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Philosophie, naturopathie, médecine, yoga: petit guide pour gérer l’anxiété du confinement

La période que nous traversons peut-être très anxiogène. Pour aider à gérer ses conséquences sur le mental et sur le corps, quatre spécialistes nous ont livré leurs meilleurs conseils.
Julianne Moore dans “Maps to the stars” © Daniel McFadden
Julianne Moore dans “Maps to the stars” © Daniel McFadden

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Que l’on soit de nature anxieuse ou d’ordinaire plutôt zen, le confinement, la crise sanitaire et l’incertitude liée à l’avenir peuvent mettre notre santé mentale à rude épreuve. Pour aider à gérer nos symptômes et prévenir le stress, Marie Robert, philosophe, Christine Barois, médecin psychiatre, Marine Sharaf, naturopathe, et Elodie Garamond, professeure de yoga, nous donnent leurs astuces faciles à mettre en place pour se défaire du stress. 

 

Créer de nouveaux rituels et multiplier les “minis accomplissements” 

Concrètement, il existe deux sortes de stress:Celui issu de la pression, comme c’est le cas avec un travail à rendre à une certaine deadline, et l’anxiété, qui est l’intolérance à l’incertitude, explicite Christine Barois, médecin psychiatre. En ce moment, les deux peuvent être exacerbés: travail dans des conditions plus compliquées que d’ordinaire, inquiétude pour sa santé et pour ses proches, une date de déconfinement plus ou moins incertaine…Globalement, nous devons faire face à un sentiment de perte de contrôle sur nos vies et nos libertés.Pour se rassurer, la psychiatre préconise de structurer sa journée, notamment en créant des to-do lists, aussi anecdotiques soient-elles.Même si l’on a du travail, il ne faut pas hésiter à y mettre de petites choses facilement réalisables, comme par exemple enfin changer l’ampoule de l’entrée grillée depuis des mois, développe Christine Barois. Ainsi, nous multiplions les petits accomplissements, et nous avons l’impression d’avancer, ce qui est facteur d’apaisement.” 

Se créer de nouveaux rituels, que ce soit une pause à sa fenêtre l’après-midi, un massage des mains le soir ou un e-apéro avec ses ami·e·s tous les mardis, permet également de structurer sa journée et de se créer des moments attendus. Les rituels deviennent alors des repères, ce qui est rassurant dans des moments où nous en manquons cruellement. Cette absence de quotidien -nous ne prenons plus les transports, ne sortons plus, n’allons plus au travail- influe sur notre rythme biologique, et notre organisme met du temps à s’adapter. Il faut créer d’autres habitudes pour faciliter tout ça.Et quand, malgré tout, l’anxiété se fait ressentir, que ce soit par des angoisses le soir, ou des cauchemars, Christine Barois préconise de simplement constater ce qu’il se passe et de l’accepter: Il faut accepter que nous n’allons pas bien, et ne pas chercher à tout prix à résoudre ce souci mentalement, ce qui peut être une source d’angoisse sans fin. Surtout, il faut banaliser ces états passagers, tout à fait normaux dans des périodes compliquées.

 

Accueillir les questions sans forcément chercher de réponses

Pour vous aider à accepter la situation, la philosophie -même si vous la détestiez au lycée- peut être une alliée de taille.Le temps est un élément particulièrement philosophique, assure Marie Robert, qui tient le compte Instagram @philosophieissexy. Nous sommes dans une période immobile, pleine d’incertitudes. Même si c’est cliché, le confinement nous force à revenir à l’essentiel, ce qui peut être très perturbant et demander un temps d’adaptation. Nous n’avons pas l’occasion, au quotidien, d’une telle introspection. Il faut accepter de ‘perdre du temps’ pour cela -de toute façon, nous n’avons pas le choix.Alors, plutôt que de se morfondre et de broyer du noir, prenez exemple sur les philosophes: laisser les questions venir à vous, ouvrez-les, posez-les, sans forcément chercher à y répondre. Mettre à l’écrit ses doutes peut être une façon de calmer ses angoisses très efficace: domaine par domaine, identifiez les choses auxquelles vous tenez, celles qui vous manquent. Vous toucherez alors à l’essence même de la philosophie, qui est de questionner nos comportements, nos valeurs, nos façons de consommer ou de travailler.L’idée est, pour celles et ceux que l’immobilité angoisse, de donner un sens à ce temps mort, où l’on ne peut pas avancer concrètement -que ce soit personnellement ou professionnellement . 

