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À quoi ressemblera la rencontre amoureuse post-Covid-19?

Discussions par message pendant des semaines sans se voir, dates vidéo, peur de la contamination… La crise sanitaire bouleverse les habitudes des célibataires et redéfinit l’étiquette de la rencontre amoureuse au profit du “slow dating”. 
“Deux moi” © Emmanuelle Jacobson-Roques
“Deux moi” © Emmanuelle Jacobson-Roques

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Malgré la levée officielle de la quarantaine en France, les possibilités de sortie sont encore très limitées et le dating virtuel est toujours de mise pour de nombreux·ses célibataires. Les applis de rencontre auraient d’ailleurs connu une hausse importante de fréquentation depuis la mi-mars (+36% pour Once en France), et l’engouement ne faiblit pas car les gens restent encore beaucoup chez eux, note Clémentine Lalande, directrice de Once. “Non seulement les utilisateur·rice·s sont plus nombreux·ses, mais ils/elles consultent aussi l’appli plus longtemps et plus souvent, ajoute-t-elle. Résultat: des conversations plus longues et approfondies que jamais. “On parle davantage de choses sérieuses, comment on voit le futur, l’écologie… Ce sont des discussions que je n’aurais pas forcément eues tout de suite auparavant, remarque Louisa Amara, 40 ans, à l’origine du podcast Single Jungle, dédié au célibat. J’ai aussi été surprise de voir que les hommes avec qui je discutais sur les applis ont accepté de me passer un coup de fil rapidement après avoir matché, alors qu’habituellement, il leur faut beaucoup plus de temps, ou alors ils disent que ce n’est leur truc.” 

Les restrictions de sortie ont également vu émerger la pratique du date vidéo, avec toute la gamme de possibilités qu’il offre: “Dates Netflix pour regarder un film ensemble, dates Spotify pour se faire découvrir ses playlists, dates pour faire la cuisine ensemble, visite de l’appart…”, énumère Clémentine Lalande en évoquant la mise en place prochaine sur Once de jeux pour se découvrir par vidéo, pour que ça ne soit pas juste comme un Zoom ou un Skype.

 

Joies et peines du slow dating

Pour Claudia, 31 ans, cofondatrice du Self Love Project (qui propose du coaching en estime de soi et en relations amoureuses), “l’appel vidéo est une bonne pratique à garder à l’avenir, car c’est moins stressant qu’un vrai date”. Surtout, passer par toutes ces étapes (messages, appels, visios…) peut s’avérer bénéfique pour fonder les bases d’une relation plus solide, estime celle qui a trouvé l’amour sur OkCupid au début du confinement. “On a parlé pendant deux semaines uniquement à l’écrit avant de passer à la visio. On s’est fait plusieurs apéros de plusieurs heures comme ça. On s’est vus au début du déconfinement et ça s’est très bien passé. Je pense que si l’on s’était rencontrés dans des conditions normales -en fixant un date après avoir parlé pendant trois jours-, ça n’aurait peut-être pas fonctionné. C’est la leçon que j’en tire: réapprendre à aller moins vite dans la découverte de l’autre. Preuve aussi qu’une relation intime peut se construire, du moins pendant un temps, en dehors de tout contact physique. Mais cette configuration n’est pas sans danger. La longueur des échanges à distance nourrit le fantasme, dont il est impossible d’être à la hauteur dans la vraie vie, estime Aude, 34 ans, dont la rencontre IRL avec son crush en plein confinement après des heures de visio s’est soldée par une déception. Se retrouver dans une trop grand intimité à force de se parler crée le risque qu’on n’ait plus à rien à se dire en vrai. Je pense qu’il ne faut pas trop se dévoiler.

 

Amour et gestes barrière

Ce nouveau rapport à l’intimité -qui ne rime pas forcément avec sexe ni contact physique- pourrait bien transformer durablement notre manière de faire des rencontres. De quoi signer le déclin des coups d’un soir? “Beaucoup de patient·e·s me disent qu’ils/elles n’imaginent même pas le premier rapport sexuel avec un inconnu, constate Fabienne Kraemer, psychanalyste et autrice de plusieurs ouvrages sur le thème de l’amour et du couple. On ne fera plus jamais la bise sans penser au virus, on est marqué·e·s.À l’en croire, la période inédite que nous traversons ne fait qu’accentuer la disjonction des corps -distance que l’oncomble avec le numérique– qu’elle observe depuis quelque années avec la tendance croissante du sexe virtuel et la place prise dans la sexualité par la masturbation.

Pour Clémentine Lalande, vigilance et ralentissement vont de pair. La distanciation sociale nous oblige à faire des choix, à faire le tri dans ses matchs: on ne peut plus être dans la surconsommation. On est en train de réécrire l’étiquette de la rencontre, analyse-t-elle en parlant de “slow dating”. Un tweet de la journaliste Judith Duportail, autrice de L’Amour sous algorithme, résume bien ce changement de paradigme: On va être obligé·e de prendre son temps! Plus question de se rencontrer au bout de deux messages, de s’emballer à la fin de la première pinte et de juger si l’autre mérite une vraie place dans notre vie en quelques heures. Ce qui peut nous pousser à enfin pouvoir faire quelque chose qui manque cruellement dans le dating: apprendre à connaître les gens, doucement, tranquillement, avant de les foutre dans une case ‘plan cul’; ‘boyfriend material’; ‘pas assez bien pour moi’.”

Sophie Kloetzli


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