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Documentaire

Le documentaire “Footeuses” déconstruit le football au féminin

Une entrée dans l’univers des femmes footballeuses, qui va bien au-delà du sport. On en a parlé avec Lyna Malandro, l’une des réalisatrices du film.
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Avant de coréaliser le documentaire Footeuses, Lyna Saoucha a déjà fait parler d’elle. À seulement 21 ans, la jeune femme, plus connue sous le pseudonyme de Lyna Malandro, compte à son actif le projet Vraies Meufs, lancé il y a trois ans “pour bousculer la représentation des femmes dans les médias et sur les réseaux sociaux.” Sur cette plateforme, on découvre des portraits de femmes comme elle, qui évoquent leur rapport à la féminité, au féminisme ou à la santé mentale. Mais on doit aussi à cette étudiante en double licence d’informatique et de design d’autres initiatives, comme le podcast l’Atay où elle évoque avec des ami·e·s leurs origines maghrébines, leur double culture. “Tous ces projets partent de questions que je me suis posé au début de l’adolescence. Que ce soit un ras-le-bol des diktats de beauté qu’on nous impose, l’absence totale d’opinions diverses des personnes issues du Maghreb dans les médias, ou le manque de visibilité des femmes footballeuses. C’est toujours une question de représentation.” 

 

 

Le foot pour toutes

Pour son premier documentaire, Footeuses, coréalisé avec Ryan Doubiago, Lyna Saoucha explore les histoires de jeunes et moins jeunes femmes qui jouent au foot. Si l’on pense tout de suite à la Coupe du monde féminine de football, qui aurait pu leur donner des idées, il faut plutôt remonter à 2018 pour comprendre la genèse du film.“C’est pendant la Coupe du monde masculine que j’en ai eu l’idée. A ce moment-là, personne ne savait vraiment qui était une Wendie Renard ou une Amel Majri, c’était avant toute la médiatisation de 2019. Je suis partie du constat qu’on connaissait tous les joueurs de l’équipe de France, que l’on suit sur les réseaux sociaux. Même les personnes qui n’y connaissent rien savent qui est MBappé! Mais les joueuses? Où sont-elles? Qui sont-elles?”, se désole Lyna Saoucha.

Depuis l’été 2019, beaucoup de joueuses de football professionnel ont été révélées, mais le sexisme continue d’entourer la pratique. Qu’il s’agisse de commentaires désobligeants pendant les matches ou de la comparaison constante entre les jeux masculins et féminins qui seraient différents, il y a encore beaucoup à faire. Pourtant, elles sont plus de 184 228 à pratiquer ce sport en France, un chiffre en constante hausse depuis la Coupe du monde féminine. Dans Footeuses, Lyna Saoucha voulait montrer le football sous tous ses aspects, avec des personnalités publiques comme Nadia Nadim, Danoise qui évolue en tant qu’attaquante au Paris Saint-Germain, mais aussi des initiatives comme le Witch FC, un club qui mêle art et football. On y croise également des filles qui jouent dès le plus jeune âge, des jeunes femmes de banlieue ou encore des mères, qui ont monté le club de foot l’Olympique Montmartre.

“C’était intéressant de montrer que les footeuses sont hyper diverses.”

Un mélange des genres volontaire pour ne pas tomber dans la facilité. “La région parisienne est un vivier de talents dans le football, il y a plein de personnes de l’équipe de France qui viennent de banlieue. C’est là que ça se passe, mais on ne s’est pas dit qu’on voulait prendre une blanche, une arabe, une noire pour cocher des cases. C’était intéressant de montrer que les footeuses sont hyper diverses. Toutes les rencontres se sont fait naturellement, c’était organique et on n’a pas fait de casting. C’était vraiment au feeling. On voulait que les gens puissent s’identifier avec ce documentaire, se disent que ces femmes pourraient être nos copines, nos filles, nos sœurs, nos mamans.

 

Loin des stéréotypes 

Footeuses est aussi l’occasion de parler de plusieurs stéréotypes qui entourent ce sport quand il est pratiqué par des femmes, dont leur rapport à la féminité. L’équipe du film a d’ailleurs convié Aya Nakamura à donner son avis sur la question. Pour Lyna Saoucha, il était important d’évoquer le sujet, car certaines ont pu faire face à des difficultés, comme Assa, dont la mère avait peur “qu’elle devienne un homme” en jouant au foot. “Dans la réalité, ces filles ne correspondent pas du tout au cliché du ‘garçon manqué’, qui ne veut rien dire en soi. On arrive dans une époque où on est moins cantonné·e·s à nos genres, on ne se pose plus trop la question de savoir si une fille qui porte des jeans et des baskets ressemble à un mec, mais ça peut encore poser un problème dans certaines familles où le stéréotype reste ancré”, explique la réalisatrice. Footeuses permet d’en savoir plus sur ces femmes, pro ou amatrices, débutantes ou confirmées, de banlieue ou de Paris. Elles ne se ressemblent pas forcément et ne se seraient peut-être jamais côtoyées sans le foot, mais partagent leurs doutes et leurs victoires ensemble. Finalement, avec ce documentaire, Lyna Saoucha poursuit la mission entamée avec Vraies Meufs: réaliser des portraits de femmes qui se confient telles qu’elles sont. Elle et Ryan Doubiago ont réussi à montrer que le foot n’avait pas de genre, et se sont donné la mission d’inspirer. Le conseil de Lyna Saoucha à une petite fille qui souhaiterait se lancer? “Je lui dirais de ne pas lâcher si c’est ce qu’elle veut faire. Avant, ça paraissait impossible, aujourd’hui je me demande même si cette petite fille a vraiment besoin de conseils”, conclut-elle.

Jennifer Padjemi 


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