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4 raisons supplémentaires d’être fan de Megan Rapinoe

Dans son autobiographie, One life, la footballeuse américaine Megan Rapinoe retrace son inspirant parcours personnel, professionnel et militant. On a sélectionné dans son récit quatre raisons, s’il en fallait encore, d’admirer cette joueuse de football déterminée et fière.
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Deux buts inscrits en quart de finale de Coupe du Monde qui éliminent les Bleues d’un tournoi organisé chez elles en 2019: les supporter·rice·s français·e·s auraient de quoi en vouloir à la milieu de terrain étasunienne, Megan Rapinoe. Pourtant, la meilleure joueuse de la compétition est parvenue à attirer sur elle un regard sympathique et étonné. Et pour cause: sous sa chevelure teinte en rose et du haut de son mètre 68, la joueuse envoie bouler Donald Trump en plein Mondial en déclarant qu’elle ne se rendra pas à cette “putain de Maison Blanche” en cas de victoire. Un engagement rare dans le monde du football, sur lequel elle revient dans son autobiographie, One life (Editions Stock), parue le 12 novembre.

Amour pour le ballon rond, carrière parfois mise en danger par ses prises de position politiques, vie amoureuse: Megan Rapinoe se raconte de façon drôle et libre, à son image. Du quotidien de la petite fille un peu paumée en Californie à cette  année 2020 marquée par ses fiançailles avec Sue Bird et ses échanges avec Alexandria Ocasio-Cortez ou Joe Biden: le chemin parcouru en 35 ans est impressionnant.

 

 

En attendant que vous puissiez vous procurer son livre auprès de vos librairies indépendantes, nous avons relevé dans One life quatre raisons supplémentaires d’être fan de Megan Rapinoe.

 

Megan Rapinoe démolit magistralement les stéréotypes de genre

Megan Rapinoe s’affranchit des codes vestimentaires associés à la féminité en première année de fac, lorsqu’elle est, pour la première fois, attirée par une femme. “Deux choses me sont venues à l’esprit, se souvient la sportive. Premièrement: sans blague, évidemment que je suis gay, putain, pourquoi personne ne m’a rien dit? Et deuxièmement: c’est génial.” La footballeuse à l’enfance teintée “d’homophobie ordinaire” à Reding, une ville “pas franchement progressiste à l’époque” dans laquelle sont encore pratiquées des “thérapies de conversion ”, se révèle à elle-même. L’étudiante troque son “style classique bourgeois de footballeuse blanche, une queue de cheval blond fadasse retenue par un bandeau” pour un nouveau look. “ Je me suis immédiatement coupé les cheveux. J’ai abandonné tout intérêt pour les fringues de filles. Je me sentais libre de faire ce que je voulais, de ressembler à qui je voulais.” Quinze ans plus tard, cette envie de se moquer des codes et clichés sexistes est toujours bien présente. La veille de la Coupe du Monde organisée en France, Megan Rapinoe se teint les cheveux en rose, pour le fun.

 

 
 
 
 
 
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Au-delà des stéréotypes physiques, la star parle d’elle en empruntant un champ lexical trop rarement associé aux femmes. Sans s’excuser, elle confie dans son livre que la “modestie n’est pas sa qualité principale” et qu’elle se considère comme une “sacrée emmerdeuse” nullement complexée de “dépenser son fric”. Une bouffée d’air frais.

 

Megan Rapinoe est la première joueuse de l’équipe américaine à faire son coming-out

Alors que son orientation amoureuse et sexuelle n’est un secret ni pour ses proches, ni pour ses coéquipières, Megan Rapinoe choisit à 27 ans d’accorder une interview sur le sujet de son homosexualité au magazine Out. Les raisons? Une “ rage politique” qui commence à naître en elle suite aux discussions autour du mariage pour tous dans son pays et le constat d’une absence de coming-out public chez les sportif·ve·s professionnel·le·s. “C’est clairement un sujet d’utilité publique et nous sommes des personnalités publiques”, écrit-elle dans One Life. Si elle est soutenue dans sa démarche par ses collègues, l’athlète regrette que celles-ci refusent de lui emboîter le pas, effrayées par l’idée de devenir “porte-parole” de la lutte contre l’homophobie et de perdre en tranquillité. Un point de vue que Megan Rapinoe a du mal à entendre. “Tant que cela restera une étape compliquée pour les gays, non, on ne peut pas ‘ juste’ vivre sa vie.” Cette période a également permis à la star de prendre conscience d’un certain nombre de ses privilèges: “J’avais été applaudie: ce n’est pas la règle universelle ni même probablement, la norme des coming-out. Pour la première fois, j’ai senti que j’étais homo, certes, mais que d’autres facteurs entraient en jeu. J’étais influente et blanche, et médiatisée.”

 

 

Megan Rapinoe a risqué sa carrière en soutenant Colin Kaepernick

Quelques minutes avant une rencontre disputée en septembre 2016, Megan Rapinoe pose un genou à terre au moment où retentit l’hymne national. La jeune femme soutient avec ce geste le joueur de football américain Colin Kaepernick, qui avait refusé de rendre hommage à La Bannière Etoilée quelques jours plus tôt, pour dénoncer les violences policières. “Je ne m’attendais pas à des réactions d’une telle violence”, révèle-t-elle. La star reçoit des menaces de mort, des “insultes abominables”, devient un “sujet de discussion sur Fox News”, est accusée de “manquer de respect aux vétérans”, d’être anti-américaine et de pervertir son sport. Malgré le backlash national, Megan Rapinoe décide de réitérer l’expérience quelques semaines plus tard. Résultat: pendant plusieurs matchs, chaque fois qu’elle touchera le ballon, la foule la huera. Rapidement, elle se retrouve écartée de l’équipe par la sélectionneuse alors que ses agents la préparent “au fait de ne plus jamais jouer pour [son] pays”. Malgré cette “traversée du désert” professionnelle, la sportive ne regrette rien. “Je sais ce que veut dire regarder un drapeau et savoir qu’il ne protège pas toutes vos libertés […] Ceux qui subissent des discriminations ne devraient pas avoir à se battre seuls, et laisser un groupe marginalisé le soin de plaider sa cause, alors qu’il risque d’avantage de subir exclusion ou représailles, est franchement scandaleux.” Megan Rapinoe finit par être rappelée en équipe nationale. Colin Kaepernick n’a pour sa part jamais pu rejouer

 

Megan Rapinoe se bat pour l’égalité salariale

Numéro une mondiale. Sacrées quatre fois championnes du monde et quatre fois médaillées d’or aux Jeux olympiques. 50,8 millions de dollars de revenus engrangés entre 2016 et 2018, et l’année suivante, victorieuses à l’issue d’une finale de la Coupe du Monde suivie par 1,12 milliards de personnes.” Comme aime le souligner Megan Rapinoe -on le rappelle, elle n’est pas particulièrement modeste- les Américaines survolent le football international. Et pourtant, la rémunération que leur accorde la Fédération de football des Etats-Unis est bien moins importante que celle de leurs homologues masculins au palmarès plus fade. C’est contre cette inégalité sexiste que se battent les joueuses, à la manière de business women. “Désormais, en tenant compte des compétences de chacune en dehors du terrain, nous avons de fait bâti une entreprise au sein d’une entreprise, avec des objectifs précis et des stratégies.” Les membres de l’équipe négocient elles-mêmes avec la Fédé et ont porté plainte contre celle-ci, réclamant 66 millions de dollars en arriérés de salaires, en vertu de la loi sur l’égalité salariale. Si l’action en justice a été rejetée en mai 2020, Megan Rapinoe ne perd pas espoir et aime se souvenir du symbolique “Equal pay”, “salaire égal” en français, scandé par le public au Groupama Stadium de Lyon à l’issue de la finale de la Coupe du Monde féminine de 2019, remportée par les Américaines.

 

J’avais l’impression que c’était la première fois qu’un succès en Coupe du Monde était susceptible d’entraîner d’autres victoires, au-delà du foot”, se remémore la championne. Espérons-le.

Margot Cherrid


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