la trouve organique. À cette période là, j’étais enceinte de 8 mois et je me sentais envahie. Cet être en moi avait suffisamment grandi et je n’avais qu’une envie physique irrépressible : celle de le faire sortir pour enfin retrouver mon corps. . J’étais loin d’imaginer qu’après mon accouchement, j’allais devoir éponger mon sang, ne pas pouvoir m’asseoir sans pleurer et essuyer au moins 5 lymphangites dues à de mauvaises informations sur l’allaitement. Pour moi, ça a été une expérience terriblement douloureuse. Je ne voulais voir personne. J’ai laissé de nombreux amis et amies sans réponse pendant des mois. Je voulais juste me terrer dans un lieu où personne ne me trouverait, sans enfant pour malmener mes seins, sans corps pour me rappeler la souffrance, sans mémoire qui me répète mon histoire. . Nos expériences ne doivent pas être invisibilisees. Elles sont uniques. Importantes. Nécessaires. Nous avons un devoir de transmission. La maternité est une belle expérience mais elle peut être aussi cruelle en laissant des marques indélébiles. . #feminist #feminism #pregnancy #chargementale #mumlife #lavraievie

Une publication partagée par Masha 🌸 (@mashasexplique) le

 

Les deux jeunes femmes ont donné envie à d’autres de s’exprimer sur le sujet, à l’image d’Ayla Linares, libraire féministe à Rennes, qui à son tour, a posté une image d’elle quelques heures avant son accouchement, en commentant: “Je n’ai pas de photos de post-partum… j’étais au bout de ma vie. Je regrettais d’avoir fait un enfant. Je ne pouvais pas marcher, ni m’assoir, le vagin recousu après deux semaines de ‘faux’ travail, 12 heures de travail, deux heures de poussée intenses et la ventouse. Le tout, sans péridurale. Le traumatisme aura duré deux mois. Deux mois ou j’en voulais à ma fille de m’avoir fait tant souffrir. Et comme si l’accouchement ne se suffisait pas à lui-même, la mise en place de l’allaitement aura été aussi très douloureuse. On ne le dit pas assez et, malgré toutes mes lectures sur le sujet, je n’étais pas prête à souffrir autant. J’ai souffert durant ma grossesse, d’être dépossédée de mon corps, de le sentir diminué, j’avais mal partout. J’ai souffert durant l’accouchement. J’ai souffert après. J’ai eu l’impression que ça ne s’arrêterait jamais. […] Le post-partum c’est souvent moche et douloureux et il est temps de le dire.” Chez Cheek, on est persuadées que ces jeunes femmes ouvrent, avec beaucoup de courage, une voie nécessaire et salvatrice en dévoilant ce à quoi peut ressembler cette période si particulière dans la vie des femmes. Big up à elles.

 

 
 
 
 
 
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C’est la dernière photo de moi enceinte. Enceinte jusqu’au yeux puisque 6h plus tard je ressentirais les premières contractions qui feront naître ma fille. Je n’ai pas de photos de post-partum… j’étais au bout de ma vie. Je regrettais d’avoir fait un enfant. Je ne pouvais pas marcher, ni m’assoir, le vagin recousu après 2 semaines de « faux » travail, 12h de travail, 2h de poussée intenses et la ventouse. Le tout, sans péridurale. Le traumatisme aura duré 2 mois. 2 mois ou j’en voulais à ma fille de m’avoir fait tant souffrir. Et comme si l’accouchement ne se suffisait pas à lui même la mise en place de l’allaitement aura été aussi très douloureuse. On ne le dit pas assez et malgré toutes mes lectures sur le sujet je n’étais pas prête à souffrir autant. J’ai souffert durant ma grossesse, d’être dépossédé de mon corps, de le sentir diminué, j’avais mal partout. J’ai souffert durant l’accouchement. J’ai souffert après. J’ai eu l’impression que ça ne s’arrêterai jamais. 3 mois plus tard je n’ai plus mal, mais mon corps est toujours un étranger qui n’est plus vraiment mien. Je hurle en lisant l’article de @neon_mag qui insinue qu’il faudrait reprendre le plus vite possible une sexualité pour ne pas perdre son couple, parce que franchement, après avoir sorti un rôti de plus de 3kg de sa chatte il faudrait se forcer ? J’ai eu des points de sutur à l’entrée du vagin pendant 1 semaine. J’ai saigné non stop pendant 1 mois et demi. Mon ventre est aussi mou que de la pâte à brioche, je ne dors pas, mes seins passent continuellement du mode gant de toilettes à obus et inversement toute la journée. Je sors à peine la tête de l’eau alors merci mais non merci pour l’instant. Le post-partum c’est souvent moche et douloureux et il est temps de le dire. Merci @mashasexplique et @illanaweizman qui m’ont donné envie de m’exprimer sur le sujet. #postpartum #maternité #la vraievie

Une publication partagée par A. (@ayla_photo) le

J.T.

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