Les Yeux
dans les yeux

Avec Charlotte Cadé

10 femmes posent leur regard sur la génération Y: aujourd’hui, Charlotte Cadé, cofondatrice de Brocante Lab. 

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Houda Benyamina

Claire Tran

Déborah Amaral

Doria Achour

Sianna

Juliette Armanet

Tiffany Cooper

Emma Le Masne

Céline Pham

Avec Brocante Lab, Charlotte Cadé ambitionne de révolutionner le monde de la brocante. La jeune entrepreneure de 28 ans nous a parlé les yeux dans les yeux. 

Un hashtag pour définir notre génération?

#ToutEstPossible. Tout est entre nos mains et de nos jours, on peut tout réaliser très vite en quelques clics. 

L’événement le plus marquant de notre génération?

C’est clairement l’arrivée de Facebook et des réseaux sociaux. Ça a changé notre façon d’interagir avec notre entourage, notre façon de travailler et notre façon de penser. 

3 clichés qui reviennent souvent à propos de notre génération?

Qu’on est une génération égoïste, autocentrée et une génération sacrifiée. Moi, je n’en peux plus d’entendre qu’on est une “génération sacrifiée”: on est au contraire une génération qui va de l’avant et qui se bat. 

Quelles sont les valeurs de notre génération?

Il y a celles du collaboratif et du partage. Mais aussi celles de l’ouverture d’esprit et de l’ouverture au monde que nous ont permises les réseaux sociaux. 

Quelle est la chance de notre génération?

C’est que tout va très vite, et que tout est possible. Internet nous permet de faire des milliards de choses; en quelques clics on peut créer une boîte, se connecter à l’autre bout du monde, voyager, acheter… 

Et la malédiction de notre génération?

C’est d’être dans l’instantanéité en permanence, d’être dans une surconnectivité qui nous rend extrêmement dépendants et dont il va falloir apprendre à se détacher. 

Monter sa boîte pour notre génération, ça représente quoi?

Un rêve qui peut vraiment devenir réalité. C’est la possibilité de créer de la valeur, de faire bouger les lignes et de prendre son destin en main. Grâce au digital, c’est plus facile aujourd’hui d’entreprendre. 

Quel est le profil des entrepreneures de notre génération?

Ce sont des profils dynamiques, des forts tempéraments, des femmes qui sont un peu couteaux-suisses et qui n’ont sans doute peur de rien, qui ont envie d’aller de l’avant.

À quelles difficultés sont-elles confrontées?

D’abord aux limites qu’elles se fixent elles-même. Mais elles se heurtent aussi au problème de la parité dans l’entrepreneuriat qui, même s’il s’atténue, n’est pas encore réglé. Enfin, trouver l’équilibre entre sa vie pro et sa vie perso est aussi le gros enjeu des femmes de notre génération.

Quel rapport notre génération entretient-elle aux objets?

Notre génération accorde de plus en plus d’importance à son chez-soi. On a envie d’avoir un intérieur qui nous ressemble: se consacrer à la déco, c’est la possibilité de s’exprimer, d’être créatif. Et puis, une déco peut nous faire voyager dans le temps ou dans l’espace. Enfin, ça permet de renouer avec sa propre histoire, les objets peuvent nous transmettre des valeurs. 

Notre génération est-elle celle du recyclage?

À fond. On a vraiment pris conscience que l’avenir est entre nos mains: c’est à nous d’agir, d’être plus responsables, de consommer différemment.  

Quels défis notre génération a-t-elle déjà relevés?

Elle a laissé une place forte aux femmes entrepreneures et aux femmes dans le business, on n’est pas encore à la parité absolue, mais on y vient.

Les moments où tu as l’impression d’être d’un autre siècle?

C’est quand je peux exprimer ma passion pour des fauteuils crapaud ou des petits chevets art déco. Les gens me regardent en général avec un œil éberlué, mais je suis fan de ce type de pièces qui racontent une histoire. 

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski