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Interview “Top Cheffe”

Avec “Mangeuse d’herbe”, elle revisite la cuisine antillaise en version afro-vegan

Avec son compte Instagram, Mangeuse d’herbe a réussi le pari de concilier son veganisme et son amour inconditionnel pour la cuisine caribéenne transmis par sa mère, grâce à des recettes alternatives végétales.
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Styliste et modéliste de formation, Charlotte Polifonte décide de se lancer à l’automne 2019 dans l’aventure Mangeuse d’herbe, des recettes qui revisitent la cuisine antillaise en mode afro-vegan, pour convaincre son entourage que manger vegan n’est pas synonyme de graines et de plats fades. Métisse franco-guadeloupéenne, l’autodidacte de 29 ans prouve via ses posts Instagram que les plats traditionnels antillais peuvent être goûtus et vegan friendly. Afro-vegan convaincue, elle partage ses meilleures recettes avec ses abonné·e·s sur son site et sa chaîne Youtube

 

 
 
 
 
 
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✨COLOMBO VEGAN✨ Une recette traditionnelle vegetalisée. Des saveurs des dimanches en famille, des tuperwares que je ramenais pour avoir un peu de la maison dans mon tout premier appart. Un plat qui rime avec reconfort ( en concurence avec les dombrés 😬). Je tiens à magnifier les plats du matrimoine antillais ( merci pour ce mot 😍@wildeblume.w), bien plus qu’un folklore, on est sur de veritables pepites de saveurs. Un heritage en or que je vous invite à celebrer et à élever 🥰 Une vidéo youtube ( link in bio) dans laquelle je tente de sublimer tous ces gestes que l’on connait pour certains depuis nos plus jeunes âges . #vegan #afrovegan #blackvegan #plantbased #blackvegansofig #veganlife #veganfood #vegansofig #govegan #veganfoodshare #blackvegetarian #plantpoweredsistas #veganism #vegansofcolor #blackveganwomen #whatveganseat #plantbased #fruit #foodphotography #naturephotography #vegan #plantbased #veganfood #healthyfood #fresh #colombo #antilles #curry

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Comment es-tu devenue vegan?

Suite à une conversation avec une militante rencontrée lors d’un évènement afro-féministe. On avait pas mal de points communs: même prénom, même signe astrologique, même parcours scolaire, sauf qu’elle était vegan… A l’époque, je ne m’intéressais pas à la cause animale mais elle m’a donné envie d’en savoir plus sur la question. J’ai ensuite entamé “ma nuit de l’horreur”, nuit pendant laquelle j’ai regardé des documentaires sur le traitement infligé aux animaux par l’industrie agro-alimentaire. J’ai pris conscience de l’impact de mon alimentation sur l’environnement, ce qui m’a poussée à devenir vegan à mon tour, du jour au lendemain.

Quelle a été la réaction de tes proches quand tu leur as annoncé?

Ma famille antillaise a été assez compréhensive. Personne n’est vegan chez moi, on n’avait jamais abordé les questions d’environnement et de la non-consommation de produits d’origine animale auparavant. Au début, les repas de famille étaient compliqués, il a fallu s’adapter… Les premiers Noël vegan n’ont pas été simples! mais ça va beaucoup mieux à présent, j’ai réussi à trouver des recettes qui plaisent à tout le monde. Par contre, cela a été plus difficile avec ma famille blanche. Certaines personnes avaient du mal à accepter mon choix, elles avaient l’impression d’être montrées du doigt à travers mon véganisme, de passer pour des monstres… Mon choix a obligé certains membres de mon entourage qui n’en avaient pas l’habitude jusque-là à se remettre en question.

L’esclavage a laissé des traces dans les habitudes alimentaires de mes ancêtres, qui ont été contraints de consommer de la viande afin de pouvoir subsister.

D’où te vient cette passion pour la cuisine?

J’ai toujours vu mes proches aux fourneaux mais c’est vraiment le décès de ma mère qui m’a donné envie de cuisiner. Suite à sa disparition, j’ai voulu retrouver les saveurs des bons plats qu’elle cuisinait le dimanche, j’ai donc dû me replonger dans mes souvenirs pour les recréer. Sa cuisine était assez instinctive donc je n’avais pas de recette écrite sous la main.

Tu insistes beaucoup sur l’importance de la transmission de ton héritage antillais. Comment es-tu parvenue à concilier ton véganisme avec la cuisine caribéenne traditionnelle, souvent composée de viande?

Grâce à un travail de déconstruction approfondi sur ma culture, j’ai pu retracer l’origine de nos plats traditionnels qui sont fortement influencés par l’Afrique et la population amérindienne native des îles, les Arawak, adeptes du régime végétalien. Néanmoins, l’esclavage a laissé des traces dans les habitudes alimentaires de mes ancêtres, qui ont été contraints de consommer de la viande afin de pouvoir subsister. Le documentaire The Post Traumatic Slavery Diet m’a ouvert les yeux sur les origines de la soul food des Africain·e·s-américain·e·s qui est comparée à de la “slave food”. Certain·e·s Africain·e·s-américain·e·s continuent malheureusement à se nourrir comme au temps de l’esclavage avec des aliments riches en graisse à une faible valeur nutritive et surtout une forte consommation de viande. Avec Mangeuse d’herbe, l’objectif est de renouer avec la cuisine ancestrale de mes aïeux et de la faire connaître.

