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Cette illustratrice s'est lancée dans une fresque géante pour sensibiliser à l’environnement

Elly Oldman, illustratrice rennaise de 29 ans, a eu la géniale idée de dessiner une fresque interactive géante pour inciter les gens à ne plus jeter de déchets dans la nature. Exposée à partir du 28 septembre au Cube, à Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, ainsi qu’à Rennes, du 4 au 31 octobre, à l’occasion du festival Maintenant, nous l’avons rencontrée. 
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Je ne te montre pas mon bureau, c’est le bazar!” La salle où travaille Elly Oldman -c’est son pseudo- sert, en ce mois d’août, d’entrepôt pour les graffeur·se·s de l’association de soutien au réseau urbain d’expression (Asarue). La jeune femme à la chevelure rose foncée, pull gris et jean, travaille depuis l’automne dernier dans leurs locaux situés dans un hangar en périphérie de Rennes, même si celle-ci préfère sa tablette graphique aux bombes de peintures rangées sur les étagères métalliques. Ces dernières semaines, l’illustratrice de 29 ans a plutôt fait l’ermite chez elle, dans le centre-ville de la capitale bretonne, “sans voir personne”. C’est la dernière ligne droite pour son projet qui lui a pris plus de huit mois de travail à temps plein: La Grande histoire du dessin sans fin, une fresque géante avec une histoire interactive en réalité augmentée. Elle n’attend plus que la livraison des cartons qui devraient arriver la semaine suivante. 

 

Réapprendre à écrire

L’idée est venue du ‘dessin sans fin’ que j’ai commencé sur Instagram en 2017”, raconte Elly Oldman, entre deux taffes de cigarette.  Après une violente crise d’épilepsie en août 2016, celle qui était barmaid à l’époque doit réapprendre à écrire. La Bretonne originaire de Lannion, arrivée à Rennes pour étudier à la faculté de sciences humaines, se rééduque seule en traçant des lignes. Elle gagne au fur et à mesure en dextérité et se met à dessiner tous les jours sur une tablette graphique offerte par sa mère. Sa main droite tremble trop pour réaliser des coups de crayon droits, un logiciel stabilisateur l’aide dans ses mouvements. 

Le but était de dessiner ce que je voyais, ce que je voulais, sans contraintes.” Sa fresque devient alors truffée de références à son quotidien, sa famille, ses amis ainsi qu’à la pop culture: “On y voit notamment Will Smith car je regardais à ce moment-là Le Prince de Bel-Air, Uma Thurman ou encore Justin Timberlake… ” Le “dessin sans fin” est posté au fur et à mesure sur la page Instagram The Infinite Drawing, suivie par plus de 18 000 personnes.

 

 
 
 
 
 
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C79 – Au fur et à mesure des posts, vous allez souvent voir passer des bouts de phrases dont il manquera la moitié au moins. Pour l’instant ça va encore, mais ça ne va pas tarder à partir en cacahuète 😅. En fait c’est parce que comme j’ai dessiné la fresque horizontalement dans le Dessin Sans Fin qui lui est vertical, le découpage des cases n’est pas le même du tout. Ceci dit, vous verrez vite qu’au fur et à mesure des nouveaux posts la suite des phrases apparaît. Vous pourrez donc tout comprendre en farfouillant dans les prochains posts, et puis si vous n’êtes pas assez patient.e.s il y a toujours les expositions pour voir la fresque en entier !! ! Les phrases y seront dans le bon sens ahah ! . #drawing #parasol #typewriter #hat #cat #chat #dessin #bujo #sketching #sketchbook #sketch #artwork #creative #digital #bretagne #frenchblogger #frenchgirl #streetart #instagood #instamood #drawingoftheday #artoftheday #diy

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Une fresque géante interactive et participative 

Puis, ce qui n’était qu’un passe-temps devient sa profession. L’association rennaise de pratiques artistiques innovantes, Electroni[k], la contacte l’été dernier. La structure veut soutenir et exposer son travail… Or l’image bleue foncée a atteint une taille gigantesque: quinze mètres de long sur soixante centimètres de large! Elly Oldman propose donc un format plus petit et quitte son travail à l’automne 2018 pour s’y consacrer pleinement. Depuis un an, elle bosse “quatorze heures par jour” sur cette version de cinq mètres cinq sur deux mètres. Elle sera exposée à Issy-les-Moulineaux au Cube, à partir du 28 septembre ainsi qu’à Rennes tout le mois d’octobre, lors de Maintenant, le festival fondé par Electroni[k]. 

Avec le temps, le propos du dessin a également changé. “Je me suis demandé ce que je voulais aborder et ce qui m’intéressait était la question du plastique et des déchets. Moi ça me gonfle d’en voir partout!, s’exaspère celle qui ramasse régulièrement les détritus dans un chemin près du canal à côté de chez elle. Ce que tu te récoltes à la fin, c’est juste un mal au dos car tu repasses au même endroit quelques heures après et il faut tout refaire.

Elle invente alors l’histoire d’une petite fille et d’un robot qui partent dans un marécage rempli de plastique géré par un roitelet peu soucieux de son environnement. Le duo va donc récolter les déchets un à un. Cependant, il y en a tellement qu’il a besoin d’aide. Et sur l’installation grandeur nature, les deux héros sont incarnés … par le public!

 

Mêler l’art à l’écologie   

Dans neuf zones précises, il faudra trouver soi-même les détritus qui asphyxient les animaux, dessinés à partir de photos réelles, à l’aide d’une tablette: “Quand on passe dessus, les déchets sont enlevés, la couleur apparaît, l’univers s’anime et tout le monde est content! La Grande histoire du dessin sans fin s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes mais je me suis rendu compte que ce sont les petits les plus réceptifs. Quand je travaillais dans un bar, je ne leur donnais pas de pailles car je leur disais que cela partait dans l’océan et tuait les tortues. La semaine d’après, ils s’en rappelaient et n’en voulaient plus. Alors que lorsqu’on parle aux parents qui fument et jettent leurs mégots par terre, ils s’en foutent… 

En plus des expositions, Elly Oldman va également animer des ateliers de sensibilisation: “Il faudrait être là où il y a le plus de monde! Les écoles, les MJCs… ” Cependant, la trentenaire ne veut pas se transformer en “gourou anti-plastique”: “Ce n’est pas mon métier. Je fais des dessins. Je veux aussi bien montrer le côté artistique qu’écolo.

Manon Deniau


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