société

Le Meufisme, les YouTubeuses féministes à suivre absolument

Derrière l’humour générationnel et féministe du Meufisme, se cachent Camille Ghanassia et Sophie Garric. On les a rencontrées. 
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach

Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach


Hollywood, les règles, le harcèlement de rue, le maquillage ou encore les ex: il n’y a pas grand chose qui échappe aux créatrices du Meufisme, une web-série drôle et bien pensée. Camille Ghanassia et Sophie Garric, deux jeunes trentenaires -on aura beau demander, on ne saura pas précisément leurs âges- ouvertement féministes et passionnées de cinéma, poursuivent un objectif clair: raconter l’histoire de la “meuf lambda” avec pertinence et humour. Le résultat est soigné, les sujets drôles sans être caricaturaux.   

On voulait faire des vidéos faites par, pour et avec des meufs.”

Les deux jeunes femmes se sont rencontrées il y a huit ans dans un cours de théâtre, et sont depuis devenues amies. “Le Meufisme, quant à lui, est né il y a plus d’un an, pendant une soirée entre amies, explique Camille Ghanassia. Sophie nous a fait un sketch qui m’a beaucoup fait rire. Je me suis dit qu’il fallait qu’on en fasse quelque chose et c’est devenu le premier épisode.” Derrière ce projet, il y a la volonté de renforcer la présence féminine sur YouTube et de donner la parole aux femmes: “On voulait faire des vidéos faites par, pour et avec des meufs”, confie Sophie Garric. “Mais rassurez-vous, des hommes ont aussi rejoint nos rangs et on en prend grand soin!”, ajoute-t-elle en riant. Si cette dernière amène les idées, Camille Ghanassia, elle, concrétise les vidéos. Elle a d’ailleurs progressivement arrêté la comédie pour se consacrer intégralement à la production. Depuis janvier 2014, le duo a désacralisé les règles, déconstruit le mythe de la vie de princesse parfaite et montré que les soirées filles, ce n’était pas seulement manger des cupcakes en parlant manucure. 

Camille Ghanassia du Meufisme © Alessandro Clemenza

Camille Ghanassia © Alessandro Clemenza

Sophie Garric du Meufisme © Alessandro Clemenza

Sophie Garric © Alessandro Clemenza

Depuis le début de leur aventure, le tremplin Internet a fait son œuvre: les vidéos font de plus en plus de vues, l’équipe s’est agrandie et Canal+ a signé pour financer douze nouveaux épisodes. Après plus d’une année, le format est donc en pleine refonte: “L’équipe du Meufisme est devenue une grande famille et on est bien décidées à ne pas abandonner le projet, assure Camille Ghanassia. On veut conserver notre regard drôle et décalé.” On a demandé à ces deux femmes issues de la génération Y de nous livrer une sélection non exhaustive des vidéos qui les font marrer. 

 

1. Redouanne Harjane, Loser 

Découvert à La Nouvelle Seine grâce à notre amie Jessie Varin, directrice artistique de cette joyeuse péniche, on a eu un énorme coup de cœur pour ce doux dingue maniant l’absurde avec une poésie très personnelle. Non seulement son titre est super bien produit, mais surtout on aime beaucoup la réalisation de son clip, ce qui ne gâche rien. Faire le con avec autant de soin et de méticulosité nous épatera toujours.

 

2. Alex Lutz et Audrey Lamy, Les Feux de l’amour

Parce qu’ils ont les même initiales. Non sérieusement, on est profondément admiratives du talent d’Alex Lutz, ici accompagné d’Audrey Lamy, absolument hilarante. Il sait à la perfection nous imiter nous les meufs, et le fait toujours avec une infinie tendresse, ce n’est jamais méchant, toujours jubilatoire.” 

 

3. Suricate, The Superheroes Hangover

Ils ne font plus de vidéos ensemble, enfin sous ce titre, mais Julien Josselin, Vincent Tirel (La chanson qui s’appelle Henri) et Raphaël Descraques (Le règne des enfants) nous ont tellement bluffées qu’on ne pouvait pas ne pas les citer. D’autant plus qu’ils figurent parmi les premiers YouTubeurs à avoir affiché une ambition clairement cinématographique dans la réalisation de leurs vidéos. Ce sont des éclaireurs, libres et bien plus profonds que ce que leur humour a priori potache et absurde voudrait bien nous faire croire. Hâte de les retrouver sur grand écran.

 

4. Mozinor, Captain America

Tout le monde connaît sa version revisitée de Bite it avec un Michael Jackson traumatisé. On adore ce mec, l’un des premiers à nous avoir fait hurler de rire sur l’Internet. On est fascinées par ceux qui arrivent à nous surprendre encore, avec une matière culte vue et revue, ils sont super ingénieux! Dans le même genre, les Mashups de Julien nous amusent énormément également.

 

5. Natoo, Comment être féminine?

Si la palme de la meuf la plus drôle et la plus sympa du Web existait, on militerait pour qu’on lui décerne. Et puis c’est la reine des licornes, on aime beaucoup les licornes.

 

6. Singham, Bollywood  

On aimerait vraiment savoir si les mecs qui bossent à Bollywood sur ces grosses scènes de castagnes le font en croyant véritablement réaliser un truc supra badass ou s’ils ont conscience du level super high de leur humour. On adore les Indiens et encore plus leur cinéma, ils sont fous et super doués en chorégraphies improbables.

 

7. Jimmy Kimmel, Handsome Men’s Club

On assume totalement notre complexe du pop corn car, au fond, cette liste n’aurait pu être constituée que de vidéos from Funny or Die, le Saturday Night Live, ou avec du Jimmy Fallon ou du Jimmy Kimmel dedans. Si seulement, en France, nos célébrités usaient d’autant de second degré que leur collègues américains, la baguette serait plus croustillante. On a choisi cette vidéo particulièrement pour Matthew Mc Conaughey qu’on a l’intention d’épouser dans une prochaine vie. Mais on a énormément hésité avec celle-làcelle-ci , celle-là aussi ou celle-ci encore.

Propos recueillis par Roxane Grolleau


2. Koun, l'ONG libanaise qui diffuse le yoga dans les camps de réfugié·e·s 

“Rendre le yoga accessible à ceux qui en ont besoin.” Une devise qui frappe dès la page d’accueil du site de Koun, l’ONG fondée par Sandy Boutros, jeune yogi libanaise qui compte bien amener le yoga au sein des communautés défavorisées.
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach - Cheek Magazine
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach

4. Le “wokewashing”, ou comment les marques s’emparent de causes pour faire face à la décroissance

La cause animale, le body positive ou les luttes LGBTQI+: autant d’engagements que les marques n’hésitent pas à brandir, mais qui camouflent souvent des démarches purement mercantiles. C’est ce qu’on appelle le wokewashing.  
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach - Cheek Magazine
Camille Ghanassia et Sophie Garric © Marion Dunyach