 

 
 
 
 
 
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UN JACKCOCO magnifique et pimenté !!! J-10 avant mon départ en Guadeloupe ! Je vous y ferais des tonnes de photos et des recettes locales avec des produits cueillis dans le jardin de ma grand-mère et des voisins. 😍😍 Les fêtes de fin d’année sont terminées mais cette recette de jack coco se consomme toute l’année !! Sans gluten et plein d’anti-oxydant est parfait pour se detox de nos abus non carné ! A consommer avec du riz ou des pois chiches 😉 . #veganmeal #vegetalien #vegansofinstagram #blackvegan #afroveganfood #afrovegan #glutenfree #sansgluten #whatveganeat #veganrecepies ##recette #recettehealthy #healthyfood #plantbased #vegan #veganshare #foodphotography #jackfruit

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Quel(s) produit(s) aimes-tu le plus travailler?

Les produits des pays antillais, comme le piment dit “végétarien”, les épices et les légumes racines qui révèlent le lien avec l’Afrique.

Que cuisines-tu chez toi?

Je cuisine de tout! Des quiches en passant par des curry ou même occasionnellement des burgers faits maison, mais mon plat préféré reste le riz haricots rouge avec une sauce chien.

Quel plat as-tu mis longtemps à réussir?

Le riz haricots rouges justement! Ma maman a mis la barre tellement haut qu’il m’a fallu du temps pour le cerner et retrouver le goût parfait  de ce plat traditionnel antillais.

Est-ce que tu as un plat du dimanche soir?

Le dimanche soir, j’ai souvent la flemme de cuisiner alors je prépare du houmous, c’est rapide à faire et c’est délicieux. Je varie selon mes envies, un houmous tandoori à l’ail rôti, un autre à la betterave, ou encore un houmous pesto. J’en mange avec des crudités ou un peu de pain et le tour est joué!

Quel est ton péché mignon?

Les dombrés, un plat traditionnel antillais. Ce sont des boules de farines cuites dans des haricots rouges ou des lentilles. C’est un peu ma madeleine de Proust: crémeux, pimenté et réconfortant, les vrais savent! 

 

 
 
 
 
 
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Le dombwe poi rouj !!🌿🌿🔥🔥 Les dombrés sont un des grands classiques de la cuisine antillaise traditionnelle. Des boulettes de farine dans une sauce riche en épices et en condiments. C’est avec le riz haricots rouges mon plat traditionnel préféré !😍 Ce sont un peu nos pastas à nous! Plat issu de la survie, crée par les plus pauvres avec les denrées les plus accessibles. Il continue d’accompagner les afro-descendants antillais lors des dimanches en famille ! C’est avec le riz haricots rouges mon plat traditionnel préféré ! Pour découvrir, transmettre, et/ou revivre un moment emprunt de nostalgie, je vous propose cette recette de dombré traditionnel et vegan ! Moment coconing et de relaxation c’est pour moi the plat caraibeen à ne pas louper! 🤗 . #veganmeal #vegan #vegetalien #plantbased #afroveganfood #afrofood #caraibeanfood #blackvegan #whatveganeat #recette #recettehealthy #vegetarian #foodshare #foodies #veganshare #govegan #foodphotography #healthyfood

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As-tu des adresses fétiches à Paris?

 J’aime bien Le Jah Jah, Aujourd’hui demain et le Tien Hiang.

Tu as déjà été traiteur pour des évènements, notamment le Paris Afro, comptes-tu faire de la cuisine ton activité principale?

Oui, j’aimerais être cheffe à plein temps tout en gardant un pied dans la mode si possible. Cuisiner me permet d’allier le plaisir de bien manger tout en essayant d’éveiller les consciences et de faire évoluer les choses, c’est aussi une façon de militer. Le Covid-19 a un peu ralenti mon activité mais je veux continuer à me faire connaître dans des évènements et organiser des ateliers de cuisine intuitive sans recette.

Selon toi, comment donner envie à d’autres femmes de se lancer dans la restauration?

La passion et la motivation sont les qualités nécessaires pour réussir. La cuisine est trop souvent un domaine réservé aux hommes alors que ce sont souvent les femmes qui sont à l’origine de cette transmission. Tout s’apprend, il faut se lancer même si ce n’est pas parfait, on peut s’améliorer et ce, plus vite qu’on ne le croit. 

Si tu devais sélectionner un ou une jurée Top Chef, qui choisirais-tu? 

Je ne regarde pas Top Chef car je ne supporte pas de voir cuisiner des animaux, surtout aujourd’hui avec tout ce que l’on sait sur les répercussions climatiques, morales, humaines et sanitaires causées par leur consommation.

Propos recueillis par Lise Degand 


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