société

Le vélo, nouveau moyen de transport des meufs cool

Qu’elles vivent en ville ou à la campagne, de plus en plus de jeunes femmes se mettent au vélo, pour des raisons économiques, écologiques ou féministes.
Capture d'écran du film “Very Good Girls”
Capture d'écran du film “Very Good Girls”

Capture d'écran du film “Very Good Girls”


Le vélo, c’est la vie!” À 22 ans, Charline, vendeuse en prêt-à-porter dans une boutique de Montreuil, ne jure plus que par sa bicyclette. “C’est pratique pour slalomer entre les voitures, explique-t-elle, j’arrive plus rapidement au boulot que si je prenais le bus. Et puis cela me fait faire une activité physique l’air de rien, ce qui est parfait pour moi qui ne suis pas une grande sportive. Je garde la forme comme ça.” Comme elle, de plus en plus de jeunes femmes délaissent leurs abonnements aux transports en communs ou leurs clés de voiture au profit d’un vélo. En ville ou à la campagne, les cyclistes se multiplient

Sur les réseaux, on ne compte plus les comptes dédiés à la petite reine, de La fille aux vélos, qui transmet tutos et conseils techniques, au compte Instagram de la blogueuse hellovalentine qui y affiche sa passion pour les vélos et bicyclettes vintage, en passant par le groupe Facebook Girls on Wheels, groupe féminin de cyclistes parisiennes.  

Le succès du vélo est dû pour beaucoup aux politiques publiques, explique Nathalie Ortar, directrice de recherche en anthropologie au Laboratoire Aménagement Économie Transports de Lyon. C’est particulièrement vrai en ville où l’on assiste de plus en plus à l’aménagement de pistes cyclables, à la mise en place de vélos en libre service et à de nombreuses campagnes de communication liées aux avantages écologiques ou économiques du vélo.” S’ajoute à cela la démocratisation progressive du vélo électrique, qui facilite les déplacements et l’effort, en particulier pour celles vivant en périphérie des grandes villes ou à la campagne.

 

 

L’argument écologique

Au-delà de l’aspect pratique, le vélo séduit de plus en plus de jeunes femmes pour des raisons environnementales. Léa, 18 ans, étudiante en lettres à Nantes, s’est mise au vélo depuis la rentrée de septembre. “J’habite dans un petit village en périphérie de Nantes et il me fallait un moyen de gagner la fac, explique-t-elle. J’avais le choix entre acheter une voiture, ce que je me refusais par conviction écologique, ou prendre deux bus dont les horaires ne correspondaient pas à mon emploi du temps. Le vélo était le compromis parfait. C’est une solution propre et qui, sur le long terme, ne me revient pas cher.

Moyen de transport vert par excellence, le retour en force du vélo accompagne une prise de conscience écologique grandissante. “J’allais au travail en voiture, confie Emma, 27 ans, commerciale à Nice. Mais ça me pesait sur la conscience, je voulais vraiment faire plus pour la planète, alors il y a deux ans j’ai sauté le pas et je suis passée au vélotaf. Je ne regrette pas!

 

Pédaler pour échapper aux harceleurs?

Autre argument de poids avancé par les cyclistes citadines, la possibilité d’esquiver les harceleurs de rue. “À vélo, j’ai la sensation d’être davantage en sécurité face aux agressions sexistes, confie Sarah, 29 ans, qui pédale à Paris depuis bientôt quatre ans. Sur mon vélo, je peux semer les relous, je vais plus vite qu’eux et surtout, sauf si je suis arrêtée à un feu, ils ne peuvent pas m’approcher. En plus, je ne prends quasiment plus le métro ou le RER, donc terminé les frotteurs! Quel soulagement!” Si le vélo permet en effet de garder à distance les agresseurs, pour Nathalie Ortar, il n’empêche malheureusement pas toujours le harcèlement: “De nombreuses femmes confient être plus prises à partie lorsqu’elles sont à vélo qu’à pied, et expriment une angoisse face à ces insultes ou sifflements.

Charline confirme: “Il suffit que je sois en jupe ou en robe et alors là, c’est un festival de remarques sexistes, du ‘jolies gambettes’ au ‘j’aimerais bien être à la place de ce vélo’. Mais bon, ce n’est pas propre au vélo, j’ai fait du cheval pendant longtemps et dès qu’ils me voyaient passer, des hommes me demandaient de les chevaucher. Je crois que dès que les mecs voient un truc entre les jambes d’une meuf, ils pètent un plomb.

 

Un outil d’émancipation

Malgré ces comportements sexistes, le vélo reste un formidable moyen d’émancipation pour les femmes, de Alfonsina Strada, pionnière italienne du cyclisme féminin sportif à Kittie Knox, couturière afro-américaine de 21 ans s’étant incrustée dans la ligue -masculine- des cyclistes américains en 1893, en passant par les innombrables anonymes qui purent ainsi débuter une activité professionnelle ou sportive. “Avoir mon vélo me permet d’être autonome, d’aller où je veux, quand je veux. Je ne dépends de personne, c’est une sensation géniale de liberté”, confirme Emma. Pour Léa, pédaler sur les routes de campagne, notamment de nuit, lui a redonné confiance en elle: “Je me sens forte, je suis fière de rouler seule, le soir, de lutter contre mes angoisses”, confie-t-elle. 

Muriel Vandermeulen, fondatrice du site Elles font du vélo, l’affirme, le vélo fut une petite révolution pour les droits des femmes, signant “une prise d’autonomie, une sensation de liberté qui n’est pas sans être associée au fait que le vélo est un effort physique, une condition qu’on entretient, on se sent en contact avec soi-même. On se dépasse, on se surprend”, explique-t-elle en précisant tout de même que de nombreuses femmes, surtout en ville, sont toujours inquiètes à l’idée de pédaler au milieu de la circulation. “La cyclabilité d’une ville se mesure d’ailleurs au nombre de femmes qui la parcourent bel et bien à vélo. Car si les femmes enfourchent leur bicyclette pour parcourir la ville, c’est qu’elles se sentent en sécurité sur la chaussée et parmi les gens. Malheureusement, déplore Muriel Vandermeulen, l’aménagement urbain reste encore très androcentré.

Audrey Renault


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