société

Reportage

J'ai participé au Mud Day sans m'entraîner (ou presque)

Pendant plus d’un mois, notre journaliste Stéphanie Semedo (ne) s’est (pas vraiment) entraînée pour participer au Mud Day à Lyon, une course d’inspiration militaire de 13 kilomètres, entrecoupée de 22 obstacles, dignes du pire parcours des combattants. Récit.   
Stéphanie, en pleine action DR
Stéphanie, en pleine action DR

Stéphanie, en pleine action DR


Parfois, une conférence de rédaction aboutit à des évènements inattendus. Comme s’engager à participer au Mud Day, soit un parcours extrême de 13 kilomètres comportant une vingtaine d’obstacles dignes de ton pire cauchemar -boue, bain de glaçons et Cie. La prochaine fois, j’y réfléchirai à deux fois mais cette fois-ci, je suis contrainte de tenter le challenge. 

J-37

Dans un peu plus d’un mois, je serai à Lyon avec 10 000 autres participants. Il est temps de commencer à s’entraîner. Programme du jour? 50 minutes de jogging. Il faut savoir que je n’ai jamais été très sportive donc pour moi, c’est déjà un défi. Sur les 50 minutes, je marche la moitié du temps. Quand je rentre chez moi, épuisée, je tombe sur un reportage sur les recrues du GIGN.  C’est un signe.

J-31

Après avoir parlé avec une amie d’ami qui participe à la Spartan Race – une sorte de Mud Day hardcore-, je me rends compte que mon entraînement est trop léger, il faut mettre les bouchées doubles. Je vais à la salle de sport pour une séance de cardio. Je n’ai jamais autant transpiré.

J-25

Stupeur et ricanements: je viens d’annoncer à mes copines que je vais faire le Mud Day. Elles savent que je suis nulle en sport de course (et aussi de raquette, de ballon, d’orientation, etc). Je ne les déteste pas pour autant car elles m’encouragent quand même. 

J-17

Je suis partie en vacances, avec, dans ma valise, mes baskets, ma tenue et beaucoup de motivation. Soit l’incarnation de l’optimisme (ou du déni, je ne sais pas). Quatre jours après mon arrivée, je prends mon courage à deux mains et enfile ma tenue de sport pour une sortie sous le soleil espagnol. Trente minutes plus tard, je n’en peux déjà plus, la chaleur a raison de moi. Je ne le sais pas encore mais c’est mon dernier entraînement.

J-4

Je suis bien reposée mais pas vraiment entraînée. Une mention en rouge sur la convocation au Mud Day attire mon attention: “Trouve ton covoiturage.” De Lyon, il va falloir rallier le Lac de Vénérieu où se dérouleront les épreuves, c’est-à-dire à environ 50 kilomètres de la ville. Après plusieurs échanges de mails avec Chris69528 et Caro95264 sur les forums dédiés au jour J, je trouve une voiture. Mon arrivée est prévue trois heures avant mon heure de passage, ça me laissera le temps d’appréhender l’épreuve. 

J-1

Qu’est-ce que je fais dans cette galère? Le sociologue et maître de conférences à l’université Clermont-Ferrand II Jean Corneloup m’explique que les participants à ce genre d’événements ont “besoin d’excitation, de sortir de la banalité du quotidien”. “Se confronter ainsi à l’extrême, c’est une façon de redonner du sens à sa vie dans un monde aseptisé”, conclut-il. J’ai mal au ventre, j’ai presque envie d’avoir l’appendicite. 

Jour J

Mud Day lac © Stephanie Semedo

© Stéphanie Semedo

Mon réveil sonne. Il est 6h29. Mon mal de ventre est passé mais je ne sais pas encore si je serai capable de terminer l’épreuve. J’ai rendez-vous à 7h30 pour le covoiturage avec Agnès, 27 ans, et son équipe. Elle est accompagnée de son mari Nicolas, 30 ans, sa belle-sœur Cécile, 26 ans et Marine, 23 ans, une amie de cette dernière. Sur la route qui nous mène au lieu du futur carnage, le brouillard donne au trajet une atmosphère mystérieuse. “L’objectif, ce n’est pas d’aller vite mais de finir la course”, assure Nicolas. “Si on la termine, on sera fiers de nous”, ajoute Cécile. Je dis “Oui, oui” et je pense que je n’y arriverai pas. Sur place, l’ambiance est plutôt au festival champêtre qu’au bootcamp: musique à fond et stands tout autour du lac. 

“Warm up”

Mud Day entraînement © Stephanie Semedo

L’échauffement © Stéphanie Semedo

Les concurrents sont tous très musclés et certains ont même enfilé une tenue néoprène. De mon côté, je suis en caleçon et en débardeur. Je le vois dans leurs yeux, ils sont là pour gagner. Avant le départ de chaque vague de participants, 20 minutes d’échauffement sont dirigées par deux instructeurs dans un joyeux bordel. Le top départ est donné au son de “Mud guys, quel est votre métier?” et la foule de répondre en chœur “La boue, la boue, la boue”.

Tête de course

Mud Day départ © Stephanie Semedo

La ligne de départ © Stéphanie Semedo

11h20. C’est à mon tour de m’échauffer et je suis déjà à bout de souffle. Ça commence mal. 11H40, je m’élance. Je tiens les 500 premiers mètres, avant de me mettre à marcher. De plus en plus de monde me dépasse. La première épreuve? Traverser un champ de maïs. Ne prenant conscience du caractère angoissant de ces plants de 2 mètres de haut qu’une fois seule dedans, je suis pressée de terminer ce passage. Je cours, je cours, mais je n’en vois pas la fin. Quand des concurrents arrivent en sens inverse, je fais demi-tour et me voilà en tête de course avec eux.

Je redoute plus “L’Ice crime”, une énorme cuve remplie d’eau et de glaçons dans laquelle il faut s’immerger.

Troisième épreuve? La boue. Ou plus exactement des montagnes de boue à franchir le plus rapidement possible… Ça glisse, ça colle, ça pue. Il faut faire attention à ne pas trop s’enfoncer dedans, au risque de perdre ses baskets. J’adopte une technique infaillible (ou presque): je mets mes pieds dans les traces de pas des coureurs précédents. La descente se fait sur les fesses, en mode toboggan. Je rampe sous des barbelés, je franchis une “échelle” de 4 mètres et poursuis mon chemin, en alternant course et marche. Le cinquième obstacle est assez physique: un mur lisse de plus de 2 mètres à escalader. Comme je n’ai pas d’équipe et encore moins de force dans les bras, je demande à deux mecs de me faire la courte échelle. L’adversité crée des liens. 

Pétrifiée

Mud Day Six Trees Under © Stephanie Semedo

L’épreuve “Six Trees Under” © Stéphanie Semedo

Plus loin, la dixième épreuve baptisée “Six Trees Under” est plutôt soft: après une marche dans l’eau, on arrive devant de gros rondins sous lesquels il faut passer. Je redoute plus “L’Ice Crime”, une énorme cuve remplie d’eau et de glaçons dans laquelle il faut s’immerger. Je ne réfléchis pas et saute dans le bassin. L’eau m’arrive aux épaules. Il faut que je plonge pour passer sous un rondin de bois. Si jusqu’ici le froid ne m’avait pas trop piquée, là c’est terminé: je suis gelée. Une fois dehors, tous mes membres sont engourdis.

J’ai une démarche digne de Robocop et je dois maintenant traverser un rideau qui envoie de petites décharges électriques.

Allongés sur le sol, je croise des mecs qui souffrent de  crampes et je pense bêtement y échapper car j’ai beaucoup marché. À la 18ème épreuve, je déchante. En plein élan pour sauter sur le dos d’une participante avec laquelle je fais équipe pour traverser une centaine de mètres, une douleur violente s’empare de mes mollets. Je suis trempée, j’ai une démarche digne de Robocop et je dois maintenant traverser un rideau qui envoie de petites décharges électriques. Je franchis la ligne d’arrivée à 14h50, c’est-à-dire 3h10 après mon départ. Je suis éreintée mais j’ai relevé le défi. Tous les “Mud guys” repartent avec un t-shirt et une médaille ressemblant aux plaques des militaires américains. En somme, je suis une guerrière.

Mud Day rideau décharges électriques © Stephanie Semedo

Le rideau de décharges électriques © Stéphanie Semedo

J+1

Mon corps n’est plus qu’une courbature géante mais je suis fière.

Stéphanie Semedo


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Stéphanie, en pleine action DR - Cheek Magazine
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