Et pas besoin de lire l’intégrale de Nietzsche pour s’interroger sur ces questions, rappelle Marie Robert.Faire de la philosophie, c’est simplement prendre le temps de réfléchir. Si on a besoin de croiser son regard, d’alimenter sa perception et d’avoir des pistes de réflexion différentes, on peut éventuellement se tourner vers la philosophie grecque, très propice au moment et très accessible puisqu’on y parle de choses qui nous touchent tous: la vie quotidienne. Deux recommandations de lecture: Épicure, idéal pour amener la paix du corps et de l’esprit, et les dialogues de Platon, une bonne façon de s’initier à la philosophie, en touchant à tous les domaines de la vie

 

Manger du chocolat (entre autres)

Privilégier certains aliments peut aussi aider à se sentir bien physiquement -et donc influer sur le mental. La première chose dont le corps va manquer en période stressante, c’est le magnésium, développe Marine Sharaf, naturopathe. Or, cette carence peut être à l’origine de nombreux maux: irritabilité, difficultés à trouver le sommeil, crampes… On trouve notamment du magnésium dans les oléagineux, les graines, les bananes et le chocolat (noir).Pour qu’il soit bien assimilé par le corps, on couple ces aliments à d’autres riches en vitamines du groupe B, comme les céréales et les  légumineuses complètes, ajoute la spécialiste. Autre anti-stress naturel: les omégas-3. Ils sont très bons pour le cerveau et pour le maintien de barrières cellulaires en bon état. Leur efficacité a été prouvée pour le maintien de l’équilibre émotionnel.On trouve des oméga-3 facilement assimilables dans les noix, les graines et les poissons (on favorise notamment les petits poissons, comme les maquereaux, les anchois ou sardines). 

Si l’huile essentielle d’agrumes permet de lutter contre la déprime passagère (attention toutefois aux contre-indications, notamment pour les femmes enceintes et les enfants), prendre de grandes inspirations dans ses mains lorsqu’on vient d’éplucher une orange peut avoir les mêmes effets”, indique également la naturopathe. Enfin, plutôt que d’enchaîner les cafés, les infusions de verveine, lavande et mélisse présentent une alternative naturelle et anti-stress. On les choisit bio autant que possible. 

 

Ne pas être dans la performance physique

Enfin, même si l’offre pléthorique de yoga en ligne peut sembler une bonne idée pour lutter contre le stress, plusieurs petites précautions sont nécessaire au bon déroulement d’une séance à la maison.Les personnes n’ayant jamais fait de yoga peuvent penser qu’il s’agit simplement d’un sport, commente Élodie Garamond, fondatrice des studios de yoga Le Tigre. Ça peut être très perturbant quand on suit un cours trop avancé, puisqu’il s’agit également d’un travail sur les émotions.On veille donc à choisir des cours de professeur·e·s reconnu·e·s, et adaptés à son niveau. C’est important de suivre une progression dans sa pratique pour en tirer tous les bénéfices. Et aussi, il faut être conscient que malgré tous les bienfaits qu’il offre, le yoga ne peut pas soigner tous les maux immédiatement.Le Tigre propose par exemple des cours vidéo gratuits, tous les jours à 11h (pour les adultes) et 17h (pour les enfants) sur sa page Facebook, et offre 15 jours d’accès gratuit à son catalogue via son application Le Tigre Yoga Play. 

Pour participer à ces cours, pas besoin d’investir dans le tapis ou la tenue dernier cri: le yoga peut se pratiquer en sous-vêtements -ou même nu.e, si vous en avez l’envie.La seule chose importante, c’est d’être à l’aise, et pieds nus, pour ne pas glisser. Un tapis antidérapant basique est également utile, et deux gros livres peuvent servir de briques pour ajuster certaines postures.Postures qui doivent être adaptées au niveau et surtout, au ressenti de chacun·e: Il ne faut surtout pas forcer, le yoga n’est pas dans la performance, souligne Élodie Garamond. Les effets n’en seront que meilleurs.Et si, au milieu d’un cours, on n’est plus concentré·e? “On arrête, tout simplement. Il n’y a pas de mal. En revanche, il faut passer par une posture méditative avant de quitter la pratique, sans quoi on perd tous les bénéfices.

Noémie Leclercq


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