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“Le String”: le fanzine écolo qui parle rock, cul et féminisme

Lancé par une vingtenaire et inspiré par le quartier de Pigalle, Le String vient de publier sa deuxième édition. 
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Si Fanny Vedreine a “fui la capitale” il y a quelques mois pour “vivre peinarde et recluse avec [son] mec et [son] chien à Nice”, c’est pourtant Paris et le quartier de Pigalle qui a inspiré cette vingtenaire pour lancer Le String. Née à Aurillac dans le Cantal, la jeune femme a vécu un an à San Francisco avant de s’installer dans le fief de Michou. C’est là, entre le vestiaire du club le Carmen, le comptoir d’un bar de Pigalle et des études de journalisme, que la jeune femme a pu “observer un tas choses qui l’ont bouleversée artistiquement”. 

Imprimé de manière écologique dans une entreprise lyonnaise qui utilise du papier recyclé non blanchi et des encres naturelles, ce fanzine a d’abord été autofinancé. 

Emplie de ces histoires nocturnes, Fanny Vedreine a lancé Le String il y a un an. “L’idée de départ est de parler de sexualité, de féminisme, de rock et de sujets sociétaires internationaux sur les droits des femmes. Des récits généralement écrits à la première personne avec un ton libéré et beaucoup de second degré, qui sont illustrés par des artistes volontaires à qui je donne totalement carte blanche”, explique-t-elle. Imprimé de manière écologique dans une entreprise lyonnaise qui utilise du papier recyclé non blanchi et des encres naturelles, ce fanzine a d’abord été autofinancé, avant de bénéficier d’une collecte de 3000 euros sur Kiss Kiss Bank Bank qui aura permis à ce deuxième numéro de voir le jour. Habituellement distribué dans les bars et librairies, ce numéro 2 s’achète en ligne, en DM via Instagram. Elle nous en dit plus sur son projet. 

 

 

Le String, c’est quoi?

Le String, c’est Pigalle qui me l’a inspiré. Je vivais dans la rue des boutiques de guitares, entre les bars et les sex shops: l’historique nocturne du quartier me fascine. Je parlais aux anciens à mon comptoir de milles anecdotes sur les bandits, les fêtes, le rock et les filles et j’adorais ça. Le nom m’a été soufflé par ma meilleure amie et je l’aime beaucoup puisqu’il fait référence au sous-vêtement bien sûr, tout en exprimant le côté musical de mon projet puisque “string” veut dire corde de guitare en anglais. C’est un joyeux bordel de sujets sexo, wtf, rock et culture, le tout avec de nombreuses références à Pigalle et beaucoup de féminisme. 

Pourquoi avoir fait le choix du print et d’une impression écologique?

C’était important pour moi d’avoir un objet papier, quelque chose qui reste. J’ai fait le choix de n’utiliser aucune photo pour imager les textes, seulement des illustrations exclusivement faites pour le zine par des contributeurs indépendants et bénévoles. J’adore internet hein mais je trouve qu’il était nécessaire de remercier les artistes d’une manière plus jolie et “propre” que par des likes sur un écran. Il était nécessaire de publier leur travail sur un vrai zine élaboré et pop. 

Dans String, il n’y a quasiment que des femmes avec des métiers qui me passionnent, des personnalités extravagantes et décomplexées.

Que trouve-t-on dans ce deuxième numéro?

Il a été conçu aux côtés de mon amie graphiste et illustratrice Clara Chauvin. Finalement, c’est un peu par hasard qu’on y parle beaucoup de cul! Il y a une interview de la réalisatrice de porno féministe Olympe de G, une autre de l’acteur Kenneth Play, une tribune hommage à Gloria Steinem, une longue discussion avec la sublime show girl star du Fashion Freak Show de Jean Paul Gaultier Maud’Amour, mais aussi une rencontre avec  la danseuse des Je t’Aime Party du Rouge, Hava Hudry. On retrouve également une enquête sur la montée lente et progressive du féminisme à Tokyo et du #MeToo japonais, un portrait de la musicienne Saara Untracht Oakner du groupe Toyboy, qui vient de monter son génial projet solo SUO. En fait, il n’y a quasiment que des femmes avec des métiers qui me passionnent, des personnalités extravagantes et décomplexées.

Pourquoi avoir fait le choix du print et d’une impression écologique?

Créer une revue papier est une chose, avoir un minimum de conscience écologique en est une autre. C’est un coût certes, mais il est nécessaire et primordial d’y avoir recours, selon moi. L’entreprise Papier Vert avec laquelle je travaille est basée à Lyon et fait tout pour allier écologie, recyclage et surtout qualité d’impression, donc j’encourage tout le monde à travailler de cette manière. 

Quelles autres revues t’inspirent?

Je ne lis pas énormément de revues en dehors de la newsletter des Glorieuses, la géniale America et Rock&Folk depuis mes 15 ans. Je suis plutôt acheteuse compulsive de livres et ce confinement m’a aidée à découvrir quelques titres de Joan Didion, Milan Kundera ou encore le très bon premier roman de Victoria Mas, Le Bal des Folles

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski 


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