société

Les sexpics: pourquoi on va toutes s'y mettre (ou pas) pendant le confinement

Les sexpics permettent à bon nombre de confiné·e·s d’entretenir la séduction et le désir en ces temps de quarantaine. 
Capture d'écran de “Je suis un contact”
Capture d'écran de “Je suis un contact”

Capture d'écran de “Je suis un contact”


Ma meuf me bombarde de sexpics depuis une dizaine de jours. En temps normal, ce n’est pas trop mon truc, mais là je dois bien avouer que j’attends ses photos avec impatience!” Anna, 22 ans, est en couple avec Clémence, 24 ans. Pour ces amoureuses confinées toutes deux à Paris mais pas dans le même appartement, cette quarantaine prend des airs de relation à distance. “Elle est dans son studio rive gauche, moi chez mes parents rive droite mais j’ai l’impression qu’on est séparées par l’océan Atlantique”, se désole la jeune femme, qui dit trouver dans l’envoi de sexpics une manière d’entretenir le désir et la complicité. 

C’est possible, et même probable, qu’avec le stress du confinement et l’oisiveté induite, cette période pousse des personnes à augmenter leurs pratiques sexuelles via textos, images, etc, explique Aurore Malet, docteure en neurosciences et sexologue. Pour beaucoup c’est la seule forme de communication avec l’extérieur. L’envoi de sexpics vient alors se substituer à ce lien et au souvenir, qui risquerait bien de s’effacer, ou du moins de s’éroder, pendant cette période.

 

L’infidélité virtuelle n’est pas loin

Au cours de ces semaines hors du temps, sexpics, mais aussi sextos, appels sur Skype ou pourquoi pas sextoys à manœuvrer à distance sont à utiliser à volonté. Et pas forcément besoin d’être confiné·e loin de son ou sa partenaire pour s’en donner à cœur joie, à l’image de Alice et Antoine, confinés dans leur appartement à Nantes: “On aime bien s’envoyer des sexpics quand on est pas dans la même pièce, s’amuse Alice. On laisse monter la tension pendant quelques heures, chacun dans son coin puis vient toujours le moment où l’un de nous craque et envoie un texto pour qu’on se rejoigne dans la chambre. Mais Aurore Malet met en garde les couples en crise ou dont la sexualité n’est pas aussi épanouie que celle d’Alice et Antoine: cette période de confinement favorise aussi l’infidélité virtuelle qui pourrait bien augmenter pendant les prochaines semaines…

SOS de confinement © Christelle Pecout pour Cheek Magazine

Quid des célibataires, pour qui les rencontres et les échanges sont désormais exclusivement virtuels? Selon Aurore Malet, peu de chances que tous les cœurs à prendre se mettent subitement à envoyer des sexpics à des inconnu·e·s, même si le confinement peut accélérer les choses: “Techniquement, ces images ne s’envoient pas dès le premier message échangé. Les parties attendent un peu, tchattent, essaient de se connaître un minimum, font des allusions et passent aux sextos seulement quand les deux sont sûrs de leur compatibilité. Cet aspect ne changera pas pour les célibataires; les règles restent les mêmes. Tout au plus, on passera plus vite à la sexpic qu’avant”, note-t-elle en rappelant que l’envoi d’une sexpic non désirée peut être considéré comme une agression sexuelle. 

 

Une dose d’érotisme

Sur Tinder, Happn et compagnie, alors que les profils se mettent à l’heure du coronavirus, certains membres se dévoilent ainsi un peu plus rapidement que d’habitude. “En général je n’envoie jamais de sexpic à un mec que je n’ai pas encore rencontré et avec qui je n’ai pas déjà couché, raconte Élodie, 23 ans. Mais là, j’ai besoin de ce semblant de vie sexuelle et d’adrénaline, alors j’ai sauté le pas avec un mec avec qui je discute depuis le début du confinement.

Pareil pour Clara qui s’est rapidement prise au jeu avec l’un de ses matchs: “J’adore préparer mes séances photos, jouer avec la lumière, choisir ma lingerie, tester plusieurs décors et plusieurs pauses, ça m’occupe et me distrait. C’est ma dose d’érotisme, mais c’est aussi une forme d’interaction sociale, un lien avec l’extérieur, ça me sort de mon petit studio, comme quand j’ouvre un livre ou que je regarde une série”, explique la jeune femme qui confie toutefois avoir hâte de rencontrer son amant virtuelen chair et en os”, une fois le confinement levé.   

Les sexpics ne pourront jamais se substituer à des actes, à un toucher, à une odeur, à un rythme, à une alchimie qui se retrouvent quand les personnes sont peau à peau, confirme Aurore Malet. Mais elles peuvent être utilisées comme aphrodisiaques, comme des excitants, notamment dans des rapports sexuels à distance via écrans interposés. Ce qui peut être non négligeable, surtout en période de confinement.

Audrey Renault 


1. “Balance ta start-up”, le compte Insta qui libère la parole au travail

Harcèlement moral, horaires à rallonge, propos sexistes ou racistes… Lancé fin décembre, le compte @balancetastartup dénonce des pratiques managériales abusives dans un secteur souvent présenté comme innovant et “cool”. On a échangé avec sa créatrice, qui préfère rester anonyme.
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”

3. Avec Matergouinité, elles veulent politiser l’image des maternités lesbiennes

Le compte Instagram Matergouinité montre des familles homoparentales et/ou monoparentales, peu visibles dans les médias et souvent sujettes aux stéréotypes. Une initiative destinée à nourrir la pensée militante autour du féminisme et de la maternité.
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”

4. Une trentenaire donne naissance à un bébé après une greffe d'utérus, une première en France

Née sans utérus, Déborah, 36 ans, a donné naissance à une petite fille le 12 février dernier à Suresnes (Hauts-de-Seine) après avoir été greffée avec l’utérus de sa mère en mars 2019. Un reportage consacré à son histoire et produit par Nova Production sera diffusé dans l’émission Zone Interdite ce dimanche 21 février.
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”

5. Avec Respire, Justine Hutteau s’impose dans le secteur de la “clean beauty”

Cofondatrice de la marque Respire, qui va fêter ses deux ans cette année, Justine Hutteau revient sur la création de cette enseigne précurseure dans le domaine de la “clean beauty” en France, avec ses produits d’hygiène naturels et vegans. 
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”

6. En couple et féministes, ces jeunes femmes adhèrent malgré elles à des clichés sexistes

Vouloir un mec plus grand que soi, aimer les taiseux ou encore laisser son compagnon gérer les situations de conflits, pour certaines jeunes femmes hétérosexuelles qui se revendiquent féministes, certains stéréotypes de genre sont difficiles à évacuer. 
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”

7. Dans “Nos Cœurs sauvages”, France Ortelli décortique les maux amoureux de notre génération

Choix vertigineux sur les applis de rencontre, peur de l’engagement, essor du célibat positif… La journaliste et réalisatrice France Ortelli explique dans son nouvel ouvrage à paraître le 4 février pourquoi il est devenu si compliqué de trouver l’amour -et de le garder. 
Capture d'écran de “Je suis un contact” - Cheek Magazine
Capture d'écran de “Je suis un contact”