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Ces couples qui ont trouvé l'amour pendant le confinement

Le confinement n’est pas forcément incompatible avec la rencontre amoureuse. La preuve.
"Vous avez un message" © 1998 - Warner Bros

"Vous avez un message" © 1998 - Warner Bros


Quand on est célibataire, le confinement et le printemps sont une sorte de super combinaison de frustration. Plus de drague en terrasse, plus de soirées, exit les rencontres impromptues. Et pourtant certaines personnes ne baissent pas les bras. C’est le cas de ce New-Yorkais qui a eu un coup de cœur pour sa voisine qui bronzait en terrasse et qui avec force drones et bulle de plastique portative -pour respecter la distanciation sociale- a réussi à entamer une danse de la séduction avec elle. Mais que se passe-t-il si votre voisin est marié et a quatre enfants? Ou que votre vis-à-vis d’appartement est une dame âgée qui vient de fêter ses 83 ans? Tout n’est pas perdu pour autant. Petite typologie des histoires d’amour en confinement.

 

Les rencards tout terrain

Dimanche 29 mars 2020, l’application de rencontre Tinder a enregistré son plus grand nombre de swipes quotidiens, un record de plus de 3 milliards. Selon une porte-parole de Tinder France, cela est certainement dû “à l’ennui, au désir de faire des rencontres… Pour les gens célibataires et seuls, avoir des conversations sur des sites, c’est très important”. Même écho chez l’application de rencontres Bumble où le nombre d’appels vidéo en France a augmenté de 84% pendant la semaine du 27 mars par rapport à celle d’avant. Si l’on en croit ces chiffres, le coronavirus, loin de refroidir les foules, provoque un boom d’envie de câlins.

Hakim, 33 ans, s’est séparé de sa copine il y a quelques mois. Alors qu’il s’apprêtait à “revenir dans le game”, le confinement est venu bouleverser tous ses plans. Pas de rendez-vous, pas de coups d’un soir, pas de rencontres amoureuses… Si les premiers jours ont été synonymes de grosse déprime, c’est sur les sites de rencontres qu’il a réussi à pallier l’enfermement. Après beaucoup de discussions, le jeune homme a mis en place un système de rendez-vous au supermarché “en respectant la distance de sécurité. Qui a dit que le papier toilette n’était pas sexy? Pas Tinder en tout cas où le mot “PQ” est en constante augmentation dans les profils de ses utilisateurs depuis mi-mars. À bon entendeur…

Trouver un endroit où toute ma famille ne suivait pas la conversation, c’était compliqué.

Même écho chez Chloé, 28 ans, confinée chez ses parents dans le sud. Le week-end avant le confinement, elle a matché avec Auguste sur une appli. Le courant passe bien, mais, comme dans un conte, trois jours plus tard la malédiction surgit: impossible de se rencontrer en vrai à cause de l’interdiction de sortir de chez soi. Qu’à cela ne tienne, elle se laisse convaincre de faire une première rencontre via FaceTime. Et l’expérience est convaincante: “Franchement, c’était sympa de voir quelqu’un d’autre que ma famille. Et puis, pour l’occasion, j’avais enlevé mon jogging, je m’étais maquillée et tout. Par contre trouver un endroit où toute ma famille ne suivait pas la conversation, c’était compliqué et surtout ma sœur a interrompu mon date en hurlant ‘à table’ donc bon ….” Personne n’a dit que le confinement aidait à draguer.

 

Le retour du romantisme

Il y a ceux qui se réinventent pendant le confinement. C’est le cas de Quentin, 28 ans qui habite à Lyon. Après avoir accroché avec Hubert, les deux jeunes hommes se rencontrent le week-end avant le confinement. Arrive de nouveau le confinis éternel (Ndlr: la version latine du confinement qui signifie “qui partage une limite avec”). Pour Quentin, pas question de transgresser l’interdit: “Le confinement est vraiment mal tombé. En plus, il était hors de question de ne pas le respecter, je continue à travailler et je suis en contact avec 6 personnes que je ne veux pas contaminer.” Il prend donc son mal en patience mais au vu du rallongement de la période monacale, il décide de voir son coup de cœur tout de même.

Cette période exacerbe encore plus le sentiment qu’il faut en profiter maintenant.

Mais attention, Quentin n’a pas l’intention d’être le véhicule sain du coronavirus, bien au contraire: “J’ai fait une fournée de cookies et j’ai décidé de rentrer du travail à pied parce qu’il habite sur mon chemin. Il faisait beau, il n’y avait personne, je suis allé sous la fenêtre du jeune homme, je lui ai envoyé un texto pour lui dire que je lui déposais des gâteaux en bas de chez lui. Et après ça, je suis parti. J’ai donc maintenu la distanciation sociale. Maintenant je passe devant chez lui quasiment tous les jours pour lui faire coucou. Cette semaine, en arrivant, il jouait la Gnossienne numéro 3 de Satie au piano et je me suis installé sous sa fenêtre pour l’écouter tout en lisant sans lui dire que j’étais là.” Le romantisme est mort, vous avez dit? Non seulement on est au niveau des meilleures rom-com, mais le confinement permet de se réinventer, selon Quentin: “Dans mes précédentes relations, soit j’ai été trop timide soit je n’ai pas osé m’investir. Dans cette nouvelle situation je me suis dit qu’il fallait se lancer dans le truc. Cette période exacerbe encore plus le sentiment qu’il faut en profiter maintenant.

 

Le retour du refoulé

Pour d’autres, malheureusement, le confinement n’est pas le nirvana amoureux mais la continuité de l’échec amoureux. Ninon, 27 ans, a eu la surprise de voir réapparaître son ex dès que le confinement a été déclaré: “Au deuxième jour du shut down, j’ai reçu un texto de mon ex qui proposait tout simplement qu’on se confine ensemble. Je ne m’y attendais pas du tout”, raconte-t-elle. Un beau retour d’histoire d’amour? Ou une peur panique de la solitude? Apparemment c’était plutôt la deuxième option: “Je ne l’ai pas rejoint car je voulais être sûre que c’était sérieux. J’ai bien fait car après plusieurs semaines passées à discuter tous les jours, lorsque la date de fin de confinement a été annoncée il s’est soudain rétracté sous le motif que je cite: ‘Il ne faut jamais rappeler son ex pendant le confinement, c’était une erreur’. Ça m’a fait déchanter.

 

Ce n’est pas politiquement correct, mais j’espère que ce confinement va durer le plus longtemps possible.

 

La relation TGV

Pour certain·e·s, c’est le moyen d’accélérer les choses. Robin, 28 ans, a rencontré Manon le jour du confinement. Alors qu’ils se connaissent à peine, en une semaine, ils se parlent trois fois en vidéo. Emballé par cette rencontre et désespéré de ne pas pouvoir la revoir plus tôt, Robin lui propose sur un coup de tête de venir la chercher à Paris pour l’emmener dans sa maison de campagne avec toute sa famille: “À circonstances exceptionnelles, actions exceptionnelles. Je lui ai dit ‘On s’en fout, prenons le risque si ça marche pas je te ramène à Paris.’” Cela fait deux semaines qu’elle vit chez ses parents. Si Robin est très lucide sur le fait que la prise de risque joue aussi sur le charme de la rencontre, la vitesse à laquelle se déroule cette relation le surprend complètement: “Une fille que j’ai rencontrée il y a trois semaines, je la connais mieux qu’une fille que j’aurais vue pendant des mois et ça c’est à cause du confinement. On en est à parler de plans sérieux et à emménager ensemble. Ce n’est pas politiquement correct, mais j’espère que ce confinement va durer le plus longtemps possible. Belle histoire d’amour sur la durée ou parenthèse enchantée? Est-ce si important de le savoir à l’avance?

 

Mariage confiné

Brielle a été témoin d’une scène surréaliste à Sydney en Australie. Au tout début du confinement, alors qu’elle est partie faire son jogging, elle voit un chariot à plateforme élévatrice collé à un immeuble. Elle s’approche et remarque que des gens sont arrêtés tout autour: “Je me suis rendu compte que sur la plateforme de travaux se tenait une femme à talons et en robe de soirée, un micro à la main. C’était l’officiante du mariage et sur le balcon de l’immeuble se trouvaient les marié·e·s! En fait l’attroupement dans la rue c’était les invité·e·s, en habits de soirée, qui applaudissaient.” Confinement ou pas confinement, chacun s’adapte pour continuer à vivre ses histoires d’amour: Il faisait beau, les gens étaient heureux malgré ces circonstances et toute la rue a applaudi quand les marié·e·s se sont embrassés.” Attention, les policiers n’étaient pas loin si jamais dans la joie du moment certains hors-la-loi avaient voulu se faire des câlins. Mais pas de quoi briser le bonheur ambiant. Si certain·e·s arrivent à se marier en confinement, cela confirme qu’en amour, rien n’est impossible.

Alice De Brancion


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