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Revue de presse

Comment couvrir Roland-Garros de façon sexiste? Demandez à L'Équipe

Aujourd’hui, on décerne la palme de l’article le plus sexiste du jour à L’Équipe et à son papier titré “Typologie des femmes de joueurs sur le circuit”. 
La palme du papier le plus sexiste du jour est décernée à L'Équipe
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La palme du papier le plus sexiste du jour est décernée à L'Équipe


Depuis le début de Roland-Garros, mères de familles, modeuses discrètes, chanteuses et autres mannequins se succèdent dans les boxes de leur joueur de mari. L’occasion de dresser une petite typologie des femmes des tennismen.” C’est ainsi que débute cet article consternant de L’Équipe, titré Typologie des femmes de joueurs sur le circuit. Passons sur l’idée même du sujet -on imagine que les matchs étant continuellement annulés en raison de la pluie, l’inspiration est venue à manquer-, profondément sexiste et sans aucun intérêt journalistique. La suite du papier, évidemment, bat des records de machisme et de paternalisme affligeants. 

Les catégories choisies par la rédaction -l’article n’est pas signé par un ou une journaliste en particulier- pour “classer” les femmes des joueurs se révèlent surréalistes. Tout d’abord, il y a la “mère de famille” qui “a tout sacrifié pour son homme et s’occupe des enfants à plein temps”. Catégorie dans laquelle Carine Lauret, la compagne de Gilles Simon, est rangée. Cette dernière doit être ravie d’en être réduite à sa maternité.

Il y a ensuite “l’omnipotente” qui aurait pu aussi être qualifiée “d’intrigante” puisqu’elle est celle qui est “intelligente”, possède “une bonne connaissance du milieu et le goût des affaires” et “intervient dans la carrière de son mari au point d’en prendre les commandes”. La nana n’est pas totalement conne donc elle est évidemment un peu manipulatrice.

La mondaine” arrive ensuite et figurez-vous qu’elle “n’est ni actrice, ni chanteuse, ni mannequin, mais elle est jolie et présente bien.” C’est le principal, hein.

Il y a ensuite la “bad girl” qui est, “souriante quand tout va bien” mais qui “a un caractère bien trempé et n’hésite pas à manifester son mécontentement pendant les changements de côtés”. “Bad girl” étant donc un qualificatif sympa pour insinuer que c’est une chieuse de première. Kim Sears, l’épouse d’Andy Murray, doit se reconnaître sans peine dans cette description.

Puis, il y a “la discrète”, elle est “jolie” et “se déplace souvent sur les tournois pour soutenir son bien-aimé dans son box, mais même les sites people les mieux informés n’en savent pas beaucoup sur elle”. Ambiance “pot de fleurs” donc. “La mondaine” arrive ensuite et figurez-vous qu’elle “n’est ni actrice, ni chanteuse, ni mannequin, mais elle est jolie et présente bien.” C’est le principal, hein. Et puis, il y a “Madame tout le monde” qui a “sa vie, son travail, et ne peut poser 25 semaines de congés pour suivre son homme partout dans le monde”. Ah, nous voilà rassurées, cette femme a un travail -car les autres, apparemment, n’en ont pas. Et, ne soyons pas mauvaise langue, elle n’est pas la seule puisqu’il y a également “la top model”, “grande, belle, [et qui] promène ses mensurations de rêve sur les podiums du monde entier pour gagner sa vie”, “la chanteuse”, “belle, sexy et [qui] gagne sa vie en chantant sur les scènes de son pays ou du monde entier” et enfin “la joueuse” -oui, les femmes aussi jouent au tennis- qui “partage le même quotidien rythmé que son homme et ne râlera pas à chaque fois qu’il part en tournoi” -parce que les autres, si. Merci pour ce moment, L’Équipe.

Julia Tissier


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