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Comment va-t-on se marier en 2020?

Entre annulations et cérémonies repoussées, la pandémie de covid-19 a rebattu les cartes de la saison des mariages 2020.
Jackpot © Moviestore/Shutterstock
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Ce n’est pas facile de faire le deuil de l’événement dont on a rêvé”, confesse Marie, qui devait épouser Yan le 30 mai 2020. Durant le confinement, “on a un peu fait la politique de l’autruche, on continuait d’y croire”. Comme elle, de nombreux couples se sont retrouvés dans l’incertitude, partageant leur déception et leurs angoisses avec les professionel·le·s du mariage. Au stress du Covid-19 s’est couplé celui de devoir annuler leur union, en préparation depuis de nombreux mois pour la plupart.

La saison des mariages, qui s’étend normalement de mai à septembre, est plus que compromise, malgré le déconfinement et les nouvelles directives tombées début juin. Limitation du nombre d’invité·e·s, annulations en série, et peur de propager le virus parmi les convives; pour les prestataires comme les couples de futur·e·s marié·e·s, la saison 2020s’annonce plus que compliquée.

 

La sécurité avant tout

Il y a eu un point de bascule entre le fait de pouvoir célébrer le mariage, et vouloir le faire dans ces conditions”, nous explique Sylvie Patten, wedding planner et fondatrice de Sparkly Agency. Si la célébration des unions devrait pouvoir reprendre aux alentours du 22 juin, les conditions restent très contraignantes. Port du masque lors de la cérémonie civile, nombre très restreint d’invité·e·s aux cérémonies religieuses et laïques, et gestes barrières lors de la réception, ne font pas partie du package de base du mariage classique. “On était très attaché·e·s au côté chaleureux de l’événement. Si personne ne peut se toucher, faire la bise ou danser, c’est bizarre”, regrette Marie.

Devant les restrictions, de nombreux propriétaires de lieux et professionnels du secteur se montrent frileux, face à ces événements exigeants, qui réunissent beaucoup de monde. Après avoir subi des annulations en chaîne de nombreux prestataires, Sabrina a dû prendre les devants. C’est son beau-père qui les unira religieusement (comme c’est autorisé aux musulmans pratiquants) après un passage rapide à la mairie; et elle célébrera son union avec Saïd dans le jardin familial, le 25 juillet. Une cérémonie plus simple que prévue, Covid-19 oblige.

 

Déceptions

Si la plupart des couples se sont résolus à faire contre mauvaise fortune bon cœur, ce n’est pas forcément aussi simple pour les prestataires, qui jouent pour certains l’avenir de leur entreprise. Pour Inès Puisset et Lila Pezet, fondatrices de l’agence Meow qui organise des mariages et enterrements de vie de jeune fille, le coup a été rude avec un premier mariage décalé dès le 19 mars. Si les annulations ont été rares, certaines n’ont pas pu être évitées, comme pour leur couple franco-australien qui devait s’unir en France courant août. Avec la quasi-totalité des invité·e·s bloqué·e·s en Océanie, compliqué de convoler en justes noces. Ils ont alors préféré annuler pour l’instant, laissant les deux jeunes entrepreneures sur le carreau. “Pour l’agence, ça a été assez dur, on reçoit un acompte au moment de la signature, puis un second quelques mois après, et enfin le solde final seulement 15 jours avant le mariage”, ajoutent-elles. Une annulation représente donc une perte sèche, tout comme les reports sur l’année 2021.

Ce jour, je l’ai rêvé depuis petite, alors certes c’est avec un petit pincement au cœur car il ne se déroulera pas comme prévu.

Même constat pour Sylvie Patten qui, elle aussi, voit sa saison 2020 très fortement dépouillée: “Mon prochain mariage a lieu le 5 septembre.” Mais si c’est un été de perdu, l’automne est booké presque tous les week-ends. Et une fois la nouvelle date trouvée, c’est alors un vrai défi qui commence pour les différents prestataires. La question est dorénavant de faire concorder lieu de réception, photographe, traiteur ou même fleuriste, selon les emplois du temps de chacun·e. Lila Pezet et Inès Puisset se réjouissent quand même, “les prestataires ont été très compréhensifs, pour convenir à tout le monde et surtout pour garder les mêmes personnes”. Mais, si la chance leur a souri, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Marie et Yan ont quant à eux dû choisir entre leur lieu ou leur traiteur, faute de créneau compatible. 

Par ailleurs , qui dit mariage d’automne ou d’hiver entend quelques ajustements. “C’est canon un mariage d’hiver mais quand vous avez tout planifié et imaginé en été, c’est très compliqué”, analyse Sylvie Patten, la wedding planner. Il faut revoir l’ambiance, les fleurs et parfois même la robe pour s’adapter à la nouvelle saison. C’est ce qu’a aussitôt fait Claire Lemoine, créatrice des robes en prêt-à-porter Maison Lemoine: elle a pensé à des pièces à manches, “pour une période un peu plus fraîche […] mais aussi à des pulls et des gilets”. Ainsi, les mariées décalées comme Aurélie pourront conserver la robe de leur choix, en l’adaptant aux nouvelles conditions.

 

Se recentrer sur l’essentiel

Ce jour, je l’ai rêvé depuis petite, alors certes c’est avec un petit pincement au cœur car il ne se déroulera pas comme prévu, mais le plus important c’est d’avoir mes proches autour de moi et d’être mariée à la personne que j’aime”, confie Sabrina. Comme du côté des organisatrices ou de Claire Lemoine: “J’avais peur de la réaction de certaines mariées un peu bridezilla, mais au final ça a permis de faire relativiser beaucoup de personnes.

Face à l’incompréhension, mais aussi la peur ressentie durant le confinement, beaucoup de couples ont eu le temps de réfléchir à leur relation et leur amour. Beaucoup se rendent compte de la chance qu’ils ont eu de traverser cette épreuve en bonne santé, et tout le tintouin du mariage parfait semble moins prioritaire.

Quand on prend le temps d’analyser la situation, il n’y a rien de grave en soi, de ne pas se marier tout de suite. On signe un papier, on se dit qu’on va finir notre vie ensemble, donc que ce soit en 2020 ou 2021, au mois de juin ou d’octobre, en soi, ce n’est pas grave”, complète Sylvie Patten. Ce sentiment, partagé par beaucoup de couples, permettra peut-être de revenir à la simplicité de l’acte du mariage, parfois perdue de vue par la surenchère qui entoure désormais une partie des cérémonies, et qui ne trouvera pas sa place en cette année pas comme les autres. “C’est sûr, on se rappellera de notre mariage!” conclut Marie. Tout n’est pas perdu pour 2020.

Caroline Ernesty


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