société

En partenariat avec la Région Île-de-France

Diaryatou Bah se bat pour que les femmes ne soient plus excisées

Elles sont médecins, ingénieures, réalisatrices ou militantes. Pour la première fois cette année, la Région Île-de-France a voulu célébrer ces Franciliennes qui s’engagent et font bouger les lignes. Les trophées ellesdeFrance les ont récompensées pour leur courage, ou pour leurs actions menées dans le domaine de l’innovation, de la création, de la solidarité. Nous avons rencontré ces femmes extraordinaires: cette semaine, on vous présente Diaryatou Bah, prix du courage et présidente de l’association Excision Parlons-en!.  
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Née en Guinée, Diaryatou Bah a été excisée à l’âge de 8 ans. Une douleur qu’elle ne pourra jamais oublier, mais dont elle a fait au fil des années une force. Aujourd’hui, la trentenaire est présidente de l’association Excision parlons-en!, créée en 2013, qui oeuvre à la disparition des mutilations sexuelles féminines par le biais de campagnes de sensibilisation et de l’éducation. Cette militante féministe a trouvé dans son engagement le chemin vers sa reconstruction. Récompensée par les trophées ellesdeFrance dans la catégorie courage, Diaryatou Bah a répondu à nos questions.

Peux-tu te présenter?

Je suis Diaryatou Bah, j’ai 33 ans et je suis la présidente de l’association Excision Parlons-en!.

Quel est le but de l’association? 

On travaille sur des campagnes de sensibilisation, on a déjà mené deux campagnes, et la troisième va démarrer en 2019. Elle s’intitule “Alerte à l’excision” et l’objectif est de préparer les adolescentes qui partent en vacances dans leur pays d’origine pour qu’elles ne soient pas excisées.

Qu’est-ce qui a motivé ton engagement dans ce domaine? 

Ma prise de conscience des violences faites aux femmes, mais aussi de celles que j’ai subies. Il y a des milliers de femmes qui sont confrontées à l’excision, aux mariages forcés.

 

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais? 

Ce qui me rend fière, c’est toutes les femmes que j’ai pu aider à vivre librement, mais aussi le rassemblement que j’ai organisé l’année dernière en Belgique, à Liège, pour rendre hommage à Oumou, qui a été tuée sous les coups de son mari et qui laisse deux enfants derrière elle.

Ta dernière grande victoire? 

La naissance de ma petite fille évidemment, mais aussi les femmes que j’accompagne, notamment l’une d’elles, qui dormait dans un restaurant et qui, aujourd’hui, a un lieu d’hébergement et va être réparée suite à l’excision qu’elle a subie.

Comment pourrait-on en finir avec l’excision? 

Il faut continuer les campagnes de sensibilisation, mais aussi s’appliquer sur l’éducation, car c’est la seule arme contre l’excision. Les personnes qui pratiquent l’excision sont ignorantes, elles répètent ce qu’elles ont acquis depuis des générations.

Que dirais-tu aux femmes qui veulent se lancer? 

“Engagez-vous, regardez où j’en suis aujourd’hui!” Quand je me suis engagée, je ne pensais pas que j’allais vivre tout ça parce qu’avant tout, je me suis engagée pour vivre ma liberté. Aujourd’hui, je porte la voix de plusieurs femmes qui ne pourront jamais témoigner, qui ne pourront jamais parler. Donc engagez-vous, ça permettrait de libérer les autres.

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski et Julia Tissier 


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