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Le CBD, nouvel allié pour lutter contre l’anxiété

Crèmes de soin, recettes healthy ou encore eau pétillante… aucun produit ou presque n’échappe aujourd’hui à la mode du CBD, considéré comme la nouvelle molécule bien-être, directement issue du cannabis.
Instagram / @dolomiti_biohemp
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À la faveur du premier confinement, de jolis flacons d’huile ont envahi les réseaux sociaux, et réapparaissent aujourd’hui dans des posts vantant les bienfaits du CBD. “Apaisant”, “Relaxant”, efficace contre les douleurs menstruelles, les insomnies, allié idéal de la récupération sportive… Toutes ces vertus quasi miraculeuses sont attribuées au CBD, ou cannabidiol, un phytocannabinoïde présent dans le chanvre, au même titre que le THC que l’on trouve dans le cannabis. Très répandue aux Etats-Unis, notamment en Californie, la consommation de CBD commence à émerger en France, qui est pourtant un cultivateur historique de chanvre, matière fréquemment utilisée dans le textile.

Mais la petite molécule en vogue est bien différente du THC, puisqu’elle n’entraîne ni effet psychotrope ni effet d’accoutumance. Le CBD souffre pourtant d’une confusion avec son cousin, confusion qui se retrouve au niveau législatif -certaines variétés de chanvre sont autorisées, d’autres non, l’utilisation des fleurs et feuilles est interdite (contrairement à celle des graines et des fibres). En outre, la plante doit avoir une teneur inférieure à 0,2% de THC. Profitant de ce flou législatif, et en pleins débats sur la légalisation du cannabis thérapeutique, de nombreuses marques autour du CBD émergent en France.  

 

L’allié anti-anxiété pendant le confinement

Créée en 2019, la marque d’huiles de CBD Fresh Body Green Mind a ainsi constaté une hausse spectaculaire de ses ventes pendant le confinement -à hauteur de 150%, confie la co-fondatrice Sandrine Bridoux. “Depuis les nouvelles restrictions, on sent que ça repart. En un an, c’est fou ce qui s’est passé. On a fait un gros travail d’éducation et de pédagogie. Au début, mes propres parents me disaient que je faisais quelque chose d’illégal”, s’amuse-t-elle. Pour ne pas entretenir l’ambiguïté, l’entrepreneuse préfère parler de “chanvre” et non de “ cannabidiol”  . Même volonté de différenciation du côté de chez Huages, marque co-créée par Hélène Aubier. Celle qui a découvert le CBD à New York il y a 4 ans veut désormais distribuer sa gamme d’huiles “premium” dans des centres de sport haut-de-gamme, des petites épiceries mais aussi dans de plus grandes enseignes, et ce dans une volonté de “démocratisation” … et ce même si les produits dérivés du CBD restent chers, notamment car les fleurs ne peuvent être travaillées en France -et viennent souvent de Suisse.

 

“Plante féminine” 

À la sortie du premier confinement, Léa Ruellan a quant à elle lancé sur Ulule un crowdfunding pour promouvoir sa marque, Équilibre, qui contient quatre huiles dosées à 5, 10, 15 et 20% de CBD, chaque flacon mêlant aussi huiles végétales et fleurs séchées, pour multiplier les bienfaits. Souffrant de trouble dysphorique, une forme très sévère de syndrôme prémenstruel, Léa s’est elle-même tournée vers le CBD il y a plusieurs années.

Cécile, Parisienne de 31 ans, a quant à elle été séduite par l’effet supposé du CBD sur le stress. “J’ai ressenti les effets dès les premières prises, un apaisement immédiat sur le moment. C’est idéal pour les gens qui, comme moi, ont tendance à avoir des angoisses nocturnes pile au moment de s’endormir, avance la jeune femme, qui a instauré comme rituel chaque soir la prise d’huile de CBD. Je n’ai jamais aussi bien dormi, sommeil profond garanti jusqu’au petit matin!”. Elle emploie aussi le CBD sous forme de baume pour les douleurs menstruelles, “sur le bas-ventre mais surtout dans le bas du dos au niveau des lombaires, où se situent tous les vaisseaux sanguins”. Pour Léa Ruellan, le chanvre est en effet une plante par essence féminine, et ce pour plusieurs raisons: alors que le CBD aurait tendance à booster la libido des femmes, il aurait plutôt tendance à créer des pannes chez les hommes, par exemple.

 

Une variété d’usages

Outre l’huile de CBD, à consommer sous la langue, plusieurs produits dérivés sont disponibles sur le marché. Ainsi David Migueres a-t-il lancé Chilled pendant le confinement, une boisson pétillante à base de CBD. Avec 45% de consommatrices, ces petites canettes à boire régulièrement en cure touchent une cible jeune -la moitié des acheteur·se·s ont entre 25 et 35 ans. Manon, 30 ans, a recommencé à fumer des fleurs de chanvre pendant le confinement, après avoir essayé avec un ami qui en fumait pour se passer du THC. “Je ne recherchais pas quelque chose de transcendant en termes d’effets, mais j’aime bien le goût”, explique celle qui en consomme de temps en temps, le soir, “comme une cigarette. Ça n’a pas le goût entêtant du tabac”, apprécie la trentenaire.

Linda Louis, autrice culinaire passionnée de botanique, a d’ailleurs développé tout un tas de recettes autour du chanvre et du CBD dans un livre qui vient de paraître, Super chanvre et CBD (éd. Alternatives). Au rayon des fleurs de CBD, elle évoque “différentes variétés aux qualités organoleptiques spécifiques et à la saveur herbacée, terreuse ou poivrée plus ou moins marquée. Le marché du CBD n’est pas un marché intermédiaire avant la légalisation du THC. Une grande partie des consommateurs de CBD ne sont pas des fumeurs de joint. Pour ne pas faire d’amalgame, on ne représente jamais la fleur de cannabis, même si ce serait correct de la représenter”, précise le fondateur de Chilled, David Migueres. Peu importe sa forme, avant d’utiliser du CBD, plusieurs précautions sont à observer: on en parle à un professionnel de santé, et on vérifie plusieurs informations comme la provenance et la composition. Enfin, on commence par le plus faible dosage, afin de voir comment chacun·e réagit au produit, et on adapte sa consommation. Bon reconfinement à tou·te·s . 

Delphine Le Feuvre